
Une femme a été publiquement fouettée dans une rue de Sabha, dans le sud de la Libye, après avoir été reconnue coupable de « Zina », un terme juridique et religieux du droit libyen désignant les relations sexuelles entre un homme et une femme non unis par un mariage reconnu.
L’exécution de la peine, attribuée à la police judiciaire locale, a été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, suscitant de vives réactions de la part des organisations de défense des droits humains.
Dans la vidéo devenue virale, un homme lit devant l’assistance un document présenté comme un jugement du tribunal correctionnel de Sabha, qui ordonnerait l’exécution publique de la peine.
Immédiatement après, un agent de la police judiciaire en uniforme frappe à plusieurs reprises la femme, assise sur le sol, le visage et le corps couverts.
Des véhicules des forces de sécurité sont visibles en arrière-plan.
L’incident a été dénoncé par l’Institution nationale pour les droits de l’homme en Libye (INDHL), une organisation indépendante de la société civile libyenne.
Dans un communiqué publié le vendredi 24 juillet 2026, l’INDHL rappelle « les pratiques des organisations extrémistes et terroristes, telles que l’État islamique, Ansar al-Charia et Al-Qaïda ».
L’organisation a qualifié cette exécution publique de « dangereux précédent », dénonçant une violation des procédures établies par la loi même invoquée pour justifier le châtiment.
L’INDHL affirme également que la femme a été punie « seule et sans son partenaire » et accuse le tribunal correctionnel de Sabha d’ordonner des fustigations publiques exclusivement à l’encontre des femmes.
À ce jour, ni le tribunal ni la police judiciaire n’ont apporté de clarifications publiques sur cet incident.
La fustigation pour zina est expressément prévue par la loi libyenne : ce sont à la fois le châtiment corporel et, dans ce cas précis, le caractère public de son exécution qui sont contestés.
La loi n° 70 de 1973, adoptée le 2 octobre 1973 par le Conseil de commandement de la révolution sous le régime de Muammar Kadhafi, prévoit cent coups de fouet pour le contrevenant et autorise le tribunal à y ajouter une peine de prison.
Cette disposition s’applique aux personnes majeures, saines d’esprit et ayant agi en toute connaissance de cause.
La loi elle-même fixe toutefois des conditions précises. La fustigation ne peut être exécutée qu’une fois la peine devenue définitive et après un examen médical excluant tout risque pour la personne condamnée.
L’article 7 stipule également que la peine doit être exécutée dans un poste de police, en présence du représentant compétent du ministère public, d’un médecin et d’un groupe de musulmans.
S’il s’agit d’une femme, celle-ci doit rester assise et son corps doit être recouvert.
L’INDHL a décrit cet acte comme « le plus haut niveau d’humiliation, d’exposition publique et de discrimination », accusant les organes officiellement chargés d’exécuter les décisions de justice d’avoir outrepassé leurs pouvoirs.
crédit : LIB



