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Les 10 pays africains les plus dépendants du pétrole du détroit d’Ormuz

Les 10 pays africains les plus dépendants du pétrole du détroit d'Ormuz

Plusieurs économies africaines restent fortement exposées à la volatilité des marchés pétroliers mondiaux en raison de leur dépendance aux importations transitant par le détroit d’Ormuz, l’un des points de passage énergétiques les plus critiques au monde.

Toute perturbation sur cette voie navigable étroite peut rapidement se répercuter sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, faisant grimper les prix du carburant et exposant les économies dépendantes des importations à des chocs soudains.

Pour de nombreux pays africains, notamment les plus petites économies et les plus ouvertes, cette dépendance n’est pas abstraite. Elle se traduit concrètement par des factures d’importation de carburant plus élevées, des pressions inflationnistes et un durcissement des conditions budgétaires lorsque les prix mondiaux augmentent.

Selon les données de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), plusieurs États africains s’approvisionnent en grande partie en pétrole dans la région d’Ormuz, ce qui les rend vulnérables à la volatilité de l’un des corridors énergétiques les plus sensibles au monde.

Au-delà de l’Afrique, les risques sont encore plus importants. Des perturbations dans le détroit d’Ormuz pourraient placer les économies vulnérables du monde entier en première ligne d’un choc énergétique. Sur 75 économies, dont les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID), 65 dépendent du pétrole importé, ce qui les rend particulièrement sensibles aux flambées des prix.

Les 10 pays africains les plus dépendants du pétrole du détroit d'Ormuz

Dans ces pays, la hausse des coûts de l’énergie impose des choix difficiles entre le financement des importations de carburant et celui des services publics essentiels tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. La CNUCED estime que ces pressions pourraient toucher près d’un milliard de personnes dans le monde, aggravant ainsi les vulnérabilités structurelles existantes dans des économies déjà fragiles.

Sans mesures d’atténuation ou une plus grande diversification énergétique, de tels chocs risquent de renforcer les faiblesses structurelles de longue date des économies dépendantes des importations, en particulier celles qui disposent de marges de manœuvre budgétaires limitées et qui dépendent fortement des chaînes d’approvisionnement en carburant externes.

Les données mettent en évidence une concentration frappante de la dépendance parmi les petites économies insulaires et les États enclavés, où la production nationale limitée et les capacités de raffinage les obligent à dépendre des produits pétroliers raffinés importés, acheminés par les plateformes commerciales mondiales liées au Golfe.

Les Seychelles se distinguent comme le pays le plus exposé, dépendant presque totalement des importations de pétrole en provenance du détroit d’Ormuz. Maurice et la Tanzanie présentent également des niveaux d’exposition élevés, supérieurs à 50 %, illustrant la vulnérabilité des économies axées sur le tourisme et les importations face aux chocs énergétiques externes.

Les conséquences de cette dépendance vont bien au-delà de la sécurité d’approvisionnement. La CNUCED estime qu’une hausse de 50 % des prix du pétrole liée à des perturbations de l’approvisionnement pourrait alourdir la facture mondiale des importations des économies vulnérables de plus de 20 milliards de dollars par an.

De ce montant, les pays les moins avancés absorberaient environ 16,1 milliards de dollars de coûts supplémentaires, tandis que les petits États insulaires en développement seraient confrontés à une pression supplémentaire d’environ 4,3 milliards de dollars.

Pour les économies africaines incluses dans l’ensemble de données, la hausse des factures d’importation de carburant risque d’aggraver les déficits budgétaires, d’augmenter les coûts de transport et d’électricité et de limiter les investissements publics.

Dans les économies où les importations d’énergie représentent déjà une part importante des dépenses en devises étrangères, de tels chocs peuvent rapidement se traduire par des pressions inflationnistes et un ralentissement de la croissance.

Ces résultats mettent en lumière un défi structurel plus large : alors que les marchés mondiaux de l’énergie restent étroitement liés au détroit d’Ormuz, de nombreuses économies africaines n’ont pas encore réussi à diversifier significativement leurs sources d’approvisionnement ni à renforcer leur résilience énergétique.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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