Allemagne : un élu veut organiser une soirée échangiste à la mairie
Julien Ferrat affirme qu’une cinquantaine de personnes sont intéressées. La ville attend toujours une demande officielle et des informations précises.

Un projet pour le moins inhabituel agite la ville allemande de Mannheim. Julien Ferrat, conseiller municipal de 35 ans, souhaite organiser une soirée échangiste dans l’hôtel de ville. L’élu présente cette initiative comme une action politique destinée à rapprocher les citoyens de leurs représentants et à promouvoir le tourisme naturiste.
La municipalité ne partage pas son enthousiasme. Elle affirme n’avoir reçu ni demande officielle ni informations assez précises pour examiner le projet. À ce stade, aucune date, aucune salle et aucun dispositif d’organisation n’ont été arrêtés.
Une « soirée politique » au cœur de la mairie
Julien Ferrat siège seul au conseil municipal pour l’association électorale Die Mannheimer. Il avait déjà exercé un mandat entre 2014 et 2019, avant de retrouver son siège en 2024. Connu pour ses propositions provocatrices, il défend cette fois l’idée d’une soirée libertine organisée dans les locaux municipaux.
Selon lui, l’hôtel de ville serait un lieu central et adapté. Il soutient également qu’aucun règlement municipal n’interdit explicitement ce type de rencontre. L’élu estime qu’une cinquantaine de personnes ont déjà manifesté leur intérêt. Il reconnaît toutefois que plusieurs détails restent à définir, notamment le nombre réel de participants et la taille de la salle nécessaire.
Le projet n’est donc pas encore un événement confirmé. Ferrat promet de déposer une demande lorsqu’il disposera d’informations plus complètes. Si la mairie refuse, il envisage une organisation dans un lieu privé.
La ville de Mannheim exprime de fortes réserves
La municipalité affirme avoir demandé des précisions à l’élu. Elle veut connaître la date envisagée, le local souhaité et le lien entre la soirée et son mandat politique. Sans ces éléments, les services municipaux considèrent que l’autorisation et la faisabilité du projet sont très incertaines.
La ville a aussi refusé deux versions d’un texte que Ferrat voulait publier dans le bulletin municipal pour annoncer la rencontre. Elle craignait que les lecteurs reçoivent des informations trompeuses, puisque l’événement n’avait pas encore été autorisé.
Le conseil municipal ne semble pas davantage convaincu. En 2024, il avait déjà rejeté une demande de Ferrat visant à financer une étude de faisabilité sur la création d’un vaste site naturiste et libertin à Mannheim.
Faire de Mannheim la « petite sœur » du Cap d’Agde
Le conseiller municipal veut aller plus loin qu’une simple soirée. Son ambition est de transformer Mannheim en destination européenne pour les amateurs de naturisme et d’échangisme. Il cite régulièrement le Cap d’Agde, en France, comme modèle économique et touristique.
L’an dernier, il avait conduit un groupe de voyageurs dans la célèbre station naturiste française. Il affirme qu’un projet comparable pourrait générer plusieurs millions d’euros pour les finances de Mannheim, grâce aux entrées, aux hôtels et aux commerces spécialisés.
Cette proposition s’inscrit dans une série de débats allemands sur l’évolution des normes sociales. Le pays avait déjà fait parler de lui lorsqu’une mosquée allemande avait hissé le drapeau LGBTQ. L’annonce d’un plan de légalisation du cannabis récréatif avait aussi provoqué de nombreuses réactions.
Une opération politique ou un vrai projet ?
Ferrat présente son initiative comme une manière de lutter contre la stigmatisation des communautés libertines. Ses opposants y voient surtout une nouvelle opération destinée à attirer l’attention. Pour le moment, les faits donnent raison à la prudence de la mairie : aucune soirée n’a été autorisée et aucune procédure complète n’a été déposée.
Le conseiller assure qu’il ira devant les tribunaux si la ville rejette définitivement sa demande. La suite dépendra donc d’un dossier plus précis, puis d’une décision administrative. En attendant, le débat dépasse déjà les frontières de Mannheim et place la mairie au centre d’une polémique aussi insolite que sensible.



