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La Russie affirme qu’elle signera un accord de sécurité avec la CEDEAO

La Russie affirme qu'elle signera un accord de sécurité avec la CEDEAO

La Russie affirme se préparer à signer un accord de coopération en matière de sécurité avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce qui pourrait étendre l’influence de Moscou de ses partenaires militaires du Sahel au principal bloc politique et économique de la région.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a révélé l’existence de cet accord prévu à Moscou à la suite de discussions avec son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa.

Lavrov a déclaré que le mémorandum proposé couvrirait la coopération avec la CEDEAO, y compris la sécurité, sans toutefois préciser la date de signature ni les engagements qu’il contiendrait.

« La Russie signera un mémorandum de coopération avec la CEDEAO, notamment dans le domaine de la sécurité », a déclaré Lavrov, selon un communiqué publié par le ministère russe des Affaires étrangères.

Il a ajouté que Moscou était prêt à soutenir les efforts visant à améliorer les relations entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel, qui comprend le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

L’CEDEAO n’a fait aucune annonce publique concernant le mémorandum proposé. Par conséquent, la portée et le statut de l’accord restent tributaires de la version du gouvernement russe.

Si cet accord était conclu, il offrirait à la Russie un canal formel de coopération sécuritaire avec la CEDEAO à un moment où le bloc est confronté au terrorisme, à l’instabilité politique et à une rupture dommageable avec les trois pays du Sahel.

La Russie propose de créer des ponts entre la CEDEAO et l’alliance sahélienne.

Lavrov a déclaré que la Russie était prête à soutenir les efforts visant à « construire des ponts » entre la CEDEAO et les trois pays qui se sont retirés du bloc.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement cessé d’être membres de la CEDEAO le 29 janvier 2025 après la détérioration de leurs relations suite à des coups d’État militaires, des sanctions et des demandes de retour à un gouvernement constitutionnel.

Les trois pays ont accusé la CEDEAO de s’écarter de ses principes fondateurs et d’agir sous l’influence de puissances étrangères. Ils ont par la suite consolidé l’Alliance des États du Sahel en un bloc politique, économique et de défense distinct.

Leur retrait a réduit le nombre de pays membres de la CEDEAO de 15 à 12 et a affaibli les tentatives de coordination des opérations de sécurité transfrontalières utilisées par les groupes armés.

La CEDEAO a maintenu les canaux de communication ouverts et préservé temporairement la libre circulation et les échanges commerciaux entre les trois États. Cependant, les deux blocs n’ont pas encore établi de cadre durable de coopération politique et sécuritaire.

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a rencontré son homologue russe à Moscou pour des discussions portant sur la sécurité, l’énergie nucléaire, le commerce et l’investissement.

L’offre de la Russie est significative car Moscou n’est pas un acteur neutre et extérieur à ce conflit. Elle est l’un des partenaires militaires les plus proches des trois gouvernements du Sahel.

Moscou renforce ses liens militaires avec les États sécessionnistes

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont renforcé leurs relations avec la Russie après avoir réduit leur coopération militaire avec la France et d’autres gouvernements occidentaux.

La Russie a fourni du matériel, de la formation et du personnel tout en s’engageant à soutenir la force militaire conjointe de l’alliance du Sahel.

En juillet, la Russie et les trois pays ont convenu d’approfondir leur coopération militaire et militaro-technique, notamment en bénéficiant de l’assistance du Corps russe d’Afrique. Moscou a également promis de maintenir son soutien aux forces armées de ces pays et à la force unifiée de l’alliance.

Les trois pays ont créé cette force conjointe pour lutter contre les groupes armés opérant au-delà de leurs frontières. La Russie s’était auparavant engagée à fournir du matériel et une formation dans le cadre de cette initiative.

Cela place Moscou dans une position inhabituelle. La Russie recherche une relation de sécurité avec la CEDEAO tout en soutenant déjà la structure militaire distincte créée par trois anciens membres du bloc.

Lavrov a fait valoir que la coopération entre les deux parties était nécessaire car l’insécurité ne s’arrête pas aux frontières politiques.

Cette préoccupation est devenue plus urgente à mesure que les groupes armés étendent leurs opérations au-delà du Sahel central. Le Bénin et le Togo ont subi des attaques dans leurs régions septentrionales, tandis que le Ghana et la Côte d’Ivoire ont renforcé la sécurité à leurs frontières afin d’empêcher toute nouvelle avancée vers les côtes d’Afrique de l’Ouest.

La fragmentation entre la CEDEAO et l’alliance sahélienne a compliqué le partage de renseignements, la gestion des frontières et la coordination des opérations militaires.

L’Institut d’études de sécurité avait averti en mars que la brigade antiterroriste prévue par la CEDEAO resterait limitée tant que la division continuerait d’affaiblir les efforts de sécurité collective.

La Russie a proposé son soutien à un engagement renouvelé entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel, qui comprend le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Le Ghana fait progresser les discussions militaires et nucléaires avec la Russie

Les discussions à Moscou ont également mis en lumière les efforts de la Russie pour renforcer ses relations avec le Ghana, membre clé de la CEDEAO et l’une des démocraties les plus stables d’Afrique de l’Ouest.

Lavrov a déclaré que le Ghana progressait vers la ratification d’un accord intergouvernemental de coopération militaro-technique avec la Russie.

Le ministre russe n’a pas précisé les termes de l’accord ni le calendrier prévu pour que le Parlement ghanéen achève le processus.

Les deux pays ont également identifié l’énergie, notamment nucléaire, comme un domaine potentiel de coopération. Lavrov a indiqué que des « avancées concrètes » étaient déjà en cours, mais n’a annoncé aucun contrat, accord de financement ni sélection définitive de la Russie comme partenaire nucléaire.

Le Ghana poursuit des projets d’introduction de l’énergie nucléaire afin de diversifier son approvisionnement énergétique et de répondre à la demande croissante en électricité.

Le pays ambitionne de construire une centrale nucléaire d’environ 1 000 mégawatts d’ici le milieu des années 2030. Il a envisagé des partenaires potentiels en provenance de Russie, de Chine, de Corée du Sud, du Canada et des États-Unis.

En 2024, le Ghana a signé un accord avec le groupe américain Regnum Technology Group pour le déploiement d’un petit réacteur modulaire utilisant une technologie développée par NuScale Power. Cet accord ne détermine pas nécessairement le choix du partenaire pour la centrale de grande envergure que le Ghana prévoit de construire.

Le regain d’intérêt de la Russie place sa compagnie nucléaire d’État, Rosatom, au cœur d’une compétition internationale pour un rôle dans l’industrie nucléaire émergente du Ghana.

La Russie cible des projets commerciaux au Ghana

La Russie et le Ghana préparent également la cinquième réunion de leur commission intergouvernementale sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique.

La réunion devrait avoir lieu à Moscou avant la fin de 2026.

Lavrov a identifié l’exploration géologique, l’agriculture, la fourniture d’engrais et les technologies de l’information comme des secteurs potentiels pour de nouveaux projets. Cependant, les deux parties n’ont annoncé aucun montant d’investissement ni finalisé d’accord commercial.

Lors de cette visite, le Ghana et la Russie ont signé un accord d’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service. Cette exemption ne s’applique pas aux voyageurs ghanéens ou russes ordinaires.

Le président ghanéen John Mahama a également confirmé son intention d’assister au troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou.

L’accord proposé par la CEDEAO montre que la stratégie de la Russie en Afrique de l’Ouest ne se concentre plus uniquement sur les relations bilatérales avec les gouvernements militaires.

Moscou cherche désormais à dialoguer avec les deux camps politiques de la région, en soutenant les forces armées de l’alliance sahélienne tout en poursuivant une relation de sécurité formelle avec la CEDEAO.

La question de savoir si cette position contribuera à reconnecter les deux blocs, ou si elle donnera à la Russie une plus grande influence sur les deux, dépendra des termes définitifs de l’accord proposé et de sa confirmation formelle par la CEDEAO.

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Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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