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Tanzanie : les meetings politiques interdits avant les manifestations Gen-Z

Les autorités invoquent des raisons de sécurité, tandis que l’opposition et des juristes contestent une décision jugée contraire aux libertés politiques.

La Tanzanie traverse une nouvelle zone de tension politique. Le gouvernement a interdit les meetings politiques dans tout le pays, à quelques jours de manifestations annoncées par des jeunes contre le climat post-électoral et la détention de l’opposant Tundu Lissu.

La décision a été annoncée par le ministre de l’Intérieur, Patrobas Katambi. Il a demandé à l’inspecteur général de la police de ne plus délivrer d’autorisations pour les activités politiques publiques, en invoquant des préoccupations sécuritaires.

Une interdiction avant les protestations du 7 juillet

Les rassemblements visés interviennent alors que des jeunes Tanzaniens, très mobilisés sur les réseaux sociaux, prévoient de manifester le 7 juillet. Leur mot d’ordre porte notamment sur les réformes démocratiques, une nouvelle Constitution et la contestation de la réélection de la présidente Samia Suluhu Hassan.

Le mouvement demande aussi la libération de Tundu Lissu, figure majeure de l’opposition. Le dirigeant du Chadema fait face à des accusations de trahison après avoir appelé à des réformes avant les dernières élections.

La police a déjà arrêté plusieurs personnes présentées comme liées à l’organisation des manifestations. Les autorités disent vouloir éviter des troubles, dans un pays encore marqué par les violences qui ont suivi le scrutin contesté de 2025.

Tanzanie : les meetings politiques interdits avant les manifestations Gen-Z

L’opposition dénonce une décision politique

Pour les partis d’opposition et plusieurs voix de la société civile, cette interdiction ressemble surtout à une tentative de bloquer la rue. Le Chadema et d’autres formations estiment que les réunions publiques relèvent des droits politiques garantis par la loi.

La Tanzania Law Society a également contesté la mesure. Son président, Boniface Mwabukusi, affirme que le gouvernement n’a pas le pouvoir d’interdire des réunions légalement autorisées.

Cette séquence est d’autant plus sensible que Samia Suluhu Hassan avait levé, en 2023, une interdiction des rassemblements politiques imposée pendant plusieurs années. À l’époque, ce geste avait été salué comme un signe d’ouverture.

Un climat de plus en plus tendu

Depuis les dernières élections, la Tanzanie est observée de près par les défenseurs des droits humains. L’opposition accuse le pouvoir de réduire l’espace démocratique, tandis que le gouvernement affirme agir pour préserver la stabilité du pays.

Les jeunes mobilisés disent vouloir obtenir des comptes sur les violences post-électorales, qui auraient fait plusieurs centaines de morts selon des chiffres cités par des organisations et des médias internationaux. Ils réclament aussi la fin des enlèvements et intimidations visant des critiques du pouvoir.

Pour l’instant, il n’est pas certain que les manifestations annoncées auront lieu malgré l’interdiction. Mais la décision du gouvernement a déjà renforcé le bras de fer entre les autorités, l’opposition et une génération qui veut peser davantage dans la vie politique du pays.

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