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Le Burkina Faso de nouveau menacé de sanctions par Washington après un accord de 147 millions USD

Le Burkina Faso de nouveau menacé de sanctions par Washington après un accord de 147 millions USD

Le dernier développement en date remonte au 12 août, lorsque le membre du Congrès américain James P. McGovern a exhorté le secrétaire d’État Marco Rubio à placer les droits de l’homme et la protection des civils au cœur de l’engagement de Washington au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

McGovern a plaidé pour des sanctions ciblées, en vertu de la loi Magnitsky mondiale, contre les personnes accusées de violations des droits de l’homme et a exhorté le gouvernement américain à veiller à ce que toute aide étrangère à la région soit conforme aux lois américaines sur les droits de l’homme.

Cette décision contraste fortement avec l’accord conclu en février entre Washington et le Burkina Faso, en vertu duquel les États-Unis se sont engagés à verser jusqu’à 147 millions de dollars sur cinq ans pour les soins de santé.

Cet accord a démontré que malgré la détérioration des relations politiques, Washington voyait encore des domaines où une coopération avec le Burkina Faso restait possible.

Cette nouvelle pression survient alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger prennent de plus en plus leurs distances avec les gouvernements et les institutions occidentales.

Ces trois États dirigés par des militaires ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), se sont retirés de la CEDEAO et ont réduit leur coopération en matière de sécurité avec leurs partenaires occidentaux traditionnels.

Ils ont au contraire renforcé leurs liens avec la Russie et recherché des relations économiques et diplomatiques plus étroites avec d’autres pays du Sud, notamment la Chine.

Ce changement a compliqué les relations de Washington avec la région. Les États-Unis ont perdu une grande partie de leur présence sécuritaire antérieure, notamment après le retrait forcé des forces américaines du Niger en 2024.

L’intervention de McGovern fait suite à une audience de la Commission des droits de l’homme Tom Lantos, qui s’est tenue en mai et qui a examiné les exactions présumées des forces gouvernementales et des groupes armés au Sahel central.

Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains ont accusé les forces de sécurité et les milices alliées dans les trois pays de meurtres illégaux, de détentions arbitraires et d’autres exactions lors d’opérations antiterroristes.

Les juntes ont rejeté les critiques occidentales, arguant que leurs gouvernements sont confrontés à une insurrection djihadiste croissante et que les gouvernements extérieurs ne comprennent pas pleinement les défis sécuritaires auxquels la région est confrontée.

Pour Washington, cependant, il est devenu de plus en plus difficile de dissocier ces allégations de sa stratégie d’engagement globale.

Cette évolution pourrait compliquer davantage les efforts des États-Unis pour maintenir leur influence dans une région où les gouvernements de l’AES recherchent de plus en plus des alternatives aux partenariats occidentaux.

Ahmad Diallo

Je suis Ahmad Diallo, Rédacteur en chef chez AfrikMag. Très friand de lecture, de rédaction et de découverte. Mes domaines de prédilection en matière de rédaction sont la politique, le sport et les faits de société. Email : [email protected]

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