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Cameroun : trois morts dans une fusillade à Bamenda

Une attaque dans un débit de boissons a précédé de nouveaux tirs, sur fond de journées de ville morte.

Trois personnes ont perdu la vie et quatre autres ont été blessées dans une fusillade à Bamenda, lundi 14 septembre 2026. L’attaque s’est produite dans un débit de boissons du quartier Nkwen, dans le troisième arrondissement de la ville. Le lendemain, de nouveaux coups de feu ont encore perturbé la reprise des activités.

Pour les habitants de cette ville du Nord-Ouest anglophone du Cameroun, la sortie des journées de ville morte n’a donc pas apporté le retour au calme attendu. Certains commerces ont rouvert, mais une partie de la population a préféré rester chez elle.

Un débit de boissons pris pour cible

La fusillade de lundi a eu lieu dans l’après-midi. Des assaillants armés ont fait irruption dans l’établissement, avec un bilan officiel de trois morts et quatre blessés. Dans un communiqué, le préfet de la Mezam a qualifié les faits d’« incursion terroriste ».

Ce bilan concerne l’attaque de Nkwen. Il ne doit pas être confondu avec les tirs entendus le mardi matin dans plusieurs quartiers. Les informations disponibles ne donnent pas de bilan humain distinct pour ces nouveaux coups de feu.

L’identité des victimes n’a pas été précisée dans les éléments rendus publics consultés. Les détails sur le nombre d’assaillants, leur parcours et les circonstances exactes de leur arrivée dans le débit de boissons restent également limités.

Une reprise des activités interrompue

Mardi 15 septembre, les habitants s’apprêtaient à reprendre leurs occupations lorsque des détonations ont été signalées. Quelques boutiques ont ouvert dans certains secteurs, mais beaucoup de riverains ont renoncé à sortir après avoir entendu les tirs.

Cette nouvelle alerte intervient alors que Bamenda subit depuis la rentrée scolaire une succession de journées de ville morte imposées par des séparatistes armés. Au moment des faits, ces perturbations duraient depuis près de deux semaines.

Le contraste est brutal entre l’espoir de reprendre les activités et la nécessité de se mettre à l’abri. La réouverture de quelques commerces mardi ne signifie donc pas que la situation était redevenue normale dans l’ensemble de la ville.

Une inquiétude déjà exprimée en juillet

L’attaque de Nkwen survient dans un contexte de violences persistantes. Fin juillet, plusieurs morts violentes à Bamenda et dans sa proche banlieue avaient déjà suscité l’inquiétude d’acteurs de la société civile.

Fon Nsoh, coordinateur de l’organisation Cominsud, alertait alors sur la circulation des armes à feu et sur l’imprévisibilité de la situation. Il évoquait notamment les enlèvements, les extorsions et les règlements de comptes qui alimentent la peur au quotidien.

Ces alertes de juillet éclairent le climat d’insécurité, mais elles ne permettent pas d’attribuer automatiquement les faits de septembre aux mêmes personnes. Les circonstances de chaque attaque doivent être distinguées, tout comme les bilans et les responsabilités.

À Bamenda, la séquence des 14 et 15 septembre laisse ainsi deux constats : une fusillade meurtrière officiellement signalée à Nkwen, puis des tirs dans plusieurs quartiers dès le lendemain. Derrière les chiffres, ce sont encore des habitants contraints de suspendre leurs activités et d’organiser leur journée autour de la peur de sortir.

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