
Le Zimbabwe a sollicité le soutien de l’un de ses hommes d’affaires les plus riches, Kudakwashe Tagwirei, pour financer une opération d’urgence visant à rapatrier des milliers de ses citoyens d’Afrique du Sud, alors que la montée des tensions anti-immigrés met en évidence les limites des capacités de rapatriement du pays.
Tagwirei et son épouse, Sandra, ont promis 1 million de dollars par le biais de la Bridging Gaps Foundation pour financer le retour d’urgence de près de 20 000 Zimbabwéens. Cet argent devrait servir à financer des bus transportant les rapatriés des villes sud-africaines jusqu’au poste frontière de Beitbridge, puis vers les communautés à travers le Zimbabwe.
Le ministère zimbabwéen des Collectivités locales et des Travaux publics a officiellement accepté le don dans une lettre datée du 26 juin, demandant à la fondation d’acquérir les bus et de coordonner la logistique de l’opération, y compris le transport en Afrique du Sud et les services au poste frontière de Beitbridge.
Si elle était pleinement mise en œuvre, cette initiative permettrait d’accroître considérablement la capacité du Zimbabwe à répondre à l’une des plus importantes vagues de retours volontaires en provenance d’Afrique du Sud ces dernières années.
Cette intervention survient alors que des centaines de Zimbabwéens se sont rassemblés devant le consulat de leur pays au Cap, beaucoup dormant dehors depuis des jours en attendant d’être pris en charge pour un transport organisé par le gouvernement afin de rentrer chez eux, après que les craintes de violence se soient intensifiées avant une mobilisation anti-immigrants non officielle prévue le 30 juin.
Reuters a rapporté que les autorités du Cap ont commencé à reloger les migrants bloqués dans des hébergements temporaires, alors que la pression augmentait sur les missions diplomatiques et les services d’immigration.
La crise s’est étendue au-delà du Zimbabwe. Le Malawi, le Mozambique et plusieurs autres pays africains ont également mobilisé une aide pour leurs citoyens cherchant à quitter l’Afrique du Sud, illustrant comment la résurgence du sentiment anti-immigrés dans l’économie la plus industrialisée d’Afrique devient un défi humanitaire et diplomatique régional croissant.
Ces vingt dernières années, des millions de Zimbabwéens ont émigré vers le sud en quête de travail, tandis que le Zimbabwe était confronté à l’instabilité économique, à des crises monétaires et à un chômage élevé. Leurs envois de fonds sont devenus une source importante de revenus pour les ménages et de devises étrangères pour leurs familles restées au pays.
L’augmentation soudaine du nombre de personnes rapatriées pose donc un double défi à Harare : transporter les citoyens en toute sécurité tout en se préparant aux pressions économiques et sociales qui accompagnent un rapatriement à grande échelle.



