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RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse 2 300 morts, MSF alerte

Près de 5 000 cas ont été recensés alors que les équipes sanitaires peinent à suivre la propagation du virus.

L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo a franchi un nouveau seuil. Les données gouvernementales publiées dans la nuit de dimanche à lundi font état de 4 945 cas, dont 2 325 décès. Médecins Sans Frontières estime que la vitesse et l’ampleur de la propagation dépassent désormais les capacités de la riposte sanitaire.

Au cours des dernières 24 heures couvertes par ce bilan, 101 nouveaux cas et 33 décès ont été signalés. Plus de 1 000 personnes se sont rétablies, tandis que 730 malades restent hospitalisés ou placés en isolement. L’ONG appelle à renforcer rapidement les moyens humains, logistiques et communautaires.

Le bilan le plus lourd jamais enregistré en RDC

Cette flambée est la dix-septième recensée en RDC. Avec 2 325 décès, elle dépasse désormais le bilan de l’épidémie de 2018 à 2020, qui avait fait 2 299 morts parmi 3 481 cas. Elle devient ainsi l’épisode d’Ebola le plus meurtrier de l’histoire du pays.

La progression a été rapide. En juillet, AfrikMag rapportait déjà l’extension de l’épidémie vers le Haut-Uélé et la Tshopo. Quelques jours plus tôt, le bilan confirmé avait atteint 600 morts. Le nombre de décès a donc presque quadruplé depuis ce précédent point.

L’épidémie d’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 reste toutefois la plus meurtrière jamais enregistrée dans le monde, avec plus de 11 000 décès. Les autorités sanitaires craignent que la flambée congolaise continue de s’en approcher si la transmission ne ralentit pas.

MSF estime que la riposte est dépassée

Trish Newport, coordinatrice des interventions d’urgence chez Médecins Sans Frontières, affirme que les équipes ne disposent pas des moyens nécessaires pour circonscrire les foyers et préparer les zones encore épargnées. Selon elle, la réponse actuelle ne suit plus le rythme de l’épidémie.

L’organisation demande une intensification massive des efforts. Les besoins portent sur les centres de traitement, les laboratoires, les équipements de diagnostic, le suivi des contacts et l’accompagnement des communautés. MSF prévient aussi que ses propres équipes pourraient bientôt atteindre leur capacité maximale.

La situation est particulièrement difficile en Ituri, principal épicentre. Bunia, Mongbwalu, Rwampara et Nyankunde figurent parmi les zones les plus touchées. D’autres provinces, dont le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo, ont également signalé des cas.

Le virus Bundibugyo complique la prise en charge

La flambée actuelle est liée au virus Bundibugyo, une espèce rare du virus Ebola. Contrairement à d’autres formes de la maladie, elle ne dispose pas encore d’un vaccin homologué ni d’un traitement spécifique approuvé. Des candidats sont en cours d’évaluation, mais ils ne peuvent pas encore être déployés à grande échelle.

Le diagnostic pose lui aussi problème. Les tests spécialisés sont produits en quantités limitées et de nombreux prélèvements restent en attente d’analyse. Tout retard complique l’identification des malades, leur isolement et la recherche des personnes avec lesquelles ils ont été en contact.

Le conflit, les déplacements de population, les postes de contrôle armés et l’état des routes ralentissent encore le transport des échantillons et du matériel. Dans plusieurs zones rurales, les habitants doivent parcourir de longues distances pour rejoindre une structure capable de les prendre en charge.

La mobilisation des communautés reste déterminante

L’Organisation mondiale de la Santé constate une amélioration du suivi des contacts, mais avertit que des chaînes de transmission échappent encore aux équipes. Certains malades arrivent dans les centres à un stade avancé. Les funérailles peuvent également provoquer de nouvelles contaminations lorsque les mesures de protection ne sont pas respectées.

Les responsables sanitaires veulent s’appuyer davantage sur les chefs locaux, les associations et les réseaux de confiance. L’objectif est d’identifier plus tôt les symptômes, de réduire la peur autour des centres de traitement et de faciliter les enterrements sûrs.

MSF insiste sur l’urgence d’agir avant que d’autres familles soient touchées. Trish Newport rapporte que certaines ont perdu jusqu’à quinze proches. Pour l’ONG, freiner la propagation exige désormais une réponse beaucoup plus large, mais aussi une information claire et régulière dans chaque communauté concernée.

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