
Le Soudan du Sud devait célébrer un anniversaire historique. Quinze ans après son indépendance, proclamée le 9 juillet 2011, le plus jeune pays du monde marque pourtant cette date dans une atmosphère sombre, entre crise économique, tensions politiques et violences persistantes.
Selon The EastAfrican, les autorités ont réduit les grandes célébrations nationales faute de moyens. Juba reste le centre des cérémonies officielles, mais les États et zones administratives ont été invités à organiser localement des levées de drapeau et des activités culturelles.
Un anniversaire sans vraie fête nationale
La ministre de la Culture, Sarah Nyanath Elijah, a reconnu que son ministère ne pouvait pas financer des célébrations dans tout le pays. Elle a toutefois appelé les Sud-Soudanais à marquer la journée dans leurs communautés.
Le président Salva Kiir Mayardit devait s’adresser à la nation à l’occasion de cette fête de l’indépendance. Mais le contraste est fort : le pays né d’un référendum massif pour se séparer du Soudan n’a presque jamais connu la stabilité promise à sa naissance.
Après l’indépendance, le Soudan du Sud a sombré dans une guerre civile dès 2013. Un accord de paix revitalisé signé en 2018 avait permis d’espérer une sortie de crise, avec Riek Machar revenu dans le jeu politique comme premier vice-président.
Machar écarté, les tensions repartent
Mais l’équilibre reste fragile. The EastAfrican rappelle que Riek Machar a été placé en résidence surveillée en mars, puis poursuivi pour trahison avec plusieurs alliés du SPLM-IO. Il a aussi été suspendu de ses fonctions de premier vice-président.
Ce dossier nourrit de fortes tensions politiques. Des organisations régionales comme l’Union africaine et l’IGAD suivent la situation de près, tandis que Juba affirme que Machar aurait eu une influence sur des milices liées à son camp.
Sur le terrain, la situation sécuritaire reste préoccupante. La mission de l’ONU au Soudan du Sud, UNMISS, a signalé une forte hausse des violences contre les civils au début de 2026. De nouveaux combats ont encore été rapportés dans l’État de Jonglei.
Une crise humanitaire qui pèse sur le pays
À cette instabilité s’ajoute une crise humanitaire profonde. The EastAfrican parle de difficultés économiques sévères, d’un processus de paix sous pression et d’élections encore incertaines, alors que Salva Kiir maintient l’objectif d’un scrutin en décembre 2026.
Dans son message pour l’anniversaire, Anita Kiki Gbeho, cheffe de l’UNMISS, a appelé les dirigeants et les citoyens à renouveler leur engagement en faveur du dialogue, de la justice et de l’unité.
Pour beaucoup de Sud-Soudanais, ce 15e anniversaire est donc moins une fête qu’un rappel brutal. Le pays a gagné son indépendance, mais il cherche encore la paix, la sécurité et les institutions capables de donner un vrai sens à cette liberté.



