
Plusieurs économies africaines restent fortement exposées à la volatilité des marchés pétroliers mondiaux en raison de leur dépendance aux importations transitant par le détroit d’Ormuz, l’un des points de passage énergétiques les plus critiques au monde.
Toute perturbation sur cette voie navigable étroite peut rapidement se répercuter sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, faisant grimper les prix du carburant et exposant les économies dépendantes des importations à des chocs soudains.
Pour de nombreux pays africains, notamment les plus petites économies et les plus ouvertes, cette dépendance n’est pas abstraite. Elle se traduit concrètement par des factures d’importation de carburant plus élevées, des pressions inflationnistes et un durcissement des conditions budgétaires lorsque les prix mondiaux augmentent.
Selon les données de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), plusieurs États africains s’approvisionnent en grande partie en pétrole dans la région d’Ormuz, ce qui les rend vulnérables à la volatilité de l’un des corridors énergétiques les plus sensibles au monde.
Au-delà de l’Afrique, les risques sont encore plus importants. Des perturbations dans le détroit d’Ormuz pourraient placer les économies vulnérables du monde entier en première ligne d’un choc énergétique. Sur 75 économies, dont les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID), 65 dépendent du pétrole importé, ce qui les rend particulièrement sensibles aux flambées des prix.
Dans ces pays, la hausse des coûts de l’énergie impose des choix difficiles entre le financement des importations de carburant et celui des services publics essentiels tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. La CNUCED estime que ces pressions pourraient toucher près d’un milliard de personnes dans le monde, aggravant ainsi les vulnérabilités structurelles existantes dans des économies déjà fragiles.
Sans mesures d’atténuation ou une plus grande diversification énergétique, de tels chocs risquent de renforcer les faiblesses structurelles de longue date des économies dépendantes des importations, en particulier celles qui disposent de marges de manœuvre budgétaires limitées et qui dépendent fortement des chaînes d’approvisionnement en carburant externes.



