Côte d'Ivoire

Elections Tour-Interview/ Jean-Marc Yacé: « Je rêve d’un Cocody où il fait bon vivre !»

Le candidat du PDCI -RDA et insiste, “je suis le seul candidat du PDCI-RDA”, Jean- Marc Yacé dégage une forte énergie dans son discours et dans son engagement. Le ton est parfois martial comme celui d’un militaire. L’homme a été militaire. Pour lui, “l’homme ne vaut que par sa parole. Quand on prend des engagements, il faut les tenir”, dit-il.

Jean-Marc Yacé:” Je rêve d’un Cocody où il fait bon vivre.”

.Q1- Bonjour Monsieur Jean-Marc Yacé. Une semaine après l’ouverture officielle de la campagne pour le communales, quel est le retour du terrain que vous avez ?

Le retour du terrain est positif. Les gens veulent un changement mais un changement réel. J’aime les discussions que nous avons avec les citoyens de Cocody. C’est-à-dire, qu’ils veulent un changement. Et je suis prêt à relever ce défi, c’est-à-dire, m’engager pour quelque chose de bien et de correct, dire ce que nous allons faire et pas autre chose.

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Q2- Vous avez dit « je suis candidat pour gérer autrement Cocody ». Concrètement, cela veut dire quoi ?

Ecoutez, cela veut dire, clarifier les choses d’abord. Je voudrais le signaler et je pense que beaucoup le savent, je membre du conseil municipal sortant. Je me suis plaint plusieurs fois parce aue certaines situations ne me plaisaient pas.
Changer, c’est-à-dire, une fois que nous nous sommes engagés pour quelque chose, une fois que nous nous sommes engagés devant le peuple, nous devons respecter notre parole. A partir du moment où on a tracé une ligne, on la suit. On réalise le projet, on le suit jusqu’à ce qu’il soit remis à la population. Nous allons entretenir les relations avec les uns et les autres en suivant les différents projets.
Je veux un Cocody où il est fait bon vivre. Nous avons annoncé des choses aux citoyens de Cocody. Par rapport à la fluidité du transport, cela n’a pas été totalement respecté. J’étais sur un projet, si nous l’avions suivi avec la collaboration de la Sotra, nous nous en serions sortis et nous aurions réduit la pollution, la pollution sonore notamment.
Au niveau de la sécurité aussi. Nous avons dit des choses. Les querelles des uns et des autres ont bloqué les initiatives. Aujourd’hui quand je vous dis, « changer Cocody », je veux dire que la ville doit être propre comme nous l’avons annoncé aux populations. La ville doit être propre comme nous l’avons promis aux populations, la sécurité doit être une sécurité de proximité comme nous l’avons annoncé, le cadre de vie agréable pour les gens du troisième âge et même pour le plus jeunes. En une phrase, redonner à Cocody, sa vision comme le président Félix Houphouët-Boigny l’avait voulue. C’est tout !

Q3- Vous êtes candidat pour le compte du PDCI-RDA, vous parlez plus aux militants de votre parti ou pour tous les citoyens de Cocody ?

Je suis le seul candidat du PDCI-RDA mis en place par le président Henri Konan Bédié. Je suis PDCI-RDA depuis ma naissance. Je vis et je partirai PDCI-RDA. Mais Cocody n’est pas seulement la chapelle du PDCI. A Cocody, vous avez le FPI, vous avez le RDR, vous avez le MFA, vous avez les autres partis. Vous avez la société civile. Mon discours est pour tout le monde, pour les habitants de Cocody, de tous ceux qui vivent à Cocody. Parce que c’est le bien-être de tous les citoyens de Cocody qui m’importe.

Q4- On dit souvent, les élections locales sont davantage des élections de développement que des élections politiques et même politiciennes. Quel est votre compréhension de ces élections ?

Pour moi, la mairie est le poste le moins politique qui soit. Vous avez parlé du Développement, c’est du management, c’est de la proximité. Et ce sont c’est trois choses-là que je voudrais montrer à Cocody, de façon sérieuse et en respectant tous mes engagements. Je serai proche de la population, je vais décentraliser la commune de sorte que les habitants du Mahou, aux Oliviers ou à N’djorobité… ne soient pas obligés de venir à l’Hôtel communal pour se faire établir un papier administratif, payer deux ou trois mille francs de transport, subir toutes les tracasseries pour prendre deux extraits de naissance à 1000 F CFA. Ce n’est pas logique. Je n’ai pas dit que nous allons installer sept annexes, non, mais au moins quatre et voir. Aujourd’hui, nous avons l’informatique, on est relié par les réseaux, par internet et c’est tout. On peut avoir des bureaux décentralisés de la mairie d sorte que les populations puissent se retrouver un peu plus proches de leurs quartiers pour l’établissement des actes ordinaires.

Q5- Vous êtes comptable du bilan de l’équipe sortante. Qu’est-ce qui vous a empêché de faire valoir vos idées ?

Je suis comptable du bilan de l’équipe sortante certes, mais vues les réticences, je me suis un peu retiré et ce me vaut d’être en face de vous aujourd’hui. Je me suis plaint à maintes reprises pour dénoncer ce qui n’allait pas dans le sens de nos engagements. A partir du moment où ça ne va pas, je préfère me retirer. J’avais une position et c’est celle que j’explique à la population depuis un bout de temps. J’ai deux situations : je suis directeur commercial, j’ai des projets. Je les rends publics. Maintenant, au directeur général de les accepter et de les faire exécuter par quelqu’un d’autre mais en suivant mon programme.
Entre la personne qui a conçu un projet et la personne qui exécute un projet, il y a une différence. Je suis fatigué d’être directeur commercial. Je veux être directeur général pour appliquer moi-même mes projets du début jusqu’à la fin afin qu’ils soient réalisés correctement comme je veux.

Q6- Quand vous dites Cocody, vous voyez la commune comme un projet ? Dans ce projet Cocody, sur quels points entendez-vous agir ici et maintenant si vous êtes élu ?

A Cocody, il y a des axes prioritaires. D’abord, la salubrité. J’ai déjà des projets. Il y a des partenariats qui peuvent se faire, il y a des jumelages qui peuvent se faire entre les villes. Ce n’est pas seulement le privé. Il y a le privé mais il y aussi l’administration. Il faut que j’explique correctement à la population, quels sont les pouvoirs et quelles sont les réelles possibilités du maire. Parce que, les gens l’oublient des fois, le maire n’est pas l’autorité de tout Abidjan. Non, j’ai ma commune. Et pour ma commune, je voudrais que l’on me donne les pouvoirs qui me sont attribués. Ainsi, j’expliquerai aux populations, au conseil municipal, les limites de mon pouvoir. Je leur dirai, voilà ce que je peux faire. Voilà ce que l’Etat m’autorise à faire en tant que maire de la commune de Cocody. Maintenant, les différents projets avec le privé, ça se fera. Par exemple, j’ai des projets avec les sociétés qui sont à Cocody. Ces projets, nous allons les commencer au niveau de l’assaisonnement, de la santé, parce que la santé de proximité est importante. Certes il y a les grandes cliniques mais à Cocody, il y a tout : il y a les grand cadres, les cadres, les gens aisés et il y a les petites personnes. Avoir des centres de santé à proximité est important. Parce que, il y a un petit plus que l’on doit donner aux populations pour leur permettre ensuite d’arriver aux cliniques pour les grands soins. Si ces petits centres de santé, ces infirmeries sont bien organisées, avec des gens bien formés, ils peuvent sauver des vies.
Quand je dis aussi au niveau de l’emploi des Jeunes, avec les différents programmes que nous avons, avec la police municipale, parce que la police municipale, il faut la former. Elle n’est pas là seulement pour prendre des taxes avec les populations, elle est là pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Elle sera formée. Mais elle doit être respectée et doit respecter le peuple. Je vais insister dessus. Au niveau du transport, il y a une façon très rapide d’organiser le transport. En tant que cadre du privé, je sais comment nous allons discuter avec les différents syndicats, discuter avec les chauffeurs, et organiser le transport à Cocody de telle sorte que ce soit fluide.
Je reviens sur les agents de la police municipale : ils sont aussi chargés de la circulation. C’est ce que les gens ne savent pas. Dans une commune, c’est d’abord la police municipale. Qui s’occipe, un de la sécurité des biens et des personnes, deux, de la fluidité transport, c’est-à-dire le transport. La police nationale et la gendarmerie sont en renfort au cas où ça ne va pas.
Je regarde aujourd’hui Cocody. Il faut que nos vieux, les personnes du troisième âge aient la possibilité de pouvoir se promener, avoir de centres de santé ou des centre d’accueil pour la journée. Qu’ils aient des jardins, parce que, dans toutes choses, quand le président Houphouët-Boigny avait mis en place le plan d’urbanisme de Cocody, tout opérateur économique avait l’obligation de faire un centre de loisirs, faire des infirmeries, des écoles… Ce n’est pas normal que cela disparaisse.
Aujourd’hui, tous les espaces verts sont pris pour faire soit des immeubles, non ! Il faut un plan d’urbanisation qui soit respecté. S’il est respecté, Cocdy ne connaitra pas les inondations. Je tiendrai à ce que ce soit appliqué à la lettre.

Q7- Quel est votre rêve pour Cocody ?

Cocody, c’est la commune d’excellence. Cocody, c’est une commune où il fera bon vivre, une cité qui doit être fleurie, Les gens doivent se respecter les uns, les autres, où le civisme doit être la chose la mieux partagée.
Je regarde nos jeunes et je leur dis, le flambeau de l’avenir, c’est vous. sachez vous vous prendre en compte, vous-mêmes, d’abord. J’ai une expérience, j’ai discuté avec des jeunes qui qui ont le BAC+, mais quand vous les mettez en situation réelle, c’est difficile. Et eux-mêmes le reconnaissent. Je leur dis, quelles que soient les technologies que nous allons avoir, quels que soient les appareils que nous aurons, si le facteur humain est défaillant, c’est fini. C’est sur le capital humain que nous devons compter. Les jeunes doivent être formés, recyclés, se prendre en main et savoir que l’avenir repose sur eux.

Q8- Le 13 octobre, ce sera l’élection. Qu’est-ce que vous craignez le plus à l’approche de cette date ?

Ma première crainte, c’est que le 13 octobre n’est pas un dimanche. C’est un samedi. Tout Ivoirien doit se mettre cela dans la tête. Allons accomplir notre devoir citoyen. Celui qui se réveille le dimanche et qui dit, je vais à la messe puis je vais aller voter, c’est perdu.
Je dis et répète lors de mes tournées que celui qui dit « j’ai été frustré par la politique donc, je ne m’en occupe plus, se trompe. » et il reste chez lui, alors la politique va le faire dans sa maison. Et vous allez encore subir pendant cinq ans. Parce que vous aurez décidé d’être assis. Il faut que ça s’arrête. Il faut exprimer votre choix. Même si ce choix est contre moi, ce qui est normal, c’est cela la Démocratie, il faut l’exprimer quand même. C’est important, parce que vous pouvez par votre choix, ce que vous souhaitez pour Cocody.

Q9 : Sous quel signe placez-vous les élections du samedi 13 octobre 2018 ?

Sous quel signe ? La transparence.

Q10- Vous avez confiance dans le processus électoral ?

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Je n’ai confiance qu’en mes les prières et en Dieu. En général, on a toujours des réserves. Notre parti a fait des réclamations. Je pense que les uns et les autres, les institutions internationales, les chancelleries, tout le monde nous regarde. Je demande aux Ivoiriens d’être sérieux, sereins, d’aller à des élections apaisées et que les gens sortent pour exprimer leur choix. Parce que, si le taux de participation est massif, si les gens sortent vraiment pour exprimer leur choix, il est difficile de remplir un vase qui est déjà plein.
Avec la détermination des gens qui sont avec moi, nous allons veiller à ce que les résultats des urnes reflètent la réalité de nos votes : surveiller notre victoire, faire en sorte que tout se passe correctement dans le respect des autres. On ne critique pas un candidat, on n’insulte pas un candidat. Nous savons d’où nous venons, nous savons où nous allons. Chacun a son programme. J’ai fait mes preuves, je suis tranquille.

Q11- Vous êtes bien dans votre corps ? Dans votre tête à la veille du 13 octobre 2018 ?

Ecoutez, ça va. Je me sens bien. Je continue mon sport, je continue mes actions, je fais le porte-à porte, ça va. Je suis serein. J’appelle tout le monde à être aussi serein.

Interview réalisée dans le cadre du programme #Electionstour du journaliste émérite Fernand DEDEH.

 

 

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Hartman N'CHO

Je suis Hartman N'CHO, journaliste professionnel ivoirien, aimant la lecture, la musique, les voyages. Merci de retrouver mes articles de politique, économie, et sports... sur www.afrikmag.com. Contactez-moi sur hartman.ncho@afrikmag.com

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