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7 secteurs sur lesquels la France et l’Afrique misent pour remodeler la prochaine vague d’investissements

7 secteurs sur lesquels la France et l’Afrique misent pour remodeler la prochaine vague d’investissements

La déclaration du sommet a fortement mis l’accent sur l’industrialisation, les infrastructures numériques, la transition énergétique, la production de dispositifs médicaux et l’intégration commerciale régionale, reflétant un changement plus large dans la manière dont l’Afrique se positionne dans l’économie mondiale.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur l’aide au développement, la déclaration présentait l’Afrique comme un futur partenaire en matière de production, d’innovation et d’investissement.

Le document mentionnait à plusieurs reprises le co-investissement, la valeur ajoutée locale, l’autonomie stratégique et la mobilisation du secteur privé comme piliers essentiels des futures relations Afrique-France.

Voici sept secteurs qui se dégagent comme étant au cœur du partenariat proposé.

La transition énergétique a occupé une place prépondérante dans la déclaration, les dirigeants africains et la France s’engageant à investir dans les énergies renouvelables, les systèmes à faibles émissions de carbone, l’hydroélectricité, les projets géothermiques, l’hydrogène vert, les installations de valorisation énergétique des déchets et le développement de l’énergie nucléaire.

L’accord a également mis en lumière l’ambition de l’Afrique de développer des chaînes de valeur locales pour les produits d’énergie propre, plutôt que de rester principalement un exportateur de matières premières. Les gouvernements se sont engagés à soutenir la production locale, le transfert de technologies et la formation de la main-d’œuvre dans le secteur des industries vertes.

Cette initiative intervient alors que les économies africaines subissent une pression croissante pour étendre l’accès à l’électricité tout en devant respecter les engagements climatiques mondiaux.

D’après une déclaration obtenue par Business Insider Africa, le développement de marchés énergétiques interconnectés et l’amélioration des réseaux nationaux sont désormais considérés comme essentiels à la croissance industrielle et à la compétitivité économique.

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président kényan William Ruto (à gauche) visionnent un film sur l’intelligence artificielle (IA) réalisé par des cinéastes du programme Creation Africa lors du sommet Africa Forward à Nairobi, le 11 mai 2026.

L’intelligence artificielle s’est imposée comme l’une des priorités les plus novatrices du sommet. La déclaration appelait à des investissements publics et privés dans les réseaux à haut débit, les centres de données régionaux, l’infrastructure cloud, la capacité de calcul et les systèmes de données sécurisés.

Les gouvernements africains ont également plaidé en faveur d’ une « souveraineté numérique », notamment d’une plus grande appropriation et d’un hébergement accrus par les Africains des données et des systèmes d’IA, ainsi que d’un soutien aux modèles linguistiques africains et aux ensembles de données développés localement.

Cette priorité reflète l’inquiétude croissante des décideurs politiques quant au risque de dépendance de l’Afrique vis-à-vis des infrastructures numériques contrôlées par l’étranger dans la course mondiale à l’IA.

La déclaration mettait également en garde contre les risques liés à la désinformation, aux abus générés par l’IA, aux cybermenaces et à la manipulation en ligne.

Une femme vend des tomates à un client sur son étal au marché d’Agbogbloshie, à Accra. 

L’agriculture a été présentée non seulement comme un enjeu de sécurité alimentaire, mais aussi comme une voie vers l’industrialisation et la diversification des exportations.

La déclaration soutenait les investissements dans l’agro-transformation, la logistique de la chaîne du froid, les systèmes d’approvisionnement en engrais, l’agriculture de précision, l’agriculture intelligente face au climat et les chaînes de valeur agricoles intégrées dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le document soulignait également que le financement agricole axé sur la jeunesse, les outils agri-fintech et le développement industriel rural étaient des priorités pour les futurs partenariats.

Ce regain d’intérêt pour l’agriculture intervient alors que de nombreuses économies africaines continuent de lutter contre l’inflation alimentaire, les chocs climatiques, les pénuries d’engrais et une forte dépendance aux exportations de matières premières.

Une personne reçoit une dose du vaccin Oxford/AstraZeneca contre la COVID-19 au centre d’isolement Cacovid de l’hôpital des maladies infectieuses de Mainland, à Yaba, Lagos, au Nigéria. 

La déclaration du sommet a fortement insisté sur la « souveraineté sanitaire », notamment après que les leçons tirées de la pandémie de COVID-19 ont mis en évidence la dépendance de l’Afrique aux vaccins, médicaments et tests de diagnostic importés.

Les dirigeants africains et français se sont engagés à soutenir la production régionale de vaccins, de produits pharmaceutiques, de diagnostics et de technologies médicales par le biais de partenariats liés aux Centres africains de contrôle et de prévention des maladies et à l’Agence africaine des médicaments.

L’accord soutenait également le Mécanisme africain d’achat groupé, conçu pour tirer parti du pouvoir d’achat collectif afin d’améliorer l’accès aux produits de santé et de créer des marchés durables pour les fabricants africains.

Des lingots d’or ougandais empilés dans un centre de négoce témoignent des exportations record du pays, qui s’élevaient à 5,8 milliards de dollars en 2025.

Les minéraux critiques constituaient un autre axe majeur, reflétant l’importance stratégique croissante de l’Afrique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales liées aux véhicules électriques, aux batteries, aux semi-conducteurs et aux technologies d’énergie propre.

La déclaration soulignait que les pays africains devaient maintenir leur souveraineté sur les ressources naturelles tout en développant les activités locales de valorisation, de transformation et de fabrication liées à l’extraction minière.

Les dirigeants se sont également engagés à renforcer les chaînes de valeur régionales « Made in Africa » et à réduire la dépendance aux modèles économiques extractifs.

La question est devenue de plus en plus géopolitique, les puissances mondiales se disputant l’accès aux réserves minérales africaines, essentielles à la transition énergétique.

Un cargo

La déclaration a identifié l’économie bleue comme une frontière stratégique pour le commerce, l’emploi, la résilience climatique et la sécurité alimentaire.

Les domaines ciblés pour les investissements comprennent les infrastructures maritimes, les économies côtières, les énergies marines renouvelables, la décarbonation du transport maritime, la gestion des pêches et les écosystèmes de carbone bleu.

L’accord prévoyait en outre une coopération renforcée contre la piraterie, la pêche illégale, le trafic et l’insécurité maritime, d’autant plus que les routes commerciales africaines prennent une importance croissante pour le commerce mondial.

Vue générale de la porte de la ville d’Abuja, le 20 mai 2025.

Les infrastructures de transport, d’énergie et numériques ont été maintes fois identifiées comme essentielles pour concrétiser les ambitions industrielles et commerciales de l’Afrique.

La déclaration a réaffirmé le soutien à la Zone de libre-échange continentale africaine et aux chaînes de valeur régionales visant à accroître le commerce intra-africain et à améliorer l’intégration des marchés.

Les dirigeants ont également souligné l’importance de mobiliser des capitaux privés grâce à des financements mixtes, des garanties, des outils de partage des risques et des partenariats public-privé.

Le document faisait référence à plusieurs initiatives de financement, dont une opération de financement croisé de 100 millions d’euros entre BOAD et Proparco.

Malgré le langage ambitieux employé, bon nombre de ces propositions dépendront en fin de compte de la stabilité politique, des réformes réglementaires, de la viabilité de la dette et de la capacité des gouvernements à attirer des investissements à long terme à grande échelle.

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Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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