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19 septembre 2002/ Le dernier message de Boga Doudou à Lida, le Général Doué injoignable… Ce qu’il s’est passé avant l’attaque (2)

Il y avait des rumeurs d’une attaque imminente de l’Etat de Côte d’Ivoire par des assaillants entrainés au Burkina Faso. Revenu de France le 18 septembre 2002, le ministre Boga Doudou fait un point de situation à son collègue Lida Kouassi. Il l’informe que des assaillants s’apprêtent à fondre sur leur régime. Lida Kouassi va prendre des dispositions rapidement mais il était déjà trop tard et les rebelles avaient déjà investis Abidjan. Lorsqu’il veut joindre le chef d’Etat-Major Doué Mathias pour coordonner les actions sécuritaires, ce dernier sera aux abonnés absents, jusqu’au lendemain de l’attaque… Témoignage.

« Prosper Sia Popo est effectivement remis aux autorités judiciaires ivoiriennes, le mardi 17 septembre. Pendant ce temps, le Président de la République se trouve déjà à Rome en Italie et le ministre d’Etat Boga Doudou termine à Paris sa rencontre avec son homologue burkinabé Djibril Bassolé. Lorsque mon collègue de l’Intérieur regagne Abidjan le mercredi 18 septembre 2002, il est 19 heures. Il me téléphone aussitôt vers 20 heures pour m’annoncer son retour. Il m’informe par la même occasion qu’il a reçu lors de son départ de Paris, des renseignements selon lesquels un nouveau coup de force contre notre régime serait imminent. A la question de savoir qui est derrière ce coup de force, il répond qu’il s’agirait, selon ses informations, d’une coalition d’éléments factieux, proches du Général Guéï et du mentor du Rdr.

Sur le champ, nous convenons donc de prendre, chacun de son côté, des mesures d’urgence pour sécuriser la ville d’Abidjan durant la nuit. Nous convenons également de réunir dès le lendemain matin les différents commandants des forces pour étudier et mettre en oeuvre des mesures de sécurité globale. Je tente immédiatement de joindre au téléphone le Chef d’état-major Mathias Doué, en vain. Malgré mon insistance, celui-ci n’est ni joignable ni localisable. Je parviens cependant à entrer en contact avec le Général Bombet Denis, commandant des forces terrestres, à qui je transmets les renseignements reçus. Je recommande à ce dernier de mettre immédiatement en alerte les unités combattantes d’Abidjan et de les consigner dans leurs casernes.

Je donne également au commandant supérieur de la gendarmerie, le Général Touvoli Bi Zogbo, instruction de renforcer, pendant la nuit, les patrouilles mixtes avec la police dans la ville d’Abidjan. Vers 21h 45, j’entreprends de faire le tour de quelques quartiers d’Abidjan pour m’assurer que tout est bien en ordre et que les patrouilles mixtes se mettent en place. Je regagne mon domicile aux environs de 23h 45 et, rassuré, je libère les éléments de ma garde rapprochée à l’exception du Mdl Akpélé. Avec ce dernier, sont présents à mon domicile pour assurer la faction de nuit, les éléments militaires suivants »

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