
La Tunisie ouvre un nouveau cycle avec Moïne Chaâbani. La Fédération tunisienne de football a officialisé, mardi 28 juillet 2026, la nomination du technicien de 45 ans à la tête des Aigles de Carthage. Son contrat porte sur quatre années et doit donc l’accompagner jusqu’en 2030.
Le choix d’un entraîneur tunisien intervient après une période particulièrement instable. La sélection a connu plusieurs changements sur son banc et sort d’un Mondial 2026 terminé par trois défaites en trois matchs. Moïne Chaâbani reçoit désormais la mission de reconstruire une équipe compétitive et de préparer les prochaines échéances continentales.
Un contrat de quatre ans pour retrouver de la stabilité
Le Bureau fédéral de la FTF a validé la nomination ainsi que la composition du nouveau staff technique. La durée du contrat constitue un signal important. En donnant quatre ans à Moïne Chaâbani, les dirigeants tunisiens disent vouloir sortir de la logique des missions courtes et des changements répétés.
L’entraîneur sera assisté par Mourad Malki et Seifallah Hosni. Khaled Maghzawi s’occupera des gardiens, Hatem Bouleila de la préparation physique et Wissam Safouet de l’analyse vidéo. La fédération a donc annoncé une équipe technique complète autour du nouveau sélectionneur.
Sa première tâche sera de redonner de la confiance à un groupe marqué par plusieurs échecs. La Tunisie avait été éliminée en huitièmes de finale de la CAN 2025 par le Mali. Quelques mois plus tard, sa Coupe du monde 2026 a encore accentué les doutes autour de la sélection.
Il succède à l’intérim d’Hervé Renard
Moïne Chaâbani succède à Hervé Renard, dont la mission était limitée à la fin du Mondial. Le Français avait été appelé en urgence après le départ de Sabri Lamouchi. Ce dernier avait été démis de ses fonctions après la lourde défaite 5-1 contre la Suède lors du premier match tunisien dans la compétition.
L’intérim n’a pas permis d’inverser la tendance. Les Aigles de Carthage ont quitté le tournoi sans victoire. Cette élimination a relancé le débat sur le niveau de l’équipe, la continuité du projet et la gestion du banc.
La fédération a finalement opté pour un profil qui connaît très bien le football tunisien. Ancien défenseur central, Moïne Chaâbani a joué et travaillé pendant de longues années à l’Espérance sportive de Tunis. Il connaît aussi la pression qui accompagne les objectifs élevés d’un grand club ou d’une sélection nationale.
Deux Ligues des champions avec l’Espérance
Le principal argument de Moïne Chaâbani reste son palmarès d’entraîneur. Avec l’Espérance de Tunis, il a remporté deux Ligues des champions de la CAF consécutives, en 2018 et 2019. Ces titres lui ont donné une place importante parmi les techniciens tunisiens de sa génération.
Après son passage à l’Espérance, il a poursuivi sa carrière hors de Tunisie. Il a travaillé en Égypte avant de rejoindre le Maroc, où il a dirigé la Renaissance sportive de Berkane. Cette expérience lui a permis de mieux connaître différents championnats, styles de jeu et environnements du football africain.
Son arrivée en sélection a d’ailleurs nécessité un accord avec la RS Berkane. Le club marocain avait indiqué, à la mi-juillet, avoir reçu une demande officielle de la Fédération tunisienne. Bien que le contrat de l’entraîneur courût encore jusqu’en juin 2027, la direction a accepté son départ compte tenu de l’importance de la mission nationale.
Quel projet de jeu pour les Aigles de Carthage ?
Moïne Chaâbani est souvent associé à des équipes organisées, capables de défendre avec discipline et de gérer les moments importants. À l’Espérance, il a construit ses succès sur un bloc solide, une bonne lecture tactique et une forte efficacité dans les rencontres à élimination directe.
La sélection tunisienne devra toutefois produire davantage que de la rigueur. Elle a besoin de retrouver de la créativité, de mieux utiliser ses joueurs offensifs et de renouveler progressivement son effectif. Le nouveau sélectionneur devra aussi trouver un équilibre entre les cadres expérimentés et les jeunes joueurs qui cherchent une place durable.
Son connaissance du championnat local peut faciliter l’intégration de nouveaux profils. Son expérience en Égypte et au Maroc devrait aussi l’aider à suivre des internationaux évoluant dans d’autres compétitions africaines. Le travail avec les joueurs installés en Europe sera un autre volet majeur de sa mission.
La CAN 2027 comme premier grand objectif
Les éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique des nations constituent la première étape du nouveau projet. La Tunisie reste une sélection habituée aux phases finales, mais les dernières performances ont montré que la qualification ne suffit plus à répondre aux attentes du public.
Moïne Chaâbani sera jugé sur les résultats, mais aussi sur la capacité de son équipe à progresser. La durée de son contrat lui donne du temps, sans faire disparaître la pression immédiate. Les premiers rassemblements devront permettre d’installer ses méthodes et de préciser la hiérarchie dans le groupe.
La fédération mise donc sur la continuité et sur un entraîneur qui a déjà gagné au plus haut niveau africain. Pour Moïne Chaâbani, la sélection représente un nouveau défi après les clubs. Pour les Aigles de Carthage, cette nomination doit surtout marquer la fin d’une période d’instabilité et le début d’une reconstruction jusqu’en 2030.



