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Un homme soupçonné d’être un tueur en série arrête au Nigeria

Un homme soupçonné d’être un tueur en série arrête au Nigeria

L’affaire fait grand bruit dans l’État de Cross River au Nigeria.

Akaninyene Ignatius Eshiet, accusé d’être un tueur en série, a été placé en détention provisoire au centre correctionnel d’Afokang. Cette décision intervient après sa comparution devant la 10e chambre du tribunal de première instance (Magistrate Court) de Calabar pour le meurtre de deux personnes dans la zone de gouvernement local d’Odukpani.

Le suspect est poursuivi pour l’assassinat de M. Okon Bassey Okon Nsa et de M. Okokon Akpan Eshiet, résidant à Akai Ibonda. L’affaire, intitulée L’État contre Akaninyene, a été ajournée au 12 août 2026. Elle doit être transférée devant la Haute Cour, seule instance compétente pour juger les crimes de meurtre.

Sur place, la gestion du dossier par les autorités suscite l’incompréhension des riverains et des chefs traditionnels. En effet, alors que le principal suspect a été écroué, son frère, Nkereuwem Eshiet — lui aussi conduit au tribunal sous escorte policière —, n’a pas été présenté au juge. Il a été réintégré en détention policière pour des motifs non divulgués.

Autre point de tension majeur : la libération d’Uduak Essien, la petite amie présumée du suspect principal et jusqu’alors considérée comme co-suspecte. Pour les habitants, cette remise en liberté prématurée risque de compromettre l’enquête et d’exposer la population à de nouveaux dangers.

S’exprimant au nom des riverains, le chef du village d’Ukim Ita, Chief Samuel Ekpe Ita, a ouvertement dénoncé cette décision :

« Le suspect principal avait initialement affirmé que sa petite amie l’avait aidé à commettre ces crimes. De plus, nous ne comprenons pas pourquoi son frère Nkereuwem, arrêté en possession d’une arme à feu sur la scène du crime selon plusieurs témoignages, n’a pas été traduit en justice à ses côtés. La police nous doit des explications. »

Le leader traditionnel insiste sur le fait que la communauté ne cherche pas à entraver la justice, mais exige que toute la lumière soit faite avec transparence et impartialité afin d’assurer la sécurité de tous.

La réponse officielle des forces de l’ordre

Face à la gronde populaire, le porte-parole de la police de l’État (PPRO), l’ASP Sunday Eitokpa, a tenu à clarifier la position du commandement. Selon lui, la libération d’Uduak Essien repose sur des éléments factuels et le résultat des investigations :

« La petite amie présumée du suspect, Uduak Essien, qui avait été initialement arrêtée pour suspicion de complot, a été libérée. À la suite d’une enquête approfondie, les conclusions et les aveux du suspect principal l’ont totalement disculpée. En conséquence, elle a été remise en liberté. »

L’officier a également démenti fermement les rumeurs portant sur une prétendue offre de pots-de-vin de 15 millions de nairas, affirmant que le dossier est traité dans le strict respect des lois en vigueur.

Les explications de la police n’ont toutefois pas suffi à apaiser la colère locale. Inquiets pour leur sécurité et craignant un vice de forme, les habitants et les dignitaires locaux ont lancé un appel pressant à l’Inspecteur Général de la Police ainsi qu’au gouvernement de l’État de Cross River. Ils demandent une supervision rigoureuse du dossier pour garantir que l’enquête aille jusqu’au bout et que tous les coupables répondent de leurs actes devant la justice.

Felicia Essan

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