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Gambie: Les malades du Sida que Yahya Jammeh prétendait guérir, que sont-ils devenus?

Alors qu’il était encore président de la Gambie, Yahya Jammeh s’était autoproclamé guérisseur du VIH Sida. L’ex-président gambien utilisait des potions vertes, parfois jaunes, mélangées à du lait ou du miel qu’il faisait boire à ses patients. Chaque malade pouvait recevoir une bouteille d’un litre et demi de ladite potion. Des ingrédients mystérieux mais très amers. C’est en quelque sorte les caractéristiques des « remèdes » concoctés par l’ex-président gambien Yahya Jammeh. Pendant près de 10 ans, ce sont un peu plus de 9000 patients qui sont passés par les portes de la  « maison de verre » ce centre où le dictateur déchu administrait ses prétendus soins.  La plupart des malades traités dans le centre sont toujours séropositifs. Des centaines d’entre eux n’en sortiront pas vivants, victimes d’infections ou succombant après avoir obéi aux instructions présidentielles les contraignant à interrompre leur traitement antirétroviral. Un an après la fin du règne de Jammeh, exilé en Guinée équatoriale, les langues de quelques survivants se délient « Ce sont des personnes malades et les abus qu’elles ont subis continuent d’avoir des conséquences aujourd’hui. Il faut absolument qu’elles soient entendues, et ce de manière urgente » explique Sarah Bosha, chargée de la Gambie pour l’ONG AIDS-Free World Un groupe d’organisations soutenant les victimes du « traitement miracle » de Yahya Jammeh contre le sida, ont lancé l’initiative « Jammeh to justice » en Octobre 2017. Il s’agissait d’une campagne pour que l’ancien président soit jugé pour les crimes commis durant son mandat. Car si le centre de traitement controversé est aujourd’hui fermé, ses anciens pensionnaires sont toujours hantés par les expérimentations qu’ils y ont subies. Et visiblement la guérison n’a pas été au rendez-vous.

Oscar Mbena

Bonjour, je suis Oscar MBENA. Je vous invite à lire mes articles sur l'actualité politique, les faits de société, le sport, la santé et la culture.   oscarborel@afrikmag.com

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