
Samuel Eto’o a choisi son camp dans la crise qui secoue la FIFA. Le président de la Fédération camerounaise de football a publiquement défendu Gianni Infantino, très contesté depuis l’abandon d’un projet d’ouverture aux investisseurs privés.
Dans un entretien accordé à CNN le lundi 24 août, l’ancien capitaine des Lions indomptables a estimé que le patron de la FIFA n’avait « rien fait de mal ». Il a aussi appelé les dirigeants africains à reconnaître ce qu’Infantino a, selon lui, apporté au continent.
Samuel Eto’o appelle l’Afrique à soutenir Infantino
Samuel Eto’o affirme que Gianni Infantino a permis à plusieurs fédérations africaines de progresser plus rapidement. « Il a aidé notre continent. Il a aidé nos fédérations à se développer beaucoup plus rapidement, et nous devons le reconnaître », a déclaré le dirigeant camerounais.
Pour l’ancien attaquant du FC Barcelone et de l’Inter Milan, le président de la FIFA a aussi élargi les possibilités offertes aux pays longtemps éloignés des grandes compétitions. Il estime donc que l’Afrique devrait le soutenir pour les actions menées depuis son arrivée à la tête de l’instance en 2016.
Cette prise de position intervient alors qu’Infantino se retrouve isolé dans une partie du monde du football. Plusieurs responsables européens, asiatiques et nord-américains ont critiqué sa gouvernance. Le Premier ministre canadien Mark Carney avait même demandé sa démission au début du mois d’août.
Un projet d’ouverture aux investisseurs privés au cœur de la crise
La polémique est née d’un projet baptisé FIFA Forward Enterprise. Il devait permettre à des investisseurs privés de prendre une participation dans une structure commerciale chargée de revenus liés aux Coupes du monde, notamment les droits médias, les sponsors et la billetterie.
Ses opposants craignaient une perte de contrôle des fédérations nationales sur les ressources du football mondial. Le projet a finalement été abandonné après une forte contestation, mais cette décision n’a pas apaisé la crise. AfrikMag avait déjà expliqué pourquoi Infantino était accusé d’avoir voulu « vendre » la Coupe du monde.
Eto’o défend au contraire le principe d’une nouvelle répartition des revenus. Il pense que davantage d’argent pourrait aider les pays africains à développer leurs championnats, leurs infrastructures et leurs centres de formation. Il souhaite même que le projet revienne dans le débat si Infantino est réélu.
La CAF reste fidèle au président de la FIFA
La sortie de Samuel Eto’o rejoint la position prise par la Confédération africaine de football. Au début du mois d’août, la CAF avait annoncé un soutien unanime à Gianni Infantino, alors que d’autres confédérations réclamaient son départ.
Le dirigeant camerounais estime que la proximité de l’élection à la présidence de la FIFA explique une partie des attaques. Le scrutin est prévu en mars 2027 et Infantino est, pour l’instant, le seul candidat déclaré. Eto’o affirme que la crise actuelle est liée à cette bataille électorale.
Cette lecture ne répond toutefois pas aux critiques sur la transparence du projet et sur la concentration du pouvoir au sein de la FIFA. Les opposants d’Infantino demandent des garanties sur la gestion des revenus du football mondial et sur la place des fédérations dans les décisions majeures.
Une phrase sur Mbappé qui fait réagir
Samuel Eto’o a également utilisé un exemple frappant pour défendre sa vision. Selon lui, une meilleure redistribution permettrait au Cameroun de bâtir un football assez solide pour attirer les meilleurs talents. Il a ainsi déclaré qu’il aimerait voir Kylian Mbappé jouer pour le Cameroun, rappelant que le père du capitaine français est né dans ce pays.
La phrase est symbolique, puisque Mbappé joue avec l’équipe de France depuis 2017. Elle traduit surtout le message d’Eto’o : les fédérations africaines veulent disposer de moyens comparables à ceux des grandes nations pour retenir leurs jeunes joueurs et renforcer leurs compétitions.
En défendant Infantino au moment où la pression augmente, Samuel Eto’o prend donc une position politique forte. Son intervention montre aussi que la crise de la FIFA divise profondément les continents à quelques mois d’une élection qui pourrait décider de l’avenir du football mondial.



