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BAD à Brazzaville : l’Afrique cherche 400 milliards $ par an

Plus de 3 000 délégués sont attendus dans la capitale congolaise pour discuter du financement du développement africain.

Brazzaville devient, cette semaine, l’un des centres de décision économique du continent. Les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiennent du 25 au 29 mai dans la capitale congolaise, avec un enjeu majeur : trouver les moyens de financer le développement africain dans un contexte mondial de plus en plus tendu.

Plus de 3 000 délégués sont attendus à ce rendez-vous, qui réunit gouverneurs, ministres des Finances, responsables de banques centrales, acteurs du secteur privé, chercheurs, société civile et médias. Les travaux se déroulent au Centre international de conférence de Kintélé.

Un thème centré sur le financement

Le thème retenu résume l’urgence du moment : mobiliser des ressources à grande échelle pour financer le développement de l’Afrique dans un monde fragmenté. Derrière cette formule, une réalité s’impose : le continent a besoin de capitaux massifs, stables et moins coûteux.

Les besoins sont énormes. Les discussions portent notamment sur un déficit de financement du développement estimé à 400 milliards de dollars par an. Cette somme est jugée nécessaire pour accélérer les investissements dans l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’adaptation climatique et l’emploi.

La question centrale est simple : comment l’Afrique peut-elle mobiliser davantage ses propres ressources, au lieu de dépendre principalement de financements extérieurs devenus plus rares, plus chers et plus incertains ?

Brazzaville au cœur des débats africains

Pour le Congo, accueillir ces Assemblées annuelles est un signal diplomatique et économique fort. Brazzaville reçoit les 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, couplées à la 52e Assemblée annuelle du Fonds africain de développement.

Durant cinq jours, les Conseils des gouverneurs doivent examiner les performances de l’institution, évaluer les priorités de l’année écoulée et définir les orientations stratégiques pour les prochaines années.

Le choix de Brazzaville met aussi en lumière le rôle des pays hôtes dans la construction d’une nouvelle dynamique financière africaine. Le Congo espère notamment que cette vitrine favorisera davantage de projets et d’investissements, y compris dans le secteur privé.

Une nouvelle architecture financière africaine

L’un des sujets attendus concerne la mobilisation de l’épargne africaine. Le continent dispose de ressources importantes, notamment dans les fonds de pension, les fonds souverains et d’autres mécanismes d’épargne, mais ces ressources restent souvent dispersées.

L’objectif affiché est de mieux les organiser pour financer des projets concrets, rentables et utiles aux populations. Cette approche vise à renforcer la souveraineté financière du continent, tout en attirant des capitaux vers les secteurs qui créent de l’emploi et améliorent les conditions de vie.

Les Assemblées de Brazzaville seront aussi les premières sous la présidence de Sidi Ould Tah, neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement. Son mandat s’ouvre dans un contexte où les pays africains cherchent à reprendre la main sur leur financement.

Un rapport économique très attendu

Un autre temps fort est prévu le 26 mai avec le lancement de l’édition 2026 des Perspectives économiques en Afrique. Ce rapport doit présenter des données et projections sur la croissance, les risques et les opportunités dans les différentes régions du continent.

Pour les gouvernements, les investisseurs et les institutions financières, ce document est suivi de près. Il peut influencer les choix de politiques publiques, les priorités d’investissement et la lecture des perspectives économiques africaines.

À Brazzaville, le message est donc clair : l’Afrique ne veut plus seulement parler de ses besoins. Elle cherche à bâtir les outils pour financer elle-même une plus grande partie de son avenir.

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