
Paul Kagame rejette les dernières démarches annoncées pour désarmer les Forces démocratiques de libération du Rwanda. Le président rwandais estime qu’elles restent « superficielles » et ne s’attaquent pas aux causes profondes du problème.
Il s’est exprimé le lundi 24 août lors d’une conférence de presse à Kigali. Interrogé sur le récent protocole de désarmement annoncé par Kinshasa, il a assuré n’avoir connaissance d’aucune initiative capable, selon lui, d’apporter une réponse durable.
Paul Kagame critique les initiatives contre les FDLR
Paul Kagame n’a pas cité directement le protocole conclu entre la République démocratique du Congo et une faction des FDLR. Il a toutefois contesté l’efficacité des démarches menées jusqu’ici.
« Je n’ai entendu parler d’aucune initiative, jusqu’à présent, qui se concentre réellement sur les causes profondes du problème et cherche à y répondre », a-t-il déclaré. Le chef de l’État rwandais a ensuite ajouté : « C’est toujours superficiel. »
Les FDLR sont actives depuis plusieurs décennies dans l’est de la RDC. Le groupe a été formé notamment par d’anciens membres des forces rwandaises et de milices liées au génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. Kigali considère toujours cette organisation comme une menace directe pour sa sécurité.
Le protocole annoncé par Kinshasa divise
La RDC présente le nouveau protocole comme une étape vers le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants. Kigali refuse cependant de le considérer comme une réponse suffisante aux engagements sécuritaires pris dans le cadre de l’accord de paix de Washington.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, avait déjà dénoncé une « manœuvre politique » et une « stratégie dilatoire » de Kinshasa. Selon lui, la neutralisation des FDLR doit rester au centre du processus, avec des mesures concrètes et vérifiables.
Cette divergence prolonge les tensions entre les deux voisins. La RDC a déjà porté plainte contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice, tandis que Kigali continue d’accuser Kinshasa de ne pas éliminer la menace représentée par les FDLR.
« Le Rwanda restera concerné »
Paul Kagame affirme que son pays suivra le dossier tant que le groupe armé restera actif. « Tant que le problème n’est pas résolu, le Rwanda restera concerné », a-t-il insisté pendant la conférence de presse.
L’accord de Washington prévoit un mécanisme de coordination entre la RDC et le Rwanda. Il lie la neutralisation des FDLR au désengagement des forces et à la levée des mesures défensives revendiquées par Kigali. Sa mise en œuvre reste pourtant difficile, alors que chaque camp accuse l’autre de retarder le processus.
Le conflit dans l’est congolais dépasse aussi la seule question des FDLR. Les discussions avec l’AFC/M23 et les médiations régionales restent en cours. En juillet, le Conseil de sécurité de l’ONU avait sanctionné Corneille Nangaa et l’Alliance Fleuve Congo, autre acteur majeur de la crise.
Kagame critique aussi les sanctions contre Kigali
Le président rwandais a profité de sa prise de parole pour dénoncer les sanctions internationales visant son pays. Il estime qu’elles créent de nouvelles difficultés au lieu d’aider à résoudre le conflit.
Kigali a déjà été visé par plusieurs mesures en raison des accusations de soutien au M23. Le gouvernement rwandais rejette ces accusations ou conteste leur présentation, tandis que Kinshasa et ses partenaires réclament des garanties sur le retrait des soutiens étrangers aux groupes armés.
La sortie de Paul Kagame montre que le désarmement des FDLR reste l’un des principaux points de blocage entre la RDC et le Rwanda. Elle confirme aussi que les deux pays ne donnent pas le même sens aux initiatives annoncées, malgré les accords et les médiations en cours.



