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Guinée-Bissau : Domingos Simões Pereira renvoyé en prison

Le chef du PAIGC, jusque-là assigné à résidence, conteste les accusations liées à des tentatives présumées de coup d’État.

Le principal opposant de Guinée-Bissau, Domingos Simões Pereira, a été renvoyé en prison après une décision du Tribunal militaire supérieur. Le chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) était assigné à résidence depuis sa sortie de prison au début de l’année.

La décision a été prise vendredi 10 juillet. Après son passage devant la juridiction militaire, Domingos Simões Pereira a été conduit sous forte escorte vers les cellules de la Segunda Esquadra, dans la capitale Bissau.

Une détention provisoire ordonnée par un tribunal militaire

Selon Africanews et le média portugais Observador, le tribunal a placé l’ancien Premier ministre en détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans une tentative présumée de coup d’État en octobre 2025, qu’il aurait contribué à financer.

Il fait aussi face à des accusations distinctes liées à des infractions financières et à une autre tentative présumée de coup d’État en 2023. Domingos Simões Pereira, sa famille et ses avocats rejettent ces accusations.

Dans une déclaration transmise à Reuters, sa famille affirme qu’il n’a participé à aucun acte violent ou anticonstitutionnel. Elle dit également craindre pour sa santé et sa sécurité. Aucune date de procès n’avait été fixée au moment de cette déclaration.

La défense conteste aussi la compétence d’une juridiction militaire pour juger un civil. D’après Observador, les avocats du responsable politique n’ont pas assisté à l’audience, estimant que la procédure se déroulait en marge de la loi. Ils affirment ne pas avoir reçu de notification régulière pour la comparution de leur client.

Un opposant détenu depuis le coup de novembre 2025

Domingos Simões Pereira avait été arrêté le 26 novembre 2025, lorsque des officiers avaient pris le pouvoir avant l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Plusieurs autres responsables politiques avaient également été détenus.

La junte avait affirmé être intervenue pour empêcher des violences entre les partisans des candidats rivaux. La commission électorale avait ensuite indiqué qu’elle ne pouvait pas achever le processus, après la saisie de bulletins et la destruction de serveurs contenant des résultats.

Le dirigeant du PAIGC avait quitté la prison quelques semaines plus tard, mais il était resté sous surveillance à son domicile. Sa remise en détention intervient alors que de nouvelles élections présidentielle et législatives sont annoncées pour le 6 décembre.

Le PAIGC considère la procédure comme une tentative d’écarter son chef de la compétition politique. Les autorités militaires soutiennent, de leur côté, que la justice doit examiner les accusations portées contre lui.

Des appels à sa libération

La Ligue guinéenne des droits humains a demandé la libération immédiate et sans condition de Domingos Simões Pereira. L’organisation dénonce une instrumentalisation de la justice et estime que les garanties d’un procès équitable ne sont pas respectées.

Avant même la décision du tribunal, des représentants de la société civile avaient mis en garde contre le risque de troubles sociaux en cas de retour de l’opposant en prison. La sécurité avait été renforcée dans plusieurs rues de Bissau le jour de l’audience.

Le Portugal et plusieurs responsables politiques européens ont aussi appelé les autorités de transition à respecter les droits de l’opposition et à rétablir l’ordre constitutionnel. La junte rejette ces prises de position, qu’elle considère comme une ingérence dans les affaires du pays.

La crise actuelle prolonge une période de forte instabilité. La Guinée-Bissau a connu plusieurs coups d’État et tentatives de renversement depuis son indépendance en 1974. AfrikMag avait déjà rapporté que l’opposition accusait le pouvoir d’avoir simulé un coup d’État pour conserver le contrôle du pays.

Le retour en prison de Domingos Simões Pereira augmente désormais la pression sur les autorités de transition. Les prochaines étapes dépendront de la fixation d’un éventuel procès et des recours engagés par sa défense.

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