À la UneR.D CongoShowbiz

Rumba: Madilu System, 15 ans après sa mort, retour sur la carrière d’un artiste hors pair

Mort le 11 août 2007 dans son pays, la République Démocratique du Congo, Madilu System aura marqué son temps. Ce chanteur qui a fait les beaux jours du Tout-Puissant OK JAZZ de Luambo Makiadi est naturellement considéré comme le digne successeur du Grand Maitre. Retour sur la carrière de l’un des monstres sacrés de la Rumba Congolaise.

« Le Grand Ninja »,  » Le Grand Pharaon », « MultiSystèmes », l’Héritier du Trône »,  » Le père de la Nation de la Rumba Congolaise », autant de surnoms qui ont jalonné la vie et la carrière de Madilu System, l’artiste congolais dont la voix unique restera à jamais gravée dans les esprits de férus de ce rythme musical qui fait la fierté de la RDC.

Madilu System, c’est cette voix suave qui a fait de la chanson  » Mario » en 1985, le plus grand succès musical de Luambo Makiadi alias Franco. Ce duo inédit a gravé dans du marbre des chansons intemporelles dans les cœurs des mélomanes congolais et africains. Pour y arriver, Madilu a dû connaitre un parcours carrément atypique.

Né le 28 mai 1952 à Kisantu, dans la Province du Kongo Central, Jean de Dieu Bialu Makiese, dit « Madilu System », fait ses premiers pas dans la musique en 1970. Il officie comme chanteur au sein de l’orchestre Bamboula de Papa Noël Nedule. Quelques temps après, il monte, avec Yosha et Pindu, le groupe Bakuba Mayopi. Le succès n’y est pas encore, mais l’homme se forme et se forge.

Selon ses hagiographes, Madilu est subjugué à l’époque par la voix de l’artiste Sam Mangwana. Il s’arrange par un stratagème à le rencontrer en se liant d’amitié avec le domestique de cette star de l’époque. A force d’insister, Madilu va intégrer l’un des orchestres phares de l’époque, l’Afrisa International de Tabuley Rochereau. Mais l’expérience tournera court. Madilu n’accroche pas Tabu Ley.

Econduit, il quitte sans gloire l’Afrisa International. C’est peut-être un mal pour un bien. Et la suite de sa carrière va le démontrer. Madilu atterrit chez Franco, le patron du TPOK JAZZ. Très vite, Franco décèle en lui un talent que n’avait curieusement pas vu Tabu Ley. C’est l’envol de sa carrière de chanteur. Madilu va se poser et s’imposer dans un ensemble qui regorge déjà de pépites vocales au micro.

Aux côtés de Ntesa Dalienst, Kiambukuta Josky, Pepe Ndombe, Youlou Mabiala, Wuta Mayi, Djo Mpoyi, Madilu System évolue avec aisance. Une aisance au micro et une voix exquise qui marquent durablement le maitre du OK JAZZ…Et puis se produit un évènement qui va accélérer l’intronisation de Madilu au sein de l’orchestre. Franco qui se trouve en Belgique avec ses musiciens écrit une chanson.


Pour ce faire, il a besoin d’un chanteur pour enregistrer la mélodie sur magnétophone. En cette année 1983, Madilu va frapper fort. Franco va à l’hôtel de ses chanteurs et tombe inopinément sur Madilu qui s’apprêtait à prendre à quitter le groupe. Madilu enrégistre et c’est Pauline Masuba, la femme de Franco à qui il fait écouter l’enregistrement qui insiste pour que ce soit le nouveauvenu qui interprète la chanson en studio.

C’est le déclic. Madilu est lancé comme une fusée. A partir de la chanson « Libala Non », il enchaîne les duos avec Franco dont il dévient le binôme devant de grosses pointures comme ceux cités plus haut. Madilu va satisfaire les attentes de Franco et conquérir les cœurs. Désormais, il ne fait plus aucun doute, c’est un chanteur reconnu de tous. Sa voix fluette sur le titre  » Mario » fera de cette chanson un succès sans précédent.

A la mort de Franco, Madilu va entamer une carrière solo, vu la division de l’OKJAZZ. C’est la confirmation de tout son talent. Il multiplie les titres à succès dont  » Frère Edouard »,  » Si je savais ça », « Aminata »,  » Bonheur ». Il est au sommet de son art, lorsqu’il meurt le 11 août 2007 à Kinshasa. Celui qui se surnommait  » l’Héritier du Trône », a laissé une importante œuvre discographique reprise souvent par Ferre Gola et Fally Ipupa.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page