
Le Ghana a lancé une nouvelle opération pour ramener environ 1 000 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud. Des vols spéciaux ont été programmés les dimanche 26 et lundi 27 juillet 2026. Accra présente cette série de départs comme la dernière phase de son dispositif d’évacuation face aux tensions visant les migrants africains.
Les personnes concernées s’étaient déjà enregistrées auprès du Haut-Commissariat du Ghana à Pretoria. Leur retour est volontaire. Les autorités ghanéennes précisent que l’opération ne constitue donc ni une expulsion ni une mesure imposée par l’Afrique du Sud.
Des vols réservés aux personnes déjà enregistrées
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé que les retours seraient organisés par groupes. Il a indiqué que les services consulaires d’urgence avaient été réactivés pour aider les citoyens souhaitant quitter l’Afrique du Sud.
« Nous n’abandonnerons aucun ressortissant qui veut partir », a-t-il déclaré dans un communiqué cité par la BBC. Les bénéficiaires de cette phase avaient été enregistrés et contrôlés avant leur départ. Aucun nouvel enregistrement n’était prévu dans l’immédiat.
Le Haut-Commissaire du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quashie, avait évoqué près de 900 personnes inscrites pour cette dernière opération. D’autres sources, dont Africanews et la BBC, parlent d’environ 1 000 ressortissants attendus à Accra. Cet écart semble refléter l’évolution des listes et des départs réellement programmés.
Les vols doivent se poursuivre jusqu’au retour des personnes retenues. Les autorités ont demandé aux ressortissants de ne pas se présenter sans convocation au Haut-Commissariat avec leurs bagages. Chaque groupe reçoit à l’avance les informations sur son transport et son horaire de départ.
Plus de 900 Ghanéens avaient déjà été rapatriés
Cette nouvelle phase intervient après plusieurs opérations menées depuis le mois de mai. Benjamin Quashie a indiqué que 926 Ghanéens avaient déjà regagné leur pays. Si la dernière série de vols est menée à son terme, le nombre total de personnes ramenées pourrait approcher 2 000.
À leur arrivée à Accra, les voyageurs sont accueillis par les services de l’État. Une photo prise lors d’un précédent retour montre des familles attendant à l’aéroport international de la capitale avec leurs bagages. Plusieurs personnes avaient trouvé refuge dans des églises, des hôtels ou chez des proches avant leur départ.
Le ministre des Affaires étrangères a aussi déclaré que les contrôles réalisés par les autorités sud-africaines n’avaient identifié aucun Ghanéen rapatrié sur une liste de personnes recherchées. Cette précision répond aux accusations associant parfois les migrants africains à la criminalité.
Accra réclame des réparations pour les biens perdus
Le gouvernement ghanéen affirme qu’il demandera une compensation pour les biens et les activités économiques perdus par certains ressortissants. Plusieurs migrants disent avoir abandonné leur logement, leur commerce ou une partie de leurs possessions après des attaques et des menaces.
Le montant des pertes et les modalités d’une éventuelle indemnisation n’ont pas encore été détaillés. Il n’est pas non plus établi que Pretoria ait accepté le principe d’une compensation. Accra maintient néanmoins cette demande dans ses échanges avec les autorités sud-africaines.
Des ressortissants ghanéens ont par ailleurs demandé à la Cour pénale internationale d’examiner les violences visant les étrangers. Le Ghana et le Nigeria souhaitent aussi que la question soit inscrite à l’ordre du jour d’un prochain sommet de l’Union africaine.
La situation a déjà poussé plusieurs pays à organiser le départ de leurs citoyens. Le Nigeria a rapatrié 1 490 ressortissants d’Afrique du Sud. Le Malawi, le Zimbabwe, l’Éthiopie et le Kenya ont également mis en place des opérations de retour.
Les tensions anti-migrants persistent en Afrique du Sud
L’Afrique du Sud attire depuis longtemps des travailleurs venus d’autres pays du continent. Son économie est plus importante que celle de nombreux voisins, mais le chômage et les inégalités nourrissent une forte frustration sociale. Les étrangers deviennent régulièrement les cibles de campagnes les accusant de prendre des emplois ou d’exercer des activités illégales.
Ces dernières semaines, des groupes ont mené des contrôles de documents dans certains quartiers et devant des commerces. Le gouvernement sud-africain a demandé l’arrêt de ces opérations. Il rappelle que seuls les agents habilités peuvent vérifier le statut des étrangers.
Les autorités sud-africaines ont aussi annoncé l’arrestation de personnes soupçonnées de se faire passer pour des agents de l’immigration. Certaines auraient procédé à des fouilles illégales et à des actes d’extorsion. La police appelle les habitants à signaler leurs préoccupations sans mener eux-mêmes des contrôles.
Selon Africanews, plus de 160 000 étrangers ont quitté l’Afrique du Sud depuis le mois de mai, dans un contexte de manifestations anti-immigration. Ce chiffre comprend des départs volontaires, des rapatriements organisés et des expulsions administratives.
Pour le Ghana, cette dernière phase doit mettre fin aux évacuations massives financées par l’État. Les futurs cas seront ensuite traités individuellement par les services consulaires. Accra affirme toutefois qu’une assistance restera disponible pour tout citoyen exposé à un danger immédiat.



