L’Arabie saoudite forme un bloc de sécurité en mer Rouge avec cinq pays africains
L'Arabie saoudite forme un bloc de sécurité en mer Rouge avec cinq pays africains

L’Arabie saoudite a dévoilé un projet de coalition multinationale de défense maritime couvrant la mer Rouge et le golfe d’Aden, réunissant huit États côtiers, dont cinq nations africaines. Cette initiative souligne l’importance stratégique croissante de la région alors que les tensions géopolitiques et les perturbations du trafic maritime s’intensifient.
L’initiative, annoncée par le ministère saoudien de la Défense, vise à renforcer la coordination entre les États riverains de la mer Rouge afin de préserver l’un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde, qui transporte environ 12 % du commerce mondial et constitue une voie essentielle pour le transport du pétrole, du gaz naturel liquéfié (GNL) et des conteneurs entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
La coalition comprend l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Yémen, ainsi que les États africains d’Égypte, du Soudan, de Djibouti, d’Érythrée et de Somalie.
Dans un communiqué, le ministère saoudien de la Défense a déclaré que la coalition proposée vise à « protéger les corridors maritimes internationaux, à assurer la sécurité des routes commerciales et énergétiques et à renforcer la coopération collective en matière de défense maritime » en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden.
Cette annonce intervient alors que les inquiétudes sécuritaires en mer Rouge continuent de s’accroître après des mois d’attaques contre des navires commerciaux liées au conflit plus large impliquant les États-Unis, l’Iran, Israël et des groupes armés soutenus par Téhéran.
Cette instabilité a contraint de nombreuses compagnies maritimes internationales à dévier leurs itinéraires vers le cap de Bonne-Espérance, ce qui a entraîné une hausse des coûts de transport et des retards dans l’acheminement des marchandises destinées aux marchés africains et européens.
Pourquoi cette nouvelle alliance est importante pour l’Afrique
Pour l’Afrique, cette nouvelle coalition représente bien plus qu’un simple partenariat militaire. Quatre des pays participants — l’Égypte, Djibouti, l’Érythrée et la Somalie — sont situés le long de certains des points de passage maritimes les plus stratégiques du continent, tandis que le long littoral soudanais de la mer Rouge constitue un autre lien essentiel entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Est.
Le détroit de Bab el-Mandeb, situé entre Djibouti, l’Érythrée et le Yémen, constitue l’un des points de passage maritimes les plus importants au monde, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien. Toute perturbation sur ce corridor a des conséquences immédiates sur les importations, les exportations, l’approvisionnement énergétique et la sécurité alimentaire de l’Afrique.
L’Égypte, via le canal de Suez, demeure un maillon essentiel du commerce maritime mondial. Cette voie navigable constitue l’une des principales sources de devises étrangères du pays, et les perturbations prolongées ont déjà réduit les recettes du canal, les compagnies maritimes ayant dévié leurs navires de la mer Rouge par crainte pour la sécurité.
La formation de cette coalition témoigne également du rôle croissant de l’Arabie saoudite en tant qu’acteur régional de la sécurité.
Outre la sécurisation des voies maritimes, Riyad a investi massivement dans les infrastructures, les ports et la logistique de la mer Rouge, tout en renforçant sa coopération en matière de défense avec les États africains voisins.
Pour des pays comme Djibouti et la Somalie, une coordination maritime renforcée pourrait améliorer les efforts de lutte contre la piraterie, le trafic d’armes, la pêche illégale et le trafic d’êtres humains – des défis persistants qui ont compromis la sécurité et le développement économique dans toute la Corne de l’Afrique.



