
Le Parlement ghanéen a approuvé l’une des lois anti-LGBTQ les plus restrictives d’Afrique, relançant une législation controversée qui impose des peines de prison pour les relations homosexuelles et soutient les activités LGBTQ, malgré les vives critiques des groupes de défense des droits humains et des organisations internationales.
Le Parlement ghanéen a approuvé vendredi le projet de loi sur les droits sexuels et les valeurs familiales, une mesure largement considérée comme l’une des lois anti-LGBTQ les plus sévères du continent africain.
Le texte législatif doit désormais être ratifié par le président John Mahama avant de pouvoir entrer en vigueur.
Les législateurs avaient déjà adopté le projet de loi à l’unanimité en 2024, mais l’ancien président Nana Akufo-Addo ne l’a pas signé avant de quitter ses fonctions, ce qui a entraîné sa caducité en vertu des règles constitutionnelles.
Peines de prison pour relations homosexuelles et plaidoyer
La loi prévoit des peines de prison allant jusqu’à trois ans pour les personnes ayant des relations homosexuelles.
Elle prévoit également des peines de trois à cinq ans pour les personnes reconnues coupables de promouvoir, de parrainer ou de soutenir intentionnellement des activités LGBTQ.
Bien que la version nouvellement approuvée conserve les dispositions essentielles du projet de loi initial, les législateurs ont introduit des exemptions pour les professionnels du droit, les travailleurs de la santé et les professionnels des médias.
Les organisations de défense des droits humains condamnent la législation
Les organisations de défense des droits humains et plusieurs instances internationales ont vivement critiqué ce projet de loi, arguant qu’il menace les libertés fondamentales et pourrait accroître la discrimination à l’encontre des personnes LGBTQ.
Les critiques affirment que cette législation risque de compromettre les protections relatives à la liberté d’expression, d’association et d’accès aux soins de santé.
Ses partisans, quant à eux, affirment que cette mesure reflète les valeurs culturelles et religieuses du pays.
Le débat reflète une division sociale plus large
Le Ghana demeure une nation profondément religieuse et socialement conservatrice, à majorité chrétienne et marquée par une forte opposition publique aux relations homosexuelles.
De telles relations sont déjà interdites par une loi datant de l’époque coloniale et héritée de la domination britannique, même si les poursuites judiciaires sont rares.
L’adoption de ce projet de loi devrait relancer le débat, tant au Ghana qu’à l’échelle internationale, sur l’équilibre entre les valeurs culturelles, les droits de l’homme et les libertés individuelles.



