
L’ancienne vice-présidente du Liberia Jewel Howard-Taylor a été inculpée dans une enquête visant un réseau transnational de stupéfiants. La responsable politique a été interceptée mercredi 19 août à l’aéroport international Roberts, alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays.
Des accusations de trafic de drogue et de blanchiment
Le ministère libérien de la Justice affirme que Jewel Howard-Taylor fait face à plusieurs chefs d’accusation, dont le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et l’importation sans autorisation de substances contrôlées.
La liste communiquée par les autorités comprend aussi la vente, la distribution et le transport présumés de produits interdits. Des accusations de sollicitation criminelle, de facilitation et de complot ont également été annoncées.
Après son interpellation à l’aéroport, l’ancienne dirigeante a été conduite au siège de la police nationale. Son avocat a indiqué avoir rencontré sa cliente, mais a expliqué qu’il ne pourrait organiser sa défense qu’après avoir reçu les documents officiels détaillant les poursuites.
À ce stade, ces accusations ne constituent pas une condamnation. Jewel Howard-Taylor reste présumée innocente tant que la justice n’a pas établi sa responsabilité.
Trois étrangers également recherchés
Trois ressortissants étrangers ont été inculpés en leur absence dans la même enquête. Il s’agit de deux Croates et d’un Ukrainien, présentés par les autorités comme des membres présumés du réseau.
Le gouvernement libérien assure qu’il utilisera les voies nationales et internationales pour tenter de les localiser et de les arrêter. Le ministre de la Justice a promis qu’aucune protection politique ne serait accordée aux personnes contre lesquelles des éléments recevables seraient réunis.
Cette affaire intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest. En juillet, le Liberia avait annoncé une saisie record évaluée à plusieurs centaines de millions de dollars. Les autorités n’ont toutefois pas établi publiquement que les poursuites contre Jewel Howard-Taylor étaient juridiquement liées à cette précédente opération.
Une ancienne numéro deux du pays
Jewel Howard-Taylor, âgée de 63 ans, a occupé la vice-présidence du Liberia de janvier 2018 à janvier 2024 aux côtés de George Weah. Elle avait auparavant siégé au Sénat et dirigé la Banque centrale du pays.
Son parcours politique est aussi associé à son ancien époux, Charles Taylor. L’ex-président libérien a été condamné par une juridiction internationale pour avoir soutenu des groupes rebelles responsables d’atrocités pendant la guerre civile en Sierra Leone.
Lors de l’arrivée au pouvoir de George Weah, la place de Jewel Howard-Taylor dans le nouvel exécutif avait déjà suscité beaucoup d’attention. AfrikMag revenait alors sur les relations entre le président et sa vice-présidente.
Une affaire sensible pour le Liberia
L’inculpation d’une ancienne vice-présidente place désormais la justice libérienne sous forte pression. Les autorités devront démontrer que l’enquête repose sur des preuves solides et qu’elle respecte les droits de toutes les personnes mises en cause.
Le dossier pourrait également provoquer de vives tensions politiques. Jewel Howard-Taylor conserve une influence importante et ses soutiens pourraient dénoncer une procédure motivée par des rivalités internes.
La prochaine étape attendue est la présentation formelle des charges devant la justice. Elle permettra à la défense de répondre aux accusations et de contester les éléments réunis par les enquêteurs.



