
Le FBI a demandé à un tribunal américain l’autorisation de soustraire à la divulgation publique certains documents relatifs à une ancienne enquête liée au président Bola Tinubu, invoquant la nécessité de protéger les méthodes d’enquête et la sécurité des personnes.
Cette demande figure dans une requête déposée auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district de Columbia, où le FBI sollicite l’autorisation de fournir au juge, à titre privé, des précisions justifiant sa décision de ne pas divulguer certains éléments.
L’agence souhaite présenter ces explications ex parte et à huis clos, c’est-à-dire que les documents seront présentés directement au juge sans être versés au dossier public. Le FBI a fait valoir qu’une explication publique risquerait de révéler des informations qu’il cherche à protéger.
Il a indiqué que certains documents non divulgués pourraient révéler des procédures et techniques d’enquête utilisées par les forces de l’ordre, tandis que d’autres informations pourraient exposer des personnes à des menaces pour leur sécurité physique.
Cette requête a été rendue publique sur X par Von Batten-Montague-York, un cabinet de lobbying basé à Washington et récemment mandaté par Atiku Abubakar, candidat à la présidence du Congrès démocratique africain (ADC).
Le litige porte sur deux demandes d’accès à l’information (Freedom of Information Act – FOIA) déposées auprès du FBI concernant Tinubu. L’une visait le dossier complet du FBI sur le président nigérian, tandis que l’autre portait sur les rapports d’entretiens (formulaires 302) relatifs à une affaire du FBI datant de 1992 et 1993.
Le FBI a déclaré avoir invoqué plusieurs exceptions prévues par la loi FOIA pour certaines parties des documents, notamment des dispositions visant à protéger la vie privée, les sources confidentielles, les techniques d’enquête et les informations susceptibles de menacer la sécurité d’une personne.
L’agence a indiqué au tribunal que ses documents publics ne permettaient pas d’exposer pleinement les raisons de son recours aux exceptions 7(E) et 7(F). Elle souhaite donc compléter sa communication publique par une déclaration sous pli scellé permettant au juge d’examiner directement les motifs sensibles invoqués.
Si le tribunal approuve la demande, le FBI a déclaré son intention de soumettre cette déclaration confidentielle. L’affaire a été portée devant les tribunaux par Aaron Greenspan, fondateur de PlainSite, qui réclame des documents gouvernementaux relatifs à une enquête pour trafic d’héroïne menée à Chicago au début des années 1990.
Entre 2022 et 2023, Greenspan a déposé douze demandes d’accès à l’information (FOIA) auprès de six agences fédérales, visant à obtenir des documents concernant quatre personnes : Tinubu, Lee Andrew Edwards, Mueez Abegboyega Akande et Abiodun Agbele.
Plusieurs agences ont initialement refusé de confirmer l’existence des documents requis, une position communément qualifiée de « réponse Glomar » en droit américain. Greenspan a contesté ces décisions, puis a intenté une action en justice après que le Bureau de la politique d’information du ministère de la Justice a confirmé les positions des agences.
La juge Beryl Howell avait précédemment statué contre le maintien par le FBI et la DEA de la base de données Glomar, estimant que ces agences n’avaient pas démontré de fondement juridique suffisant pour dissimuler l’existence de documents concernant Tinubu.
La nouvelle requête du FBI intervient dans un contexte de litige persistant concernant la divulgation de ces documents. Le ministère de la Justice avait sollicité un délai supplémentaire pour répondre à une injonction du tribunal, mais la juge Howell n’a accordé qu’une prolongation partielle.
L’équipe juridique de Tinubu s’est ensuite jointe à cette demande. Le FBI cherche désormais à présenter au tribunal, à huis clos, une justification plus complète de la conservation de certaines parties des documents, notamment des informations susceptibles, selon lui, de révéler des pratiques d’enquête sensibles ou de mettre en danger des personnes.



