Côte d’Ivoire: Parcours d’une grande réussite africaine

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Pour cet ingénieur Architecte, tout commence lors d’un séjour au brésil dans le cadre de ses fonctions de Directrice Adjoint du Projet Soja à la Direction et Contrôle des Grand Travaux (DCGTX) ex BNETD.  Née au Mali, Marie Diongoye KONATE, découvre son pays hôte de l’Amérique du sud est à l’époque, le premier producteur mondial de soja, premier producteur mondial de sucre et de biocarburant à base de canne à sucre, deuxième producteur mondial de maïs, premier producteur mondial de viande bovine etc. Ce qui la chique, c’est que l’Afrique et la Côte d’Ivoire particulièrement produisent également toutes ces matières mais en très faible quantité ce qui pousse à l’importation des aliments de base comme le riz. « Nous exportons ce que nous produisons et importons ce que nous mangeons! » Dommage

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Dès son retour en Côte d’Ivoire, elle claque la porte de la DCGTX en abandonnant ce prestigieux poste qu’elle occupait sous le regard ébahit de ses proches, comme son père un ex-ministre des finances  et fonctionnaire international du Mali.

« Je me souviens que mes parents m’on appelée. Ils étaient tous les deux assis dans le salon et m’ont demandée si j’avais un problème dans la tête. Ils ne comprenaient pas pourquoi j’ai décidé de quitter un poste aussi confortable que celui que j’exerçais (Logement et voiture de fonction, etc.) pour aller m’installer dans un petit coin du marché populaire d’Adjamé á Abidjan »

Konaté a identifié un besoin et une occasion de fournir du cru local (non importée!).

C’est le début de l’aventure. Avec 400.000 F CFA comme fonds propres, elle s’achète un broyeur. Elle trouve sur son chemin des gens qui croient en elle. Le CEPICI (Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire) l’aide á monter son entreprise en moins de 6 mois. Avec un ex-collègue français de la DCGTX qui venait de perdre son boulot, elle se met au travail. C’est dur. « Il y a des nuits où j’étais hantée par l’abandon ». Son premier prêt, elle le doit á la CFD (Caisse Française de Développement) devenue depuis AFD. 40 millions F CFA qu’elle va d’ailleurs rembourser par anticipation, provoquant l’estime de ses créanciers qui n’en reviennent pas alors même qu’aucune de leurs clauses de financement ne le prévoyait. Le déclic va arriver quand des amis Suisses de ses parents lui prêtent de l’argent pour agrandir ses ateliers et acheter des équipements qu’elle implante dans la zone industrielle du Vridi. Du faubourg d’Adjamé à Vridi, le rêve commence à prendre corps.

Le rêve de Marie Konaté qui est de mettre en place une entreprise locale en utilisant des produits agricoles locaux, produire des aliments hautement nutritifs pour les nourrissons, abordable pour les plus pauvres des pauvres, commence a effleurer.

En 1997, elle réussit à convaincre les organismes d’aide alimentaire d’acheter localement les aliments destinés aux réfugiés libériens. Ces aliments constitués uniquement de mélange de soja et maïs étaient importés. Pour Marie Konaté, c’était la goutte d’eau qui débordait le vase. Un peu sceptique, les Fonds Humanitaires et l’Union Européenne, exigent une certification sanitaire à Bruxelles. Plus de peur que mal. Zéro microbe, tel est le résultat. Elle effectue alors sa première commande de 980 tonnes. C’est le début de son entreprise qu’elle nomme PKL pour Protein Kissée-La ( Protéines issues de la graine en langue malinké).

Aujourd’hui son entreprise PKL est leader dans les produit alimentaires pour nourrisson et rivalise avec des multinationales comme Nestlé.

Malheureusement tout n’est pas si rose pour la fondatrice de PKL. Depuis plus de 10 ans, elle est constamment sous menace d’expulsion du domaine qu’elle occupe dans la zone industrielle. Sans le savoir, la jeune femme dit avoir été entraînée au milieu d’un litige foncier dont elle ne comprend pas toutes les ficelles, en dépit des arguments émis par le CEPICI en sa faveur. KONATE semble avoir tenté tout les moyens pour résoudre ce problème mais rien n’aboutit, comme ci une volonté de l’anéantir existait. Il faut noté que le credo de PKL est la lutte contre la corruption, c’est aussi affiché sur tous les murs de PKL .  Son combat, elle en parle avec le sourire et tient solidement la barque PKL. Elle rend hommage au Ministre des Finances Charles Diby Koffi qui en maintes occasions a plaidé pour elle.

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Aujourd’hui PKL c’est deux grosses marques de céréale pour enfant Farinor et nutribon. PKL, c’est aussi un capital social de 140 millions F CFA, un chiffre d’affaires en 2009 de 1,330 milliards F CFA, 74 employés permanents dont 45% de femmes et 7 Ingénieurs, 200 emplois non permanents, c’est une succursale au Sénégal et un distributeur au Cameroun, c’est plus de 12 mille tonnes de produits agricoles achetés aux paysans ivoiriens entre 2005 et 2009 pour plus de 2,5 milliards de FCFA. Mais c’est surtout une conviction et une femme, une insubmersible. PKL  Reste la première entreprise de production d’aliment pour bébé au sud du Sahara

Aujourd’hui la Présidente Directrice Générale veut s’attaquer à un nouveau domaine, l’exportation de l’attieké dans les pays asiatique. Pour elle ce sera un nouveau défit qu’elle pourra relever facilement.

Marie Diongoye KONATE est un véritable exemple et une inspiration pour l’Afrique qui a su relevé le défit de réussite africaine et qui rêve d’une auto-suffisance alimentaire en Afrique.

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