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Algérie : 14 suspects arrêtés dans une vaste affaire de blanchiment à Oran

La police affirme que le réseau utilisait 33 sociétés fictives pour faire circuler des sommes considérables.

La police algérienne affirme avoir démantelé à Oran un réseau criminel transnational soupçonné de blanchiment d’argent, de fraude fiscale et de recyclage de fonds suspects. Quatorze personnes ont été arrêtées à l’issue d’une enquête menée par le Service régional de lutte contre la criminalité organisée.

Selon l’Agence Presse Service et plusieurs médias algériens qui citent la Sûreté nationale, le groupe aurait utilisé 33 sociétés fictives pour faire circuler des sommes considérables. Les personnes interpellées ont été présentées au parquet près le tribunal de Fellaoucene, à Oran.

Un réseau organisé autour de 33 sociétés fictives

Les enquêteurs décrivent un dispositif conçu pour donner une apparence légale à des capitaux dont l’origine est jugée suspecte. Les sociétés écrans disposaient de comptes bancaires, de chéquiers et de documents administratifs permettant de multiplier les opérations financières.

L’analyse des comptes aurait révélé plus de 7 380 milliards de centimes algériens liquidés en espèces. Cette somme équivaut à 73,8 milliards de dinars. Elle correspond aux mouvements détectés par les enquêteurs et non à la valeur des biens saisis pendant l’opération.

Lors des perquisitions, les policiers ont découvert 82 cachets officiels ainsi qu’un grand nombre de chéquiers attribués aux entreprises concernées et à leurs gérants présumés. L’enquête se serait étendue à plusieurs wilayas ainsi qu’à l’étranger.

Des biens estimés à plus de 62 milliards de centimes saisis

Les autorités ont annoncé la saisie conservatoire de 29 biens immobiliers, parmi lesquels des locaux commerciaux, des appartements et des terrains. Leur valeur est estimée à plus de 26 milliards de centimes.

Des comptes bancaires contenant plus de 20 milliards de centimes et 2 155 euros ont aussi été placés sous séquestre judiciaire. Les saisies comprennent deux machines industrielles de soudage de canalisations, évaluées à plus de 10 milliards de centimes, ainsi que 11 véhicules de tourisme, dont plusieurs modèles haut de gamme.

La police indique également avoir récupéré 148 millions de centimes en espèces et 1 555 euros. Au total, la valeur des biens immobiliers, des équipements, des véhicules et des avoirs bloqués dépasse 62 milliards de centimes.

Quatorze suspects présentés à la justice

Les quatorze personnes arrêtées sont poursuivies dans le cadre d’une affaire de constitution d’une organisation criminelle transnationale, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale. À ce stade, les faits rapportés reposent sur les conclusions de l’enquête policière. La justice devra déterminer la responsabilité de chacun des mis en cause.

L’identité des suspects et le nom des 33 sociétés n’ont pas été rendus publics dans les comptes rendus consultés. Les autorités n’ont pas non plus précisé sur quelle période les mouvements financiers auraient été réalisés.

Le blanchiment d’argent sous surveillance en Afrique

Cette opération intervient alors que plusieurs pays africains renforcent leurs dispositifs contre les flux financiers illicites. AfrikMag avait récemment présenté les pays africains placés sous surveillance pour leurs faiblesses dans la lutte contre l’argent sale.

Les sociétés écrans figurent parmi les mécanismes régulièrement utilisés pour masquer l’origine ou la destination de fonds. Elles peuvent servir à fragmenter les transactions, multiplier les intermédiaires et rendre les contrôles bancaires plus difficiles.

Dans l’affaire d’Oran, les documents saisis et l’examen des comptes devraient permettre aux enquêteurs de retracer les bénéficiaires réels des opérations. L’instruction judiciaire devra également établir si les ramifications internationales évoquées par la police impliquent d’autres personnes ou entreprises.

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