
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo continue de s’étendre. Le Haut-Uélé et la Tshopo figurent désormais parmi les provinces touchées, portant à cinq le nombre de provinces concernées par cette nouvelle flambée.
Au 11 juillet 2026, le pays comptait 1 926 cas confirmés et 702 décès. Quatre cas ont été enregistrés dans la Tshopo, tandis qu’un cas a été signalé dans le Haut-Uélé. Les données disponibles font également état de deux décès dans la Tshopo et d’un décès dans le Haut-Uélé.
Cette progression intervient quelques jours après que le bilan confirmé de l’épidémie a franchi le seuil des 600 morts. La hausse reste rapide et maintient les équipes sanitaires sous forte pression.
Des cas liés au foyer de l’Ituri
Les premières investigations indiquent que les cas détectés dans les deux nouvelles provinces sont liés à Nia-Nia, dans la province de l’Ituri. Des déplacements de population et des contacts avec des personnes venant de cette zone auraient favorisé la propagation.
L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie. Cette province concentre la grande majorité des cas recensés dans le pays. Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont également touchés, mais dans des proportions moins importantes.
Dans la Tshopo, la présence de cas à Kisangani retient particulièrement l’attention. La ville est l’un des principaux centres urbains du nord-est de la RDC. Sa densité et les nombreux mouvements de voyageurs peuvent compliquer le suivi des contacts si de nouvelles chaînes de transmission apparaissent.
Le Haut-Uélé présente un autre risque géographique. La province partage des frontières avec le Soudan du Sud et la République centrafricaine. Les autorités sanitaires doivent donc renforcer la surveillance locale tout en maintenant la coordination avec les zones voisines.
Plus de 700 décès confirmés
Le bilan national s’élève désormais à 702 décès sur 1 926 cas confirmés. Au moins 295 patients se sont rétablis, tandis que 753 personnes étaient hospitalisées en isolement selon la dernière mise à jour disponible.
Le nombre réel d’infections pourrait toutefois être plus élevé. Les déplacements de population, l’insécurité dans certaines zones et les difficultés d’accès aux structures de santé compliquent le dépistage et le suivi des personnes exposées.
Près de quatre contacts identifiés sur cinq font l’objet d’un suivi dans l’Ituri et le Nord-Kivu. Ce travail est essentiel pour repérer rapidement les symptômes, isoler les cas suspects et interrompre les chaînes de contamination.
Une souche sans vaccin approuvé
Cette épidémie, déclarée le 15 mai, est causée par le virus Bundibugyo, une souche d’Ebola plus rare. Aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé n’est actuellement disponible contre cette souche.
La réponse repose donc sur l’identification rapide des malades, leur isolement, les soins de soutien, la recherche des contacts et la sécurisation des enterrements. Les équipes doivent aussi convaincre les communautés de signaler les symptômes sans attendre.
La maladie se transmet par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’une personne infectée, ou avec des objets contaminés. Les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres maladies fréquentes, avec de la fièvre, une grande fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête ou des maux de gorge.
Une surveillance renforcée dans cinq provinces
La RDC fait désormais face à des cas confirmés dans l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Les autorités considèrent les deux nouvelles provinces comme des zones épidémiques afin d’y déployer plus rapidement les mesures de contrôle.
La priorité est d’empêcher l’apparition de foyers autonomes loin de l’Ituri. Dans les prochains jours, l’évolution des cas à Kisangani et dans le Haut-Uélé permettra de savoir si les contaminations restent limitées aux personnes arrivées de la zone d’origine ou si une transmission locale s’est installée.



