
La société canadienne d’exploration GoldCoast Resource Corp a signalé la présence d’or visible dans des échantillons de sable de plage prélevés à plusieurs endroits sur une cinquantaine de kilomètres de la côte ouest du Ghana, alors que la société intensifie ses recherches de gisements minéraux en mer.
Les échantillons ont été collectés entre mars et mai 2026 au cours d’un programme préliminaire couvrant environ 75 kilomètres de littoral, d’Esiama à Akwidaa.
Dans un bulletin d’exploration publié mardi 18 août, la société a indiqué qu’un échantillon de cinq litres contenait jusqu’à 13 grains d’or visibles.
Toutefois, GoldCoast a averti que la présence d’or visible dans des échantillons individuels n’établit pas une teneur moyenne ni ne prouve que le matériau peut être exploité commercialement.
Les échantillons ont été prélevés dans des zones côtières bordant la zone de licence offshore de la société, et non dans un gisement d’or offshore confirmé.
Cette mise à jour de GoldCoast intervient quelques jours après que ses actions ont commencé à être négociées à la Bourse canadienne des valeurs mobilières sous le symbole GCR le 10 août.
La société, présidée par Sir Sam Jonah, un vétéran du secteur minier ghanéen, tente de déterminer si les sédiments aurifères transportés par les principaux fleuves du Ghana s’accumulent en quantités commercialement viables le long du plateau continental peu profond du pays.
Sir Sam a précédemment dirigé Ashanti Goldfields et a ensuite occupé le poste de président exécutif d’AngloGold Ashanti.
L’étude couvre 10 000 kilomètres carrés
GoldCoast affirme détenir 10 permis de reconnaissance en mer contigus couvrant environ 10 000 kilomètres carrés le long du plateau continental occidental du Ghana.
La zone de licence s’étend sur environ 300 kilomètres, de Half Assini vers Winneba, et s’étend jusqu’à 33 kilomètres au large.
Selon l’entreprise, cette zone représente environ 53 % du littoral ghanéen.
Le permis de reconnaissance est la première étape du système d’octroi de licences minières au Ghana. Il autorise l’exploration régionale mais n’autorise pas l’exploitation minière commerciale.
La Commission ghanéenne des minéraux indique que ces permis sont généralement valables 12 mois et renouvelables. Une entreprise doit obtenir des autorisations supplémentaires, notamment un permis de prospection et, le cas échéant, un permis d’exploitation minière, avant de pouvoir entreprendre une extraction commerciale.
GoldCoast a déclaré avoir désormais collecté environ 50 000 kilomètres linéaires de données magnétiques aéroportées à intervalles de 400 mètres, couvrant l’intégralité de sa zone sous licence.
L’étude a utilisé un avion volant à une altitude d’environ 50 mètres pour rechercher des anomalies magnétiques associées à des minéraux lourds, notamment le rutile, l’ilménite, la magnétite et le zircon.
Ces minéraux peuvent se trouver dans les mêmes pièges à sédiments et les mêmes anciens lits de rivière où l’or a pu s’accumuler.
L’entreprise a indiqué que son analyse préliminaire avait identifié plusieurs cibles dans une section de la licence.
Elle a donc entamé une étude plus détaillée d’une zone de 500 kilomètres carrés autour de l’embouchure du fleuve Ankobra, connue sous le nom de cible A. L’avion survolera la zone à intervalles de 50 mètres, contre 400 mètres initialement.
L’interprétation finale des données magnétiques est attendue au quatrième trimestre 2026.
Les recherches se poursuivront désormais des avions aux fonds marins.
La prochaine étape du programme devrait impliquer des navires effectuant des levés bathymétriques, magnétiques et sismiques.
Ces relevés permettraient à l’entreprise de dresser un portrait tridimensionnel des fonds marins et d’identifier d’anciens chenaux fluviaux, des plages submergées et d’autres formations où des sédiments minéraux lourds ont pu s’accumuler.
Si des cibles appropriées sont identifiées, GoldCoast prévoit de procéder à un forage vibro-carotté et à un échantillonnage en vrac du fond marin.
Ces étapes seront cruciales car les échantillons côtiers actuels confirment seulement la présence d’or dans certaines parties du système sédimentaire environnant. Ils ne permettent pas de déterminer la quantité d’or présente au large ni si sa concentration est suffisante pour une extraction rentable.
GoldCoast a déclaré avoir levé environ 7,8 millions de dollars (10,7 millions de dollars canadiens) auprès de ses fondateurs, d’investisseurs institutionnels et d’investisseurs privés fortunés pour financer son introduction en bourse et ses travaux d’exploration.
Cela comprenait un placement privé de 9,07 millions de dollars canadiens réalisé en avril.
Les résultats historiques restent à vérifier.
La société a également cité des prélèvements qui auraient été effectués autour du fleuve Ankobra et du plateau continental voisin par Marine Mining Corp en 2010.
Selon GoldCoast, 30 échantillons historiques ont révélé une teneur moyenne de 0,44 gramme d’or par mètre cube. Les résultats individuels variaient de 0,019 gramme à 1,862 gramme par mètre cube.
Mais GoldCoast a déclaré n’avoir pas vérifié de manière indépendante les méthodes d’échantillonnage historiques, les contrôles de qualité ni les estimations.
Ces travaux historiques n’ont pas été réalisés pour le compte de la société et ne peuvent être considérés comme une ressource ou une réserve minérale actuelle.
Sa dernière déclaration a été examinée par Samuel Torkornoo, une personne qualifiée indépendante en vertu du Règlement 43-101 du Canada sur la divulgation des renseignements miniers.
GoldCoast a toutefois reconnu qu’aucune ressource ni réserve minérale n’a été estimée dans sa zone de concession. Elle n’a par ailleurs réalisé aucune évaluation économique préliminaire, étude de préfaisabilité ni étude de faisabilité.
Il n’y a donc aucune certitude que l’exploration aboutira à une mine économiquement viable.
L’or demeure un élément central de l’économie ghanéenne.
Cette exploration en mer intervient alors que le Ghana tente de tirer davantage de valeur économique de sa position de premier producteur d’or d’Afrique.
Le Ghana a produit un volume record de 5,94 millions d’onces en 2025, selon les chiffres publiés par la Chambre des mines du Ghana. Cela représente une augmentation de plus de 23 % par rapport aux 4,82 millions d’onces produites en 2024.
Les recettes d’exportation d’or du Ghana ont également atteint environ 20 milliards de dollars en 2025, soit près du double des 10,3 milliards de dollars enregistrés un an plus tôt, selon les données de la Banque du Ghana citées par le Ghana Gold Board.
La plupart des mines exploitées dans le pays sont situées à terre. La découverte de gisements en mer ouvrirait un tout nouveau champ d’exploration, mais soulèverait également des questions concernant les écosystèmes marins, les communautés de pêcheurs et la capacité du Ghana à réglementer l’exploitation minière des fonds marins.
Pour l’instant, GoldCoast a mis en évidence la présence d’or visible dans des échantillons côtiers et des cibles géophysiques sous-marines. Elle ne dispose cependant pas encore de preuves de l’existence d’un gisement d’or offshore exploitable commercialement.



