AfriquePolitiqueSénégal

Sénégal : Macky Sall revient à Dakar pour solliciter le soutien de Diomaye Faye à l’ONU

L’ancien président sénégalais a effectué une visite de quelques heures dans la capitale, sa première apparition publique au pays depuis son départ du pouvoir en avril 2024.

Macky Sall a fait son retour à Dakar vendredi 17 juillet 2026 pour une visite de quelques heures. L’ancien président sénégalais a été reçu au palais présidentiel par son successeur, Bassirou Diomaye Faye. Au centre de leur entretien figurait sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.

Cette apparition avait une forte portée symbolique. Il s’agissait du premier retour public de Macky Sall au Sénégal depuis son départ du pouvoir en avril 2024. La rencontre a duré environ une heure, selon plusieurs médias, au cours d’un passage express dans la capitale entre 15 heures et 18 heures.

Macky Sall cherche l’appui officiel du Sénégal

L’ancien chef de l’État veut succéder à António Guterres, dont le mandat à la tête de l’ONU s’achève à la fin de l’année 2026. Sa candidature a été officiellement déposée le 2 mars par le Burundi, qui assurait alors la présidence de l’Union africaine.

Macky Sall a cependant besoin d’un soutien politique clair de son propre pays. C’est dans ce contexte qu’il a rencontré Bassirou Diomaye Faye. Au moment de la rédaction de cet article, la présidence sénégalaise n’avait pas annoncé d’appui officiel à sa candidature.

La démarche intervient après plusieurs mois de campagne internationale. En avril, AfrikMag revenait déjà sur l’audition de Macky Sall dans la course au secrétariat général de l’ONU. Son retour à Dakar ouvre désormais une séquence plus politique, car l’ancien président doit convaincre les autorités arrivées au pouvoir après sa défaite électorale.

Une visite courte mais très observée

Le déplacement a été préparé dans la discrétion. Macky Sall a rejoint le palais présidentiel sans grand rassemblement public, avant de quitter le Sénégal quelques heures plus tard. La brièveté de la visite n’a pas empêché les réactions, notamment sur les réseaux sociaux et dans les rangs de la majorité.

Le face-à-face avec Bassirou Diomaye Faye attire l’attention parce que les deux hommes appartiennent à des périodes politiques opposées. Macky Sall a dirigé le Sénégal pendant douze ans. Bassirou Diomaye Faye a été élu en 2024 après une campagne portée par la rupture avec l’ancien système.

Leur entretien montre néanmoins que les intérêts diplomatiques peuvent dépasser les rivalités nationales. Pour le Sénégal, la candidature d’un ancien président à la tête de l’ONU peut représenter une occasion de renforcer son influence internationale. Pour le pouvoir actuel, tout soutien doit toutefois tenir compte du contexte politique intérieur.

Un retour qui divise l’opinion sénégalaise

Le retour de Macky Sall reste sensible. Ses années au pouvoir ont été marquées par des tensions politiques, des manifestations meurtrières et des arrestations d’opposants. Des responsables du nouveau pouvoir l’accusent aussi d’avoir laissé des finances publiques plus dégradées que les chiffres communiqués auparavant.

Ces accusations n’ont pas débouché, à ce stade, sur une condamnation judiciaire de l’ancien président. Le ministre sénégalais des Forces armées a rappelé avant la visite que Macky Sall ne faisait l’objet d’aucune poursuite ou condamnation qui empêcherait son retour au pays.

Pour ses partisans, son expérience de chef d’État et ses relations internationales en font un candidat crédible pour l’ONU. Pour ses opposants, le Sénégal ne devrait pas soutenir une personnalité dont le bilan national reste contesté. Cette divergence explique la prudence affichée autour de la rencontre.

Une course internationale très disputée

Macky Sall n’est pas seul en lice. Parmi les autres candidatures officielles figurent notamment Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et la diplomate costaricienne Rebeca Grynspan.

Le choix du prochain secrétaire général dépendra d’abord du Conseil de sécurité, puis de l’Assemblée générale des Nations unies. Les cinq membres permanents du Conseil disposent chacun d’un droit de veto. Une candidature africaine doit donc réunir un soutien continental solide tout en restant acceptable pour les grandes puissances.

La visite à Dakar constitue une étape dans cette recherche d’alliances. Macky Sall a demandé l’appui de son successeur, mais le Sénégal n’a pas encore rendu sa décision publique. La réponse de Bassirou Diomaye Faye sera suivie de près, au Sénégal comme dans les capitales africaines.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page