
La rupture est désormais officielle. L’Algérie a annoncé, jeudi 10 septembre, la fin de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Alger accuse Abou Dhabi d’actes « provocateurs et hostiles » et affirme avoir épuisé les moyens de préserver les liens entre les deux pays.
La décision marque une nouvelle étape dans une relation déjà tendue. Le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères ne détaille toutefois pas les actes précis qui auraient déclenché cette rupture. Les accusations avancées par Alger ne doivent donc pas être confondues avec des faits établis sur chacun des différends évoqués.
Un délai de 48 heures pour l’ambassadeur
Les autorités algériennes ont convoqué l’ambassadeur émirati pour lui notifier la décision. Elles lui ont accordé 48 heures pour s’y conformer. Dans leur communiqué, elles assurent avoir averti à plusieurs reprises la partie émiratie des conséquences possibles de son comportement.
Alger a aussi annoncé une fermeture de son espace aérien aux appareils immatriculés aux Émirats. Une exception temporaire concerne les vols commerciaux émiratis à destination ou au départ d’Alger, autorisés jusqu’à la fin de l’année. Cette distinction est importante pour les voyageurs : l’annonce ne signifie pas l’arrêt immédiat de toutes les liaisons commerciales entre les deux pays.
Abou Dhabi espère une rupture temporaire
Le ministère émirati des Affaires étrangères a exprimé l’espoir que cette décision soit temporaire. Il a mis en avant les liens entre les populations, les intérêts communs et la communauté algérienne installée aux Émirats.
Peu après l’annonce algérienne, Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président émirati, a défendu sur les réseaux sociaux une diplomatie fondée sur la rationalité, la communication et la clarté des intérêts. Son message ne citait pas explicitement l’Algérie. Il serait donc excessif de le présenter comme une réponse nominative à tous les reproches formulés par Alger.
Des désaccords accumulés
Les tensions ne datent pas de cette semaine. En février, l’Algérie avait engagé la procédure d’annulation d’un accord sur les services aériens signé en 2013. Le président Abdelmadjid Tebboune avait également multiplié les critiques à l’égard d’un État du Golfe, souvent désigné sans être nommé.
En juillet, il avait accusé ce pays d’exercer une influence négative dans la région. Il avait expliqué qu’Alger avait jusque-là évité une rupture afin de ne pas aggraver les divisions du monde arabe. Les Émirats contestent les accusations d’ingérence qui les visent dans plusieurs conflits régionaux.
Les deux capitales défendent aussi des positions différentes sur Israël et le Sahara occidental. Abou Dhabi a normalisé ses relations avec Israël en 2020, une orientation à laquelle Alger s’oppose. Sur le Sahara occidental, les Émirats soutiennent la position marocaine, tandis que l’Algérie appuie le Front Polisario.
Ces désaccords éclairent le contexte, sans permettre d’identifier avec certitude l’élément déclencheur de jeudi. À ce stade, Alger a acté la rupture et Abou Dhabi a laissé ouverte la possibilité d’un rapprochement. Aucun calendrier de rétablissement des relations n’a été annoncé dans les déclarations consultées.
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