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Afrique du Sud : le Nigeria rapatrie 1 490 ressortissants après les violences xénophobes

Le cinquième et dernier vol organisé par le gouvernement est arrivé à Lagos avec 305 personnes, après plusieurs semaines de tensions anti-immigrés.

Le Nigeria a achevé le rapatriement volontaire de 1 490 de ses ressortissants depuis l’Afrique du Sud. L’opération, organisée en cinq vols, faisait suite à plusieurs semaines d’attaques xénophobes et de manifestations hostiles aux immigrés.

Le cinquième et dernier avion est arrivé à Lagos avec 305 personnes en provenance de Johannesburg. Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, les rotations ont commencé le 10 juin 2026 et se sont terminées à la mi-juillet.

Cinq vols organisés pour ramener 1 490 Nigérians

Le gouvernement fédéral a présenté l’opération comme une mesure de protection destinée aux Nigérians qui souhaitaient quitter l’Afrique du Sud. Le dernier groupe a été accueilli à Lagos par des responsables chargés de l’assistance aux ressortissants de retour au pays.

La décision de mettre en place ces vols est intervenue alors que les tensions anti-immigrés gagnaient plusieurs villes sud-africaines. Des groupes locaux ont multiplié les rassemblements et les actions visant des étrangers africains, accusés de prendre des emplois ou de peser sur les services publics.

En juillet, AfrikMag avait déjà rapporté que des manifestants anti-immigrés faisaient du porte-à-porte à Johannesburg. Ce climat a poussé de nombreux ressortissants étrangers à envisager un départ, même lorsqu’ils disposaient de documents réguliers.

Abuja dénonce la xénophobie et les violences

Dans une déclaration rapportée par Africanews, le ministère nigérian des Affaires étrangères a réaffirmé son engagement en faveur de la sécurité et du bien-être de ses citoyens à l’étranger. Il a aussi condamné la xénophobie, l’intolérance raciale et les violences dirigées contre les étrangers.

Les autorités nigérianes ont indiqué vouloir poursuivre le dialogue avec Pretoria. Abuja souhaite que les personnes responsables d’agressions soient identifiées et que des mesures soient prises pour protéger les communautés étrangères.

Le Nigeria a affirmé que deux de ses ressortissants avaient été tués le 28 juin, dans la période précédant un ultimatum informel lancé par des groupes anti-immigration. Cette affirmation reste attribuée au gouvernement nigérian, les circonstances de chaque décès faisant l’objet de récits différents selon les autorités et les organisations locales.

Des biens et des commerces laissés derrière

Le retour de 1 490 personnes ne règle pas toutes les conséquences de la crise. Certaines familles ont abandonné des logements, des commerces ou des biens accumulés pendant plusieurs années. Abuja a fait savoir qu’il demanderait des compensations pour les pertes subies par ses ressortissants.

La question pourrait compliquer les relations entre les deux plus grandes économies d’Afrique subsaharienne. Le Nigeria et l’Afrique du Sud entretiennent des liens commerciaux importants, mais les épisodes récurrents de violences xénophobes alimentent régulièrement des tensions diplomatiques.

Pour les personnes rapatriées, le défi est désormais celui de la réinstallation. Le gouvernement doit faciliter l’accès aux soins, à l’hébergement et aux démarches administratives, puis aider les familles à retrouver une activité économique.

Une crise qui touche plusieurs communautés africaines

Les Nigérians ne sont pas les seuls étrangers à avoir quitté l’Afrique du Sud ces dernières semaines. Des ressortissants du Malawi, du Ghana, du Zimbabwe, du Mozambique et d’autres pays ont également choisi de partir ou ont été renvoyés.

La colère anti-immigrés se nourrit notamment du chômage élevé, de la pauvreté et de la pression sur les services publics. Les étrangers deviennent alors des cibles faciles, même si ces problèmes ont des causes économiques et politiques plus larges.

Le gouvernement sud-africain affirme régulièrement que les violences et les intimidations contre les migrants sont illégales. Sur le terrain, la répétition des campagnes anti-étrangers continue cependant d’inquiéter les communautés africaines installées dans le pays.

Avec l’arrivée du cinquième vol à Lagos, le programme nigérian de rapatriement est officiellement terminé. Abuja assure toutefois qu’il continuera à suivre la situation des Nigérians restés en Afrique du Sud et à échanger avec Pretoria sur leur sécurité.

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