RDC : les États-Unis et la Suisse relancent la médiation avec l’AFC/M23
Washington et Berne tentent de relancer un processus fragilisé par les combats, les blocages de Doha et la bataille autour de Rubaya.
La médiation autour du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo reprend de l’intensité. Des délégués américains et suisses se sont rendus dans la région pour tenter de faire avancer les discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23, dans un contexte toujours marqué par les combats, les blocages diplomatiques et les tensions autour des ressources minières.
Cette nouvelle séquence intervient après un round de négociations jugé mitigé en Suisse, à la mi-avril 2026. La semaine dernière, des représentants américains et suisses avaient déjà rencontré les négociateurs de la RDC à Kinshasa pour faire le point sur les deux protocoles signés à Doha.
Le constat reste préoccupant : la libération des prisonniers n’avance pas comme prévu et le cessez-le-feu n’est toujours pas respecté sur le terrain. Malgré les engagements pris, l’est du pays continue de vivre au rythme des affrontements et des déplacements de populations.
Deux jours de réunions à la frontière rwandaise
Les délégués suisses devaient se rendre à Goma, dans le Nord-Kivu. Ils se sont finalement arrêtés à Gisenyi, côté rwandais, en raison des craintes liées à la situation sanitaire. Les représentants de l’AFC/M23 ont traversé la frontière pour les rejoindre.
Les échanges ont duré deux jours, les 26 et 27 mai 2026. Pour Washington, l’objectif est de pousser à une implication plus forte de la Suisse dans le processus. Les États-Unis veulent maintenir la pression diplomatique, alors que les engagements signés restent fragiles et que la méfiance entre les parties demeure élevée.
À Kinshasa, cette médiation est suivie avec attention. Les autorités congolaises cherchent à obtenir des garanties concrètes, notamment sur la fin des combats et le respect des accords déjà négociés. Mais sur le terrain, les signaux restent contradictoires.
Rubaya au cœur des tensions
Un point revient avec insistance dans les discussions : le site minier de Rubaya, situé dans le Masisi, au Nord-Kivu. Cette zone est stratégique à cause de ses ressources, dans une région où les minerais alimentent depuis des années les intérêts politiques, économiques et militaires.
Les États-Unis s’intéressent aussi à Rubaya dans le cadre des accords miniers conclus avec Kinshasa. De son côté, l’AFC/M23 s’est déjà dit disposé à discuter directement avec Washington de la gestion du site. Cette position ajoute une dimension économique à un processus présenté d’abord comme sécuritaire et politique.
Pendant que les diplomates discutent, les opérations militaires se poursuivent. L’armée congolaise mène une offensive autour de Rubaya, au sol et dans les airs. Des attaques de drones ont causé des victimes civiles et des dégâts matériels, ce qui renforce la pression sur les médiateurs.
Une paix encore loin d’être acquise
La crise dans l’est de la RDC dure depuis plus de trois décennies, avec la présence de nombreux groupes armés dans une région frontalière du Rwanda et riche en ressources. Les violences se sont intensifiées depuis la résurgence du M23, qui a pris Goma en janvier 2025 puis Bukavu en février 2025.
Un accord entre les gouvernements congolais et rwandais a été signé à Washington en juin 2025. Une déclaration de principe avec le M23 a ensuite été signée au Qatar en juillet 2025, avec l’objectif d’un cessez-le-feu permanent. Mais ces textes n’ont pas suffi à ramener le calme.
Cette nouvelle implication américaine et suisse montre que la communauté internationale veut éviter l’enlisement. Mais la situation reste explosive. Tant que les armes parlent autour de Rubaya, Goma et d’autres zones du Nord-Kivu, les discussions auront du mal à convaincre les populations qui attendent d’abord une chose : la fin des violences.



