
Un chantier d’extraction de pierres s’est transformé en piège mortel dans l’est du Rwanda. Dix personnes ont perdu la vie jeudi 9 juillet dans l’effondrement d’une carrière située dans le district de Bugesera.
Le drame s’est produit vers 11 heures dans le village de Nyamabuye, cellule de Kanzenze, secteur de Ntarama. Les victimes extrayaient du sable et des pierres destinés à la construction lorsque des pans de la carrière se sont écroulés sur elles.
Aucun survivant retrouvé sous les décombres
La police, les autorités locales et les équipes de secours ont travaillé pendant près de douze heures. Trois excavatrices ont été mobilisées pour retirer les amas de terre et de roche. Quatre corps avaient d’abord été retrouvés, puis le bilan est passé à dix dans la soirée.
Les recherches se sont achevées après 23 heures. Aucun des travailleurs ensevelis n’a survécu. Les corps ont été transférés à l’hôpital de Kacyiru, à Kigali, pour les examens nécessaires avant leur remise aux familles.
Les victimes venaient de plusieurs régions du pays pour travailler sur le site. Parmi elles figurait une femme. Les autorités locales ont adressé leurs condoléances aux proches, tandis que les formalités d’identification et d’inhumation se poursuivaient.
Une carrière autorisée, mais un risque toujours présent
La carrière était exploitée par COTRAKI, une coopérative disposant d’une autorisation pour mener ces activités dans le district de Bugesera. Les responsables affirment aussi que les travailleurs étaient couverts par une assurance.
Ce cadre légal n’a pas empêché la catastrophe. Le maire du district, Richard Mutabazi, a ordonné l’arrêt immédiat des travaux sur le site. Il a demandé aux exploitants de mieux évaluer la stabilité des zones creusées avant toute reprise des opérations.
Les carrières peuvent devenir dangereuses lorsque l’extraction fragilise les parois ou atteint une profondeur excessive. Le port d’équipements de protection ne suffit pas lorsque le terrain lui-même présente un risque d’effondrement. Des inspections régulières et une analyse des couches rocheuses sont alors nécessaires.
L’origine exacte de l’effondrement reste inconnue
Le Bureau rwandais d’investigation a ouvert une enquête pour déterminer la cause du drame. À ce stade, aucun scénario n’a été confirmé. La police a évoqué la nature rocheuse du site et le processus d’excavation parmi les éléments à examiner.
Les enquêteurs devront établir si les méthodes d’extraction respectaient toutes les règles de sécurité, si la profondeur du chantier avait fragilisé une paroi et si des signes d’instabilité avaient été repérés avant l’accident.
Les autorités ont appelé les exploitants de mines et de carrières à procéder à des évaluations régulières des risques. Elles demandent aussi que les travailleurs soient formés, assurés et dotés d’équipements adaptés.
La sécurité des sites d’extraction de nouveau questionnée
Le drame de Bugesera rappelle les risques auxquels sont exposés les travailleurs du secteur extractif en Afrique. En janvier, l’effondrement d’une mine d’or à Kédougou, au Sénégal, avait fait 15 morts et plus de 20 disparus.
Les effondrements touchent aussi les chantiers urbains. En mai, huit personnes avaient perdu la vie dans l’effondrement d’un immeuble à Koumassi, en Côte d’Ivoire.
À Bugesera, l’enquête devra maintenant fournir des réponses précises aux familles. Elle devra surtout permettre d’identifier les mesures capables d’éviter qu’un autre chantier autorisé ne devienne le lieu d’un nouveau drame.



