DOSSIER / 300 millions de dettes à Meambly ? Moise Gnamké, maire de Facobly, bientôt devant la justice…

Après le ministre Mabri, c’est au tour du maire de Facobly d’avoir maille à partir avec l’homme d’affaires Evariste Meambly. Moise Gnamke devrait plusieurs millions à Meambly qui veut entrer dans ses droits au plus vite. Une affaire qui risque de se retrouver devant les tribunaux.
Evariste Meambly est particulièrement remonté contre certains cadres de l’ouest. Il leur reproche de ne pas être loyaux en politique, mais surtout en affaires. Après ses démêlées avec Mabri Toakeusse ( affaire encore pendante en justice ), il risque de se retrouver en justice contre Moise Gnamke. Cet ancien de la SGBCI, actuellement maire de la commune de Facobly, devrait plusieurs centaines de millions à Evariste Meambly. Millions qu’il est sommé de payer ou de rendre les chantiers pour lesquels, il a reçu les financements depuis 2022. De quoi s’agit-il ?
La société SRMN de Moise Gnamke a d’abord eu un financement de 900 millions de FCFA pour la construction d’un complexe commercial. Ce projet battant de l’aile, Meambly a, selon lui, trouvé un autre opérateur économique qui a racheté le projet. Ensemble, ils ont remis 1.2 milliard de FCFA à Moise Gnamke pour le terminer. L’opérateur qui a une société de construction aurait pu achever le projet, mais Meambly dit avoir accepté de déduire 1.2 milliard dans l’argent qu’il a perçu pour finir le projet. Malgré ce financement, la finalisation se situe à 80 % selon Meambly.
Par ailleurs, le maire de Facobly a reçu un autre marché de 16 villas à construire à Assinie, pour amortir ses difficultés dans le premier marché, d’après toujours Meambly. Une villa coûtant 75 millions de FCFA à en croire Meambly. Moise Gnamke devait finir deux villas-témoins en un an. Depuis 2022, les deux villas sont en attente, là où le second entrepreneur a déjà terminé quatre villas , selon Meambly.
Last, but not the least, Moise Gnamke aurait sollicité Evariste Meambly pour un cautionnement de 153 millions de FCFA dans un marché avec une multinationale. Il était question, aux dires de Meambly que Moise Gnamke rembourse les 153 millions, après six mois de travaux. Malheureusement, un an est passé et Meambly n’a pas encore obtenu ses fonds, d’après ses affirmations. Derrière, il apprend que Moise Gnamke serait en contentieux avec cette multinationale. D’où son inquiétude pour une créance qui aurait du être soldée depuis juin 2025.
Meambly, très remonté par cet état de fait, ne veut plus rien entendre. Il réclame la remise des villas comme promis. A défaut, il veut entrer dans ses fonds avant la fin de l’année. C’est un homme très amer qui se dit indigné par le comportement de Moise Gnamke ainsi que de plusieurs autres cadres de l’ouest qu’il finance dans l’ombre. Parmi eux, on compte des Sénateurs en fonction et des candidats à plusieurs élections locales dans la région du Guémon. Ils ont jusqu’au 31 décembre 2025 pour passer récupérer leurs chèques impayés, dit-il. Faute de quoi, il sera dans l’obligation de dévoiler leurs noms et leur intenter des procès, afin qu’ils s’acquittent de leurs dettes.
La réaction de Moise Gnamke…
Devant de telles accusations, nous avons tenu à rentrer en contact avec le maire de Facobly. Dans la soirée du 30 décembre 2025, il s’est expliqué sur les trois accusations, aux Deux Plateaux. En compagnie de sa conseillère politique et de son chef de cabinet à la mairie de Facobly, il a dit sa part de vérités. Moise Gnamke a tenu à préciser qu’il intervient dans cette affaire en tant qu’administrateur de la société SRMN et non en tant que maire de la commune de Facobly.
Cette clarification faite, Moise Gnamke a répondu sur les points l’incriminant. Ainsi, concernant la créance de 150 millions de FCFA sur les deux villas à livrer à Meambly, Moise Gnamke estime d’abord qu’il y a erreur sur le prix unitaire des villas. Il précise que les villas font 140 millions de Fcfa, à raison de 70 millions l’unité.
Peut-il livrer les villas comme le demande Meambly avec un exploit d’huissier ? L’administrateur de la Nouvelle S RMN reconnaît des contraintes ayant entraîné un retard de livraison. Cependant, il estime que ce n’est pas dans la presse que cela devrait se régler. Mieux, il affirme que le retard n’est pas intrinsèquement de son fait.
Une villa est terminée pratiquement, on attend l’adduction d’eau et le branchement électrique ( qui est du ressort de Meambly selon ses dires) pour la livrer. Quant à la deuxième villa, Moise Gnamke dit être en train d’en finir avec la piscine et son carrelage. Là aussi, il évoque l’absence d’adduction d’eau qui freine les travaux. Il se donne au plus tard trois semaines pour livrer les deux villas, si l’eau et l’électricité sont disponibles sur le site. Enfin, sur ce point, il prétend que s’il devait y avoir un remboursement pour la fin des travaux, cela ne devrait pas dépasser 10 millions de FCFA.
« Ce sont des arguments spécieux et fallacieux », réagit Meambly. Ajoutant qu’il a du débourser 10 millions de FCFA de plus pour le carrelage de chaque villa, les fosse sceptique et payer 6 millions pour les gardes de corps en aluminium. « Les villas me sont revenues à 86 millions l’unité. Dès lundi, je relancerai les travaux en commençant par une expertise des lieux. Car je suis en droit de douter de ses qualités d’ingénieur Parce que je trouve curieux le fait qu’on ne puisse pas construire en quatre ans deux villas de 6 chambres chacune alors qu’on a tous les moyens. Je doute fort qu’il puisse me remettre mes deux villas en trois semaines », fulmine Meambly.
Sur les 153 millions d’un cautionnement à lui réclamés par Meambly, Moise Gnamke est formel: Meambly ne lui a jamais donné de l’argent intuiti personae. Il s’agit de transaction financière entre des entreprises contractantes. D’emblée, Moise Gnamke nie catégoriquement devoir 153 millions de FCFA à Meambly. A l’en croire, cette caution d’avance de démarrage n’est délivrée que par des assurances et des banques et à ce titre, Meambly ne peut lui avoir donné 153 millions de FCFA directement.
Par ailleurs, Moise Gnamke chiffre cette caution d’avance de démarrage à 141.266.212 millions de FCFA reçue par Coris Assurance. Ceci dit, quel rôle Meambly a-t-il joué dans cette transaction pour lui réclamer des millions ? « Il a joué le rôle de facilitateur», assure Moise Gnamke qui ajoute que Meambly a reçu sa commission ( qu’il refuse de révéler) dans cette affaire. point, Moise Gnamke affirme avoir remboursé 80 % de cette caution. C’est une dette échue certifie-t-il.
A ce niveau les deux parties sont véritablement à couteaux tirés. Moise Gnamke ne reconnaît pas une intervention financière dans la constitution de la caution de démarrage. Pourtant, Meambly est affirmatif: c’est bien lui qui a émis un chèque de 141 266 612 millions en date du 13 novembre 2024 à l’ordre de Coris Assurances pour permettre à Moise Gnamke d’obtenir le marché et démarrer les travaux.
« Il n’est pas honnête. Est-ce que 3 millions de prime peuvent lui peuvent lui permettre d’obtenir un marché d’un tel montant ? La caution a été entièrement réalisée, parce qu’il n’a pas eu de main levée. Comme il dit ne pas reconnaître le chèque de 141 millions, dès la semaine prochaine, notre service juridique entrera en action et on saisira le tribunal du commerce pour entrer dans nos droits», a vigoureusement réagi Evariste Meambly.
Enfin, sur les 900 millions et le milliard 200 millions pour la construction d’un complexe commercial. « Meambly n’a rien à voir avec ça», coupe Moise Gnamké. De quoi s’agit-il donc ? Moise Gnamke que ce projet concernait la société Ben and Co et la SCI HELAM.
Estimé au début à 900 millions de Fcfa, ce projet a patiné, selon Moise Gnamke, parce que Meambly n’a pu réunir tous les fonds y afférent. Il comptait sur les pas de portes pour financer le projet, a déclaré Moise Gnamke qui dit avoir fait comprendre à Meambly que 900 millions ne pouvaient pas terminer ce projet.
Moise Gnamke révèle également que c’est parce que Meambly devait 150 millions de FCFA à la société Ben and Co que le projet n’a pas avancé. Une reconnaissance de dette datée du 12 décembre 2014 de SCI HELAM existe pour attester de cet état de fait, précise-t-il.
Lorsque le nouvel opérateur Agentis a repris le projet avec l’injection de 1.2 milliard , Moise Gnamke affirme que Meambly n’était plus dans le marché. « Je supervisais les travaux» dans le nouveau marché tient-il à préciser. Au final, Moise Gnamke affirme que ni sa société ni lui ne doit à Meambly où sa société.
Pourquoi donc de telles accusations mettant en scène des cadres de l’ouest. Moise Gnamke dit avoir sa petite idée sur ces révélations. « Tout ceci vient de sa défaite aux dernières législatives », révèle Moise Gnamké. Ajoutant que Meambly ne digère pas cette situation. « Je l’ai accompagné huit fois dans des élections. On a gagné quatre fois, on n’a perdu quatre fois »
« Ce n’est pas courtois, c’est méchant. Tout ceci est fait pour ternir mon image», a fini Moise Gnamke. A propos de leur compagnonnage politique, Meambly réplique en arguant ceci: « Je n’ai jamais gagné dans son village Kiriao ( plus gros village de Facobly) pendant ces huit élections dont il parle. Chaque fois que j’ai gagné ou perdu, je perdais dans son village alors qu’il était mon directeur de campagne. Il est devenu le faiseur de roi de mon adversaire aux dernières législatives. Cela démontre sa mauvaise foi. De quel soutien parle-t-il J’ai mis 25 millions en jeu pour terminer le centre de santé de son village et 2 millions pour l’hydraulique villageoise améliorée. Il n’a jamais payé pour ce projet et l’argent a été détourné. Je comprends qu’il était venu vers moi pour abuser de mes biens. C’est une arnaque». C’est une feuilleton qui promet…





