
Une attaque d’une rare violence a frappé l’armée malienne dans le nord du pays. Plus de 50 militaires auraient été tués samedi 18 juillet 2026 lors d’une embuscade contre un convoi qui quittait Anéfis en direction de Gao. Ce bilan, communiqué par des sources locales et militaires, reste provisoire.
Le convoi a été pris pour cible près de Tabankort, sur l’axe reliant Anéfis à Gao. L’armée malienne a confirmé que ses hommes étaient tombés dans une embuscade tendue par des groupes armés. Elle n’a toutefois pas publié de bilan chiffré au moment de la rédaction de cet article.
Plus de 50 morts et au moins 24 prisonniers
Un élu local du nord du Mali, présenté comme proche des autorités de transition, a fait état de plus de 50 militaires tués et d’au moins 24 soldats capturés. Une source au sein de l’armée a également évoqué de lourdes pertes et affirmé que certains militaires avaient été exécutés après les combats.
Ces informations doivent encore être confirmées par un bilan officiel. Dans un contexte de guerre, les chiffres diffusés par les différentes parties peuvent évoluer rapidement. Les autorités militaires ont indiqué que des investigations étaient en cours pour comprendre comment le convoi avait été rendu aussi vulnérable.
Des images diffusées après l’attaque montrent des véhicules militaires détruits ou abandonnés. D’autres séquences, publiées par les assaillants, présenteraient des soldats faits prisonniers. Leur authenticité et les circonstances précises de leur enregistrement n’ont pas toutes pu être vérifiées de manière indépendante.
Le FLA et le JNIM revendiquent l’embuscade
L’opération a été revendiquée par le Front de libération de l’Azawad, un mouvement indépendantiste touareg, et par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, connu sous le sigle JNIM et affilié à Al-Qaïda.
Cette coopération entre deux forces aux objectifs différents inquiète les observateurs. Le FLA défend un projet politique centré sur l’Azawad, tandis que le JNIM mène une insurrection jihadiste dans plusieurs pays du Sahel. Leur capacité à coordonner des attaques accroît la pression sur l’armée malienne dans une zone déjà difficile à contrôler.
Le convoi comptait plusieurs dizaines de véhicules. Malgré les pertes, une partie aurait réussi à poursuivre sa route vers Gao. Les paramilitaires russes de l’Africa Corps, qui soutiennent l’armée malienne, avaient déjà atteint cette ville et n’auraient pas subi de pertes lors de l’embuscade.
Anéfis au centre de combats répétés
Anéfis est devenue l’un des principaux points de tension du nord malien. Début juillet, des combattants du FLA et du JNIM avaient lancé des attaques coordonnées contre plusieurs positions militaires. Ils avaient temporairement pris la ville et encerclé le camp défendu par l’armée et ses alliés russes.
Les forces maliennes et l’Africa Corps avaient repris le contrôle d’Anéfis le 10 juillet après plusieurs jours d’affrontements. Le chef d’état-major malien avait ensuite annoncé qu’environ 30 soldats avaient été tués et 60 autres blessés durant cette première séquence de combats.
AfrikMag avait alors rapporté la réaction de l’armée face aux assauts coordonnés menés dans plusieurs localités. L’embuscade du 18 juillet constitue un nouvel épisode distinct, avec un bilan potentiellement plus lourd.
Une crise sécuritaire qui dure depuis 2012
Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise alimentée par des groupes jihadistes, des mouvements indépendantistes, des conflits communautaires et des réseaux criminels. Les violences se sont progressivement étendues du nord vers le centre du pays, puis vers certaines zones proches des frontières avec le Burkina Faso et le Niger.
Les militaires ont pris le pouvoir lors de deux coups d’État, en 2020 puis en 2021, en promettant de restaurer la sécurité et l’intégrité territoriale. Bamako a ensuite rompu avec plusieurs partenaires occidentaux et renforcé sa coopération avec la Russie.
L’attaque près d’Anéfis montre que les groupes armés conservent une capacité de frappe élevée. Si le bilan de plus de 50 morts est officiellement confirmé, cette embuscade comptera parmi les revers les plus meurtriers subis par l’armée malienne ces dernières années.



