Cuba : des avions et drones américains inquiètent La Havane
Les vols de surveillance américains se multiplient autour de l’île dans un climat de forte tension avec Washington.
Les tensions entre Washington et La Havane montent d’un cran. Des avions militaires américains et des drones auraient multiplié les vols de surveillance autour de Cuba ces derniers mois, dans un contexte de pression politique et militaire accrue sur l’île.
Selon des données de suivi aérien citées par plusieurs médias, les appareils américains auraient accumulé plus de 150 heures de surveillance autour de Cuba depuis le 4 février 2026. Plus de 20 missions de reconnaissance auraient été repérées, avec des vols parfois menés à moins de 64 kilomètres des côtes cubaines.
Des avions et drones près de Cuba
Les appareils mentionnés comprennent notamment le P-8A Poseidon, utilisé pour la patrouille maritime, le RC-135V Rivet Joint, spécialisé dans le renseignement électronique, ainsi que le drone MQ-4C Triton, capable de voler à haute altitude sur de longues distances.
Ces vols se concentreraient surtout autour de La Havane et de Santiago de Cuba. Une partie des missions serait partie de la région de Jacksonville, en Floride, ce qui place Cuba dans un périmètre de surveillance très proche des bases américaines.
Le caractère visible de ces vols attire l’attention. Dans ce type d’opération, la discrétion est souvent la règle. Ici, plusieurs experts estiment que Washington cherche aussi à envoyer un message politique à La Havane.
Washington parle de pression, pas d’attaque
Un responsable militaire américain cité dans la presse affirme que ces vols ne signaleraient pas forcément une opération militaire imminente. Leur objectif serait plutôt de renforcer la pression politique et économique sur le régime cubain.
Mais cette explication ne dissipe pas toutes les inquiétudes. Le schéma rappelle, selon certains observateurs, des phases de collecte de renseignement déjà observées avant d’autres crises militaires récentes. À Cuba, cette accumulation de vols nourrit donc la méfiance.
La situation intervient aussi après des informations selon lesquelles Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires auprès de la Russie et de l’Iran depuis 2023. Des responsables cubains auraient même discuté de scénarios d’utilisation de drones en cas d’hostilités, notamment autour de Guantanamo, de navires américains ou de la Floride.
La Havane dénonce une stratégie dangereuse
Les autorités cubaines rejettent fortement ces accusations et dénoncent une stratégie de communication calculée. Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, a accusé les États-Unis de faire monter artificiellement la tension et a mis en garde contre le risque d’un bain de sang.
L’Institut cubain de l’aviation civile a aussi rappelé la souveraineté aérienne du pays, en s’appuyant sur la Convention de Chicago. Le message est clair : La Havane considère que ces vols s’inscrivent dans une pression directe contre Cuba.
Le contexte est déjà explosif. Washington a durci ses sanctions contre l’île, tandis que les restrictions sur les flux pétroliers aggravent les pénuries et les coupures d’électricité. Dans certaines zones, les habitants feraient face à de très longues interruptions de courant.
Une crise qui rappelle de vieux fantômes
Pour Cuba, ces vols ravivent une mémoire sensible. L’île reste marquée par la crise des missiles de 1962 et par des décennies de bras de fer avec les États-Unis. Chaque mouvement militaire américain dans la région est donc observé avec une attention extrême.
Washington, de son côté, affirme surveiller les risques liés aux drones, aux liens militaires de Cuba avec Moscou et Téhéran, ainsi qu’à la présence de soldats cubains aux côtés de la Russie en Ukraine.
Pour l’instant, aucune attaque n’est annoncée et les autorités américaines ne parlent pas d’une menace immédiate. Mais l’intensification des vols militaires autour de Cuba suffit à relancer une question lourde : jusqu’où ira cette nouvelle confrontation entre les États-Unis et La Havane ?



