
Une coalition de pays arabes et à majorité musulmane a condamné la décision du Somaliland d’ouvrir ce qu’elle a décrit comme une mission diplomatique à Jérusalem, ce qui a exacerbé les tensions autour du rôle géopolitique croissant de cette république autoproclamée dans le corridor de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge.
Dans une déclaration commune confirmée par l’agence de presse qatarie, les ministres des Affaires étrangères du Qatar, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, de la Turquie, du Pakistan, de l’Indonésie, de Djibouti, de la Somalie, de la Palestine, d’Oman, du Soudan, du Yémen, du Liban, de la Mauritanie et de l’Algérie ont condamné cette mesure comme une « étape illégale et inacceptable », affirmant qu’elle violait le droit international et portait atteinte au statut de Jérusalem-Est occupée.
« Ceci constitue une violation flagrante du droit international et des résolutions internationales pertinentes, et représente une atteinte directe au statut juridique et historique de Jérusalem occupée », indique le communiqué.
La reconnaissance par Israël redéfinit la diplomatie du Somaliland
Cette réaction diplomatique intervient quelques mois après qu’Israël soit devenu le premier État membre des Nations Unies à reconnaître officiellement le Somaliland comme un pays indépendant en décembre 2025, ravivant le débat en Afrique et au Moyen-Orient sur la souveraineté, la sécurité de la mer Rouge et les alliances régionales.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé cette reconnaissance le 26 décembre 2025, positionnant ainsi le Somaliland comme un partenaire stratégique le long de l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde.
Parallèlement, le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, a qualifié cette décision de « moment historique » et a remercié Israël pour son « courage politique » en reconnaissant l’indépendance du Somaliland.
Il a également fait part de sa volonté d’adhérer aux accords d’Abraham et d’approfondir la coopération en matière de sécurité, de stabilité maritime et de commerce.
La sécurité en mer Rouge favorise de nouvelles alliances
Suite à la reconnaissance par Israël, les spéculations se sont multipliées quant à la possibilité que des pays comme l’Éthiopie et les États-Unis renforcent leurs liens avec le Somaliland, bien qu’aucun des deux n’ait formellement reconnu ce territoire.
Selon les analystes, la situation géographique du Somaliland, le long du golfe d’Aden et près du détroit de Bab el-Mandeb, a considérablement accru son importance stratégique, l’instabilité de la mer Rouge perturbant les routes maritimes.
Israël a notamment présenté cette relation comme faisant partie d’une stratégie plus large visant à sécuriser les routes commerciales maritimes et à surveiller les menaces posées par les combattants houthis soutenus par l’Iran au Yémen voisin.
Les inquiétudes concernant la souveraineté de la Somalie s’accentuent
Toutefois, cette question a encore davantage tendu les relations avec la Somalie, qui accuse le Somaliland de porter atteinte à sa souveraineté par des engagements diplomatiques unilatéraux.
Dans le même temps, les pays arabes et à majorité musulmane ont réaffirmé leur rejet de « toute mesure unilatérale visant à consolider une réalité illégale à Jérusalem occupée ou à légitimer des entités ou des arrangements qui contreviennent au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies ».
Ils ont également réaffirmé que Jérusalem-Est demeure un territoire palestinien occupé et ont souligné leur soutien à « l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale » de la Somalie, ainsi que leur « rejet sans équivoque de toute souveraineté unilatérale ».



