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Kenya : Nairobi verrouillée pour Saba Saba, la journée qui défie Ruto

La marche annoncée vers le Parlement ravive le souvenir du 7 juillet 1990, symbole de la lutte démocratique kenyane.

Le Kenya aborde une nouvelle journée Saba Saba sous très haute surveillance. À Nairobi, les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité autour du centre-ville, alors que des organisations citoyennes prévoient de marcher vers le Parlement ce mardi 7 juillet 2026.

D’après Citizen Digital, le Grassroots Economic Justice Movement a informé la police d’une marche prévue entre Jeevanjee Gardens et les bâtiments du Parlement. Le groupe dit attendre entre 1 000 et 3 000 participants. Son objectif est de déposer une pétition réclamant une intervention parlementaire sur les exécutions extrajudiciaires présumées, les disparitions forcées et l’usage excessif de la force par les services de sécurité.

Les organisateurs assurent que la procession doit rester pacifique. Ils disent avoir prévu des volontaires pour encadrer la foule et éviter les débordements. Mais le climat est lourd. Selon plusieurs médias kenyans, la police a averti que les rassemblements non autorisés seraient traités comme des assemblées illégales. Des contrôles de véhicules et des barrages ont aussi été signalés sur des axes menant au centre de Nairobi.

Un jour chargé d’histoire

Saba Saba, qui signifie « sept sept » en swahili, renvoie au 7 juillet 1990. Ce jour-là, des Kényans étaient descendus dans la rue pour réclamer le retour au multipartisme et la fin d’un système politique dominé par le régime de Daniel arap Moi. Depuis, la date est devenue un symbole de résistance démocratique.

Cette mémoire pèse encore dans le débat politique. DW rappelle que les mobilisations récentes des jeunes Kényans s’inscrivent dans une longue demande de responsabilité publique, de justice et de respect des droits. Les protestations de 2024 et 2025 avaient déjà placé le gouvernement de William Ruto sous forte pression, notamment après des accusations de violences policières.

Kenya : Nairobi verrouillée pour Saba Saba, la journée qui défie Ruto

Cette année, la mobilisation se concentre sur les familles de victimes présumées de disparitions ou de violences liées aux forces de sécurité. Eastleigh Voice cite le Social Justice Centre Working Group, qui appelle à honorer les personnes tuées ou portées disparues et à réclamer des enquêtes indépendantes.

Ruto sous pression

Pour le président William Ruto, cette journée est un test politique. Son gouvernement affirme vouloir maintenir l’ordre et éviter des scènes de chaos dans la capitale. Les militants, eux, accusent les autorités de chercher à intimider les citoyens et à limiter le droit de manifester.

Le parti ODM, de son côté, a pris ses distances avec la marche. Le député George Aladwa a déclaré que ses membres ne participeraient pas à la mobilisation, tout en demandant au gouvernement de garantir la sécurité des personnes qui souhaitent travailler ou manifester.

À Nairobi, la tension vient donc autant de la rue que du souvenir. Saba Saba n’est plus seulement une commémoration. C’est devenu un moment où une partie de la société kenyane mesure, chaque année, la capacité du pouvoir à accepter la contestation sans basculer dans la répression.

Pour les autorités, l’enjeu immédiat est d’éviter des affrontements. Pour les manifestants, il est de rappeler que les promesses de démocratie ne valent que si les citoyens peuvent réclamer justice sans craindre de disparaître, d’être arrêtés ou de tomber sous les balles.

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