L’écrivain camerounais Patrice Nganang arrêté pour « outrage au chef de l’Etat »

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Le célèbre écrivain camerounais, Patrice Nganang, qui a écrit un article très critique sur la gestion de la crise anglophone par le pouvoir camerounais, a été arrêté jeudi à l’aéroport de Douala, a annoncé sa femme et son avocat.

Nganang, un poète primé, professeur et auteur qui vit à New York, devait embarquer sur un vol de Kenya Airways à destination de Nairobi, puis à Harare pour rejoindre sa femme jeudi mais n’est jamais arrivé à destination.

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Après 24 heures d’efforts pour le retrouver, Nyasha Bakare a déclaré qu’il a été retrouvé par ses avocats. L’écrivain et militant a été « retrouvé », vendredi 8 décembre, à la direction générale de la police judiciaire de Yaoundé, la capitale, où il serait, selon son avocat Emmanuel Simh , accusé d’« outrage au chef de l’Etat ».  »Et après les audiences, nous serons en mesure de donner plus d’informations », ajoute l’avocat.

« Il est apparemment OK. C’est la chose principale « , a déclaré Bakare, ajoutant que les autorités semblaient se préparer à une audience juridique.

Un porte-parole du département de la communication du gouvernement n’était pas immédiatement disponible pour commenter.

La semaine dernière, le gouvernement a ordonné à des milliers de villageois de quitter leur domicile dans la région anglophone du sud-ouest en déployant des troupes pour capturer les séparatistes armés.

Patrice Nganang est arrivé au Cameroun le 27 octobre, puis a sillonné durant quelques jours, le Sud-Ouest et Nord-Ouest, les deux régions anglophones, en proie à une vague contestatrice ayant tué des dizaines de civils et forcé des milliers de personnes à fuir vers le Nigeria.

« Allons-nous vers la relocalisation forcée des populations et la création de camps (de réfugiés)? » Écrit Nganang à Jeune Afrique le 5 décembre à Paris, qualifiant cela d ‘« offensant ». « Les Camerounais bilingues peuvent donc être des ennemis dans un pays dont le président n’a jamais prononcé un seul discours en anglais? « , a t-il ajouté.

Le président Paul Biya gouverne le Cameroun depuis 1982 et prévoit de se présenter pour un autre mandat l’année prochaine. Les remous séparatistes s’ajoutent aux maux du pays liés au ralentissement brutal de l’économie depuis 2014 et aux attaques menées dans le nord par le groupe islamiste Boko Haram.

La fracture linguistique remonte à la fin de la Première Guerre mondiale, lorsque la Société des Nations a divisé l’ancienne colonie allemande de Kamerun entre les vainqueurs alliés français et britanniques.

Le règne de Biya depuis 35 ans est devenu de plus en plus intolérant à l’égard de la dissidence, les activistes de l’opposition, les journalistes et les intellectuels étant régulièrement arrêtés et parfois inculpés.

En avril, un journaliste camerounais de Radio France International a été condamné à 10 ans de prison par un tribunal militaire pour des accusations de terrorisme, notamment pour avoir omis de signaler des actes de terrorisme aux autorités.

Le verdict a attiré la critique internationale.

L'écrivain camerounais Patrice Nganang arrêté pour « outrage au chef de l’Etat »

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Un commentaire

  1. NGUYÊN HOÀNG BẢO VIỆT sur

    Une pensée pour l’écrivain camerounais Patrice Nganang arrêté pour « outrage au chef de l’Etat »

    PLUMES ET PAROLES FACE À L’INTOLÉRANCE, LA HAINE ET LA MORT

    Célébrée le 15 novembre 2017, la Journée des Ecrivains en prison vient nous rappeler une triste réalité : la situation dégradante de la liberté d’expression et d’opinion dans de nombreux pays. En septembre dernier, à Lviv, la capitale culturelle d’Ukraine, ‘’La Défense de la Vérité à l’heure de la Propagande’’ était le Thème du 83ème Congrès mondial de PEN International. Les écrivains participant au Congrès ont été accueillis à leur arrivée dans l’aérogare de Lviv par des jeunes volontaires Ukrainiens brandissant des pancartes ‘’Oleg Sentsov’’. Cet artiste et cinéaste Ukrainien, Oleg Sentsov, né à Simferopol, en Crimée, a été enlevé peu de temps après l’annexion de sa ville natale. On lui aurait attribué de force la nationalité russe. Transféré en Russie, il a été condamné à 20 ans de prison au terme d’un procès inéquitable. Aujourd’hui, il purge sa peine dans un centre de détention à Iakoutsk, en Sibérie. En fait, une des Chaises Vides lui est réservée au centre du Congrès. Comme la Russie, les Etats-Unis d’Amérique et la Chine sont aussi des sujets de graves préoccupations pour PEN International. Toujours en matière de liberté d’expression et d’opinion, une dizaine de résolutions adoptées à Lviv touchent également l’Ukraine, le Venezuela, le Mexique, la Turquie, l’Erythrée, l’Espagne, le Kazakhstan, la Pologne, la Hongrie, le Honduras, l’Inde, la R.S. du Vietnam, les régions autonomes du Tibet, des Ouighours, de Mongolie intérieure et de Hong Kong et la R.P. de Chine. Par ailleurs, le Congrès de PEN International a dit Non au blasphème et à la peine de mort par l’adoption de deux résolutions.
    Face aux pouvoirs dictatoriaux et corrompus, aux groupes armés de criminalité ou aux feux de guerre, les écrivains et les journalistes n’ont que la parole et les mots. Plusieurs centaines de femmes et d’hommes ont été menacés, harcelés, agressés, torturés, emprisonnés, déportés, pris en otage, tués en toute impunité ou contraints à l’exil à cause de leurs écrits, leurs dessins ou leurs paroles. Des centaines d’auteurs et de professionnels des médias purgent de lourdes peines de prison. Conditions de détention inhumaines. Preuve en est : ayant quasiment achevé sa peine de 12 ans de prison et été libéré en août 2017 pour retirer une tumeur cérébrale, l’écrivain Yang Tongyan est décédé le 8 novembre 2017. Une véritable tragédie, un crime inqualifiable quand les geôliers, ceux de Pékin et de Hanoi surtout, ne libèrent leurs prisonniers d’opinion et de conscience qu’à l’approche de leur mort certaine. Déjà en juillet 2017, avant la disparition de Yang Tongyan, nous avons échoué dans nos campagnes collectives pour redonner un brin d’espoir de Malraux, un rayon de liberté d’Eluard et un instant de vie de Hugo et de Prévert à notre ami et frère de plume Liu Xiaobo souffrant d’un cancer du foie, quelques semaines après sa libération conditionnelle. Ou encore, n’oublions pas les meurtres de Gauri Lankesh, de Daphne Caruana Galizia et de Yameen Rashid, ainsi que l’exécution barbare d’Anabel Flores Salazar l’année précédente. La Turquie est la plus grande prison pour les écrivains et les journalistes. Mais les univers concentrationnaires se trouvent en Chine, au Tibet, en Corée du Nord et au Viet Nam. Durant l’an 2017, plus de 50 journalistes et écrivains ont été abattus, assassinés ou portés disparus : 11 au Mexique, 9 en Syrie, 8 en Iraq, 4 aux Philippines, 2 en Chine, en Inde, en Somalie et au Yémen, et une en Afghanistan, au Bangladesh, en Birmanie, au Brésil, en Colombie, au Danemark, au Honduras, aux Maldives, en Malte, en Russie et au Soudan du Sud.
    En cette Journée empreinte de Souvenirs et de Gratitude, le Centre Suisse Romand de PEN International souhaite rendre hommage aux femmes écrivains assassinées ou persécutées partout dans le monde. Parmi tant d’autres cas mentionnés dans la liste non exhaustive publiée par le Comité de Défense des Ecrivains emprisonnés de PEN International, citons pour exemple :
    * Anna Politkovskaïa, journaliste russe et défenseuse des droits de l’homme, assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou. Très connue pour ses dénonciations des violations des- droits de l’homme en Russie et en Tchéchénie.
    * Anabel Flores Salazar, journaliste mexicaine, mère d’un bébé de 15 jours et d’un garçon de 4 ans, enlevée le 8 février 2016, dont le corps a été retrouvé le 9 février sur la route Cuacnopalan-Oaxaca dans l’Etat de Puebla, la tête entourée d’un sac plastique.
    * Gauri Lankesh, journaliste, éditrice et défenseuse des droits de l’homme indienne, très connue pour ses prises de position en faveur des femmes et contre le système des castes et le racisme. Elle a été assassinée à son domicile de Bangalore le 5 septembre 2017.
    * Daphne Caruana Galizia, journaliste et chroniqueuse maltaise, très populaire parce qu’elle était en première ligne depuis des années contre la corruption et les crimes organisés. Elle a été assassinée après que sa voiture ait été piégée le 16 octobre 2017 à Malte.
    * Liu Xia, poétesse et artiste chinoise, la veuve de Liu Xiaobo, Nobel de la Paix, isolée de force et placée en stricte résidence surveillée dans une localité secrète depuis la mort tragique de son époux en juillet 2017.
    *Nguyên Ngoc Nhu Quynh, nom de plume Me Nâm (Mère Champignon), blogueuse et défenseuse des droits de l’homme vietnamienne, mère d’une fille de 11 ans et d’un garçon de 5 ans, condamnée à 10 ans de prison en juin 2017 pour ‘’propagande contre l’Etat socialiste’’.
    * Trân Thi Nga, blogueuse et défenseuse des droits de l’homme vietnamienne, mère de 2 petites filles de 6 ans et de 4 ans, condamnée à 9 ans de prison en juillet 2017 pour ‘’propagande contre l’Etat socialiste’’.
    * Dareen Tatour, poétesse palestinienne, arrêtée en octobre 2015 pour son poème publié sur YouTube. En janvier 2017, placée en résidence surveillée en attendant son procès en novembre prochain. Elle encourt 8 ans de prison pour ses poèmes ‘’incriminés’’.
    * Pinar Selek, sociologue et écrivaine turque. Elle a été torturée avant l’exil en France. 4 fois condamnée à la prison à vie, 4 fois acquittée. Après 20 ans d’attente, en janvier 2017, le procureur de la Cour de Cassation a demandé une condamnation à perpétuité.
    * Asli Erdoğan, poétesse et romancière turque, arrêtée en août 2016 et libérée en décembre 2016. Une liberté conditionnelle, menacée de prison à vie pour ses chroniques dans un journal aujourd’hui interdit.
    * Fatima Naout, écrivaine et chroniqueuse égyptienne, condamnée en janvier 2016 à 3 ans de prison pour “insulte à l’islam” sur Facebook. Elle regrettait que ses propos aient été mal compris. Elle a plaidé non coupable.
    * Razan Zaitouneh, écrivaine, avocate, défenseuse des droits de l’homme syrienne, co-fondatrice du Centre de documentation sur les Violations. Enlevée le 9 décembre 2013 en compagnie de ses deux collègues Samira Al-Khali et Nazem Al-Hamadi et son époux Waël Hamada. Depuis lors, on en est sans nouvelles. Les auteurs de l’enlèvement restent inconnus.
    * Zehra Doğan, poétesse, journaliste, peintre kurde (Turquie), arrêtée le 24 mars 2017 et condamnée à 2 ans et 9 mois de prison. Son crime :‘’propagande pour une organisation terroriste’’. Déjà été placée en détention préventive en juillet 2016 avant d’être libérée sous contrôle judiciaire en décembre 2016.
    Face à l’intolérance, la haine et la mort, puissions-nous rester unis de cœur et d’âme, dans notre diversité linguistique et culturelle. Et d’un commun accord, exprimons notre indignation, manifestons notre solidarité avec les gens de plume et les professionnels des médias contre l’ombre du menace, de la complicité et de la complaisance. Elevons notre voix humaine, brisée mais limpide, pour allumer une bougie, si fragile soit-elle, contre la nuit glaciale de l’indifférence, du silence et de l’oubli.
    Nguyên Hoàng Bao Viêt
    Vice président du Centre PEN Suisse Romand
    Pour le Comité de Défense des Ecrivains et des Ecrivaines emprisonnés.

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