
Hakainde Hichilema a remporté un second mandat à la tête de la Zambie. La commission électorale l’a déclaré vainqueur mardi 18 août 2026 avec environ 60 % des suffrages, contre près de 38 % pour son principal adversaire, Brian Mundubile.
Le président sortant franchit ainsi dès le premier tour le seuil de 50 % imposé par la Constitution. Sa victoire prolonge de cinq ans un mandat commencé en 2021, mais elle intervient après un dépouillement tendu, des accusations de fraude et plusieurs mises en garde sur les conditions de la campagne.
Hakainde Hichilema l’emporte dès le premier tour
La présidente de la commission électorale, Mwangala Zaloumis, a annoncé le résultat au centre national de compilation de Lusaka. Au moment de la déclaration, cinq des 226 circonscriptions n’avaient pas encore transmis leurs chiffres définitifs. Leur poids ne pouvait toutefois plus modifier l’issue du scrutin.
Hakainde Hichilema devance nettement Brian Mundubile, ancien ministre provincial âgé de 55 ans. Candidat pour la première fois à la présidence, ce dernier dirigeait une opposition composée de plusieurs forces politiques. Les douze autres candidats ont obtenu une part très faible des voix.
Dans sa première déclaration après l’annonce, le chef de l’État a dit accepter le résultat avec humilité. Il a promis de travailler aussi pour les citoyens qui avaient choisi ses adversaires. Des centaines de ses partisans, vêtus aux couleurs rouges du parti au pouvoir, ont célébré dans les rues de Lusaka.
Un dépouillement interrompu pendant plusieurs heures
Le scrutin du 13 août s’est déroulé dans un climat globalement calme. La situation s’est dégradée au début du dépouillement. La commission électorale a suspendu le comptage pendant plusieurs heures après des agressions contre des agents électoraux et le vol de bulletins déjà marqués dans certaines zones.
Les opérations ont repris le même jour après le renforcement de la sécurité. Cette interruption inhabituelle a créé de l’inquiétude et alimenté les soupçons de l’opposition. Brian Mundubile a affirmé que des écarts existaient entre certains procès-verbaux de bureaux de vote et les résultats annoncés. Il n’avait pas encore précisé, au moment de la proclamation, s’il saisirait la justice.
Les tensions avaient aussi augmenté après une opération menée contre des responsables de l’opposition. Les autorités ont parlé d’activités de milice et de détention d’armes. Le parti de Brian Mundubile a rejeté ces accusations et affirmé que ses membres avaient été visés à son domicile.
Des observateurs pointent une compétition inégale
Les missions régionales et internationales ont jugé que la journée électorale avait été largement pacifique. Elles ont cependant relevé plusieurs problèmes avant et après le vote. Les réformes tardives, l’accès inégal aux médias, les restrictions imposées à l’opposition et certains actes d’intimidation ont pesé sur leur évaluation.
La mission de l’Union européenne a estimé que ces conditions avaient créé une compétition déséquilibrée. Les observateurs de la SADC ont aussi demandé des enquêtes sur les violences et les intimidations signalées. Ils ont invité tous les partis à utiliser les recours prévus par la loi plutôt que la rue.
La Zambie conserve une longue tradition d’alternances par les urnes depuis le retour au multipartisme en 1991. La réaction de l’opposition et le traitement d’éventuels recours seront donc suivis de près.
Un second mandat centré sur l’économie
Cette élection était aussi un jugement sur le bilan économique du président. Avant le vote, AfrikMag avait analysé les difficultés qui menaçaient la réélection de Hakainde Hichilema, notamment la vie chère, les coupures d’électricité et le décalage entre les réformes et le quotidien des ménages.
Le gouvernement met en avant la restructuration de la dette extérieure, la baisse de l’inflation, le renforcement du kwacha et le retour des investissements dans le cuivre. La croissance a repris après plusieurs années difficiles. Une partie de la population estime néanmoins que ces progrès ne se traduisent pas encore par une baisse suffisante des dépenses courantes.
Le président devra aussi réduire la dépendance du pays à l’hydroélectricité. Les sécheresses de 2024 et 2025 ont provoqué de longues coupures qui ont touché les familles et les petites entreprises. La diversification énergétique et la création d’emplois seront deux tests majeurs de son nouveau mandat.
Une victoire qui prolonge le tournant de 2021
Hakainde Hichilema accède à la présidence en 2021 après plusieurs échecs électoraux. AfrikMag avait alors raconté sa victoire face au président sortant Edgar Lungu. Cinq ans plus tard, il obtient la confiance d’une majorité d’électeurs pour poursuivre ses réformes.
Le résultat lui donne une assise politique solide. Il ne fait toutefois pas disparaître les critiques sur l’espace démocratique ni les frustrations économiques. La première étape de ce second mandat sera de calmer les tensions, garantir les droits de l’opposition et transformer la reprise annoncée en amélioration visible pour les Zambiens.



