
Le Nigeria est sous le choc après une vidéo qui fait le tour des réseaux sociaux. On y voit John Arum Azi, jeune diplômé de l’Université de Jos (UNIJOS), allongé à même le sol, fouetté et menacé avec une arme par ses bourreaux. La vidéo a été filmée depuis son propre téléphone et envoyée à ses proches pour faire pression sur la famille. Les kidnappeurs réclamaient initialement 30 millions de naira avant de baisser leur exigence à 5 millions.
Un voyage professionnel qui tourne au cauchemar
Tout commence ce samedi 11 avril. John Arum Azi monte dans un véhicule pour se rendre de Jos à Zaria, dans l’État de Kaduna, où il doit réparer des équipements musicaux. C’est son métier, il le fait régulièrement. Mais cette fois-ci, il n’atteindra jamais sa destination.
Entre Jos et Kaduna, sur l’une des routes les plus dangereuses du nord du Nigeria, son véhicule est intercepté par des hommes armés. Azi n’est pas seul: six autres personnes sont enlevées en même temps que lui. Les assaillants emmènent leurs captives vers un lieu inconnu.
La vidéo qui glace le sang
Quelques heures plus tard, les proches d’Azi reçoivent un message qui va bouleverser leur vie. C’est une vidéo tournée avec le téléphone portable de la victime elle-même. Sur les images, John Arum Azi est allongé face contre terre, une grosse pierre posée sur son dos pour l’immobiliser.
Ses bourreaux le fouettent devant la caméra. L’un d’eux brandit une arme à feu contre sa tête. Le jeune homme supplie, les yeux pleins de terreur: « Please don’t kill me, I’m begging you. » En français: « S’il vous plaît, ne me tuez pas, je vous en prie. »
La vidéo se propage instantanément sur X (anciennement Twitter) et WhatsApp. Le choc est total. Les réactions de colère et d’indignation fusent de toutes parts au Nigeria. Comment peut-on traiter un être humain de cette manière?
Une rançon qui chute puis remonte
Au départ, les kidnappeurs exigeaient 30 millions de naira (environ 18 000 dollars). Une somme astronomique pour une famille ordinaire. Puis, sous la pression médiatique, ils auraient réduit leur demande à 5 millions de naira (environ 3 000 dollars). Mais la famille hésite toujours à communiquer sur les conditions exactes, préférant négocier dans le secret.
Le frère aîné de la victime, Joseph Azi, a publiquement lancé un appel au secours. Il décrit son cadet comme un jeune travailleur honnête qui ne méritait pas ce sort. L’employeur d’Azi a lui aussi interpellé la compassion des ravisseurs, soulignant l’innocence de sa victime et son sérieux au travail.
L’université suspend les collectes de fonds
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, certains utilisateurs ont commencé à organiser des collectes de fonds en ligne pour aider la famille à payer la rançon. Des numéros de compte bancaire ont été partagés, des appels aux dons diffusés.
Mais l’Université de Jos est intervenue pour mettre un stop immédiat. Dans un communiqué daté de mardi, Christopher Piwuna, le doyen des affaires étudiantes, a annoncé la suspension de toutes les levées de fonds liées à cet enlèvement. Selon lui, ces initiatives pourraient être exploitées par des éléments criminels qui surveilleraient de près la situation.
L’université travaille désormais main dans la main avec les agences de sécurité pour obtenir la libération d’Azi. Un appel a été lancé à quiconque aurait des informations utiles: contacter directement la direction ou la famille.
Un fléau qui ne connaît pas de fin
Cet enlèvement n’est malheureusement pas un cas isolé au Nigeria. La route Jos-Kaduna est tristement célèbre pour ses embuscades régulières et ses prises d’otages à répétition. Les bandits armés opèrent en toute impunité dans cette région du pays, sachant que les forces de sécurité sont souvent débordées ou parfois complices.
Pour John Arum Azi et sa famille, chaque heure qui passe est une épreuve. La vidéo continue de circuler, rappelant au monde entier la brutalité de ce qu’il subit. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune information ne confirme ni sa libération ni le paiement d’une rançon. Il reste aux mains de ses bourreaux.



