le FBI lance une grande enquête pour corruption contre l’Argentine

Pendant que les joueurs de l’Albiceleste arrachent leur qualification sur le terrain, les coulisses de la Fédération Argentine de Football (AFA) tremblent. Le FBI et la justice américaine passent au crible des transactions financières suspectes portant sur des centaines de millions de dollars.
C’est un contraste saisissant. Sur la pelouse, l’Argentine vient tout juste de décrocher miraculeusement son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 en s’imposant dans la douleur face à de valeureux Pharaons d’Égypte (3-2). Mais en coulisses, la fête est gâchée par une bombe médiatique et judiciaire. Selon les révélations du célèbre quotidien argentin La Nacion , l’instance suprême du football argentin est dans le collimateur de la justice des États-Unis, pays hôte de la compétition.
Des procureurs fédéraux et des agents du FBI mènent actuellement une enquête approfondie sur les opérations financières de la fédération sur le sol américain.
Au cœur des investigations se trouvent le président de l’AFA, Claudio Chiqui Tapia, et son trésorier, Pablo Toviggino. Les autorités américaines cherchent à déterminer si l’organisation a utilisé le système financier des États-Unis pour faire transiter illégalement des sommes astronomiques. Les chefs d’accusation potentiels font froid dans le dos : blanchiment d’argent et fraude fiscale.
L’affaire a débuté dès 2025 avec l’ouverture d’une enquête préliminaire par trois procureurs américains, alertés en amont par la justice argentine dès septembre 2024. Mais aujourd’hui, les choses s’accélèrent. Les enquêteurs du FBI ont commencé à recueillir des témoignages clés et traquent la trace de plus de 260 millions de dollars ( environ 230 millions d’euros) de recettes.
Le point central de cette machination financière présumée s’appelle TourProdEnter LLC , une entreprise basée aux États-Unis qui gérait l’encaissement des contrats commerciaux de l’AFA à l’étranger (notamment les lucratifs contrats avec Adidas pour 53 millions de dollars et Warner pour 35 millions).
Selon les documents consultés par La Nacion , cette société transférait des dizaines de millions de dollars vers des entreprises n’ayant fourni aucun service identifiable. Plus fou encore : ces entreprises suspectes étaient contrôlées par des personnes résidant à Buenos Aires ou à Bariloche qui… percevaient des aides sociales !
En échange de ses services de « véhicule de perception », TourProdEnter LLC touchait un pactole de 30 % des recettes internationales nettes de l’AFA depuis quatre ans, en plus d’une commission de 10 % sur la logistique.
Alors que le Mondial 2026 bat son plein et que l’Argentine s’apprête à disputer un quart de finale crucial, le ministère de la Justice américain et le FBI examinent les dernières pièces du dossier pour décider de l’ouverture immédiate d’une enquête pénale formelle.



