
La marche devait permettre à l’opposition congolaise de faire entendre son refus d’un changement constitutionnel. Elle s’est achevée avant son point d’arrivée, après des heurts à Kinshasa, mardi 15 septembre 2026. Prince Epenge, dirigeant de l’ADD Congo, annonce désormais le décès d’un membre de son parti.
Les circonstances de cette mort ne sont pas établies. Le responsable politique explique que son collaborateur a été retrouvé inanimé peu après les échauffourées. À ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer comment il a été atteint ni d’attribuer son décès à une personne ou à un groupe précis.
Un militant conduit à l’hôpital
Selon le récit de Prince Epenge, l’homme a d’abord été transporté dans un dispensaire proche du boulevard Lumumba. Il a ensuite été évacué vers l’hôpital Olympic, dans le centre-ville, où il est décédé dans la soirée de mardi.
Les informations recueillies le lendemain ne faisaient état ni de traces de coups ni de traces de sang sur son corps. Cette absence de signes apparents ne suffit toutefois pas à déterminer la cause de la mort. Elle impose de distinguer le décès annoncé de toute conclusion sur son origine.
L’ADD Congo signale également des blessés parmi ses membres. Un avocat proche du parti, touché à la tête par un projectile ou un coup, était encore hospitalisé mercredi et devait passer un scanner. Le bilan global restait à confirmer.
Une manifestation autorisée, puis dispersée
Le rassemblement avait reçu l’autorisation du gouvernorat de Kinshasa. Son point d’arrivée était fixé à quelques centaines de mètres du palais du peuple, où les parlementaires effectuaient leur rentrée pour la session budgétaire.
Le cortège avançait sur le boulevard Lumumba lorsqu’une série de détonations s’est fait entendre. Il a été bloqué au niveau de la dixième rue, en face du siège de l’UDPS, le parti présidentiel. Les forces de l’ordre ont ensuite dispersé la manifestation avant qu’elle atteigne sa destination.
Plusieurs responsables de l’opposition participaient à la marche, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sessanga et Prince Epenge. Les manifestants s’opposaient à la loi portant organisation du référendum et à tout projet de changement constitutionnel.
Des accusations qui restent à établir
Les opposants dénoncent la présence de jeunes armés de bâtons et de machettes. Ils les soupçonnent d’appartenir aux Forces du progrès, un groupe considéré comme proche du pouvoir, et accusent la police de ne pas les avoir protégés.
Ces mises en cause sont celles de l’opposition. Elles ne constituent pas, à elles seules, une preuve de l’identité des auteurs des violences ni de leur responsabilité dans le décès annoncé. Les récits disponibles ne permettent pas de reconstituer toute la séquence des événements.
Mercredi, le ministère de l’Intérieur n’avait pas encore répondu aux demandes de réaction rapportées dans les informations consultées. De son côté, la plateforme d’opposition C64 préparait une réunion et attendait une prise de position de la communauté internationale.
Au-delà de la confrontation politique, plusieurs questions restent ouvertes : le bilan exact, le déroulement des heurts et surtout la cause du décès du militant. C’est sur ces points que des éléments vérifiables sont encore attendus.
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