
Depuis le 18 janvier 2026, 18 supporters sénégalais croupissent dans les geôles marocaines. Arrêtés dans la nuit de la finale de la CAN 2025, accusés de hooliganisme, de violences et de dégradations, ils contestent les faits qui leur sont reprochés. Ce lundi 30 mars, leur procès en appel se tient à Rabat. Leur sort est fixé aujourd’hui.
Mais au-delà du verdict qui s’annonce, c’est l’état dans lequel se trouvent ces supporters qui alarme leurs proches au Sénégal. L’ASC Lebougui Dangou de Rufisque a publié un communiqué aux termes sévères : des détenus malades peinent à recevoir des soins adaptés, des appels à l’aide restent sans réponse, et certains ont décidé de refuser tout traitement. L’association avertit que «des morts pourraient survenir si rien n’est fait».
Une nuit de finale qui a tout basculé
Le 18 janvier 2026, le Sénégal battait le Maroc 1-0 au terme d’une finale intense et très disputée. Après le coup de sifflet final, des incidents ont éclaté aux abords du stade de Rabat. Les autorités marocaines ont procédé à l’arrestation de 18 supporters sénégalais, poursuivis pour hooliganisme, jets de projectiles et dégradations de biens.
En première instance, neuf d’entre eux ont été condamnés à un an de prison ferme, assortie d’une amende d’environ 300 000 FCFA chacun. Les autres ont écopé de peines moins lourdes, mais tous sont restés derrière les barreaux depuis ce soir de janvier. Deux mois et demi de détention, loin de leurs familles.
Des conditions de détention alarmantes
Ce qui préoccupe le plus leurs proches, c’est l’état sanitaire des détenus. Selon le communiqué de l’ASC Lebougui Dangou de Rufisque, association de Rufisque qui suit de près cette affaire, plusieurs supporters sont «gravement malades». Pire, au lieu de recevoir les soins adaptés, ils recevraient des médicaments «qui les font dormir». Leurs appels à être emmenés à l’infirmerie ou à l’hôpital seraient ignorés par le personnel pénitentiaire.
Face à cette situation, certains ont décidé de refuser tout traitement médical. L’association écrit que les détenus «refusent désormais catégoriquement ces médicaments» et préviennent que des morts pourraient survenir si l’État sénégalais et les autorités compétentes n’interviennent pas de toute urgence.
Un appel reporté, une attente interminable
Le procès en appel avait d’abord débuté le 16 mars à Rabat. Il a été reporté au 30 mars, à la demande de la défense. Aujourd’hui, les 18 supporters sont censés être fixés sur leur sort. La question est simple : sont-ils libérés, leur peine est-elle réduite ou confirmée ?
Pour leurs familles, chaque journée qui passe est une épreuve. Pour leurs avocats, l’enjeu de cet appel dépasse le cadre judiciaire : il touche à la dignité de ressortissants sénégalais détenus dans un pays voisin, dans des conditions que leur propre État peine à améliorer.
Une affaire qui dépasse le football
Cette affaire s’inscrit dans un contexte diplomatique particulier. La finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal est elle-même au coeur d’une polémique : la CAF a depuis retiré le titre au Sénégal pour lui attribuer au Maroc sur tapis vert, une décision contestée devant le Tribunal Arbitral du Sport. La tension entre les deux pays autour de cette CAN est donc loin d’être apaisée.
Pendant que les instances sportives se battent devant les tribunaux, 18 hommes attendent, dans une prison marocaine, qu’on leur rende leur liberté. Aujourd’hui, ils ont peut-être un peu plus d’espoir.



