Cameroun

Cameroun: Le Cardinal Tumi donne son avis sur les contestations de Bamenda et Buéa

Il y a quelques jours, l’ancien archevêque de Douala aujourd’hui à la retraite, le Cardinal Christian Tumi était l’invité de RFI. Le choix de la radio française a été porté sur lui comme invité non seulement parce que c’est une autorité morale, mais aussi parce qu’il est originaire de la région du Nord-Ouest dans la laquelle les contestations contre le régime de Yaoundé persistent depuis deux mois déjà.

Il faut dire que les deux régions anglophones du Cameroun ont entamé une contestation contre le régime pour réclamer le fédéralisme. Après plusieurs tentatives de négociation avec le gouvernement qui n’ont pas abouti, les autorités ont décidé de faire recours à la répression: internet coupé, plusieurs leaders de la contestation arrêtés, le Consortium des organisations de la société civile anglophone interdit… comme le mouvement indépendantiste, le SCNC. Des mesures que regrette le cardinal Christian Tumi.

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Depuis Kumbo sa ville natale, dans cet entretien avec RFI, le Cardinal de 86 ans a condamné toutes ces répressions en appelant les deux partis à insister sur le dialogue. C’est dommage. Je suis contre toute interdiction. Tout le monde a quelque chose à dire, il faut les écouter. Il n’y a personne qui aime ce pays plus que l’autre, parmi les Camerounais. Même si les autres préfèrent un fédéralisme, qu’on en parle, pour voir ce qu’il y a de mieux pour tout le monde. Quand on réprime, ce n’est pas une solution. Il faut essayer de les convaincre, même s’il y a un noyau qui va à l’extrême pour demander la séparation totale. Les extrémistes, il y en aura toujours. Mais la majorité des anglophones veulent qu’on retourne là où on était, c’est-à-dire au fédéralisme. Ils ne veulent pas la séparation, pas du tout.

Par la suite, il a évoqué quelques dérapages dans le fonctionnement de la justice qui ont causé la contestation : Il semblerait, du point de vue des avocats, des juristes anglophones, que le Commun Law n’est pas appliqué. Que par exemple, au Cameroun anglophone, on peut avoir des juges qui ne connaissent pas l’anglais et qui rendent leur jugement en français. Les gens ne comprennent rien. Prenons par exemple là où je me trouve, le préfet, le sous-préfet et le premier adjoint sont tous francophones, dans une région qui est peuplée à 99% d’anglophones.

Même dans le domaine éducatif, les mêmes dérapages sont observés, à cet effet, le cardinal Tumi a fait savoir que: Tout n’est pas en français, mais par exemple, il y a des professeurs du Cameroun francophone qui enseignent au Cameroun anglophone, sans avoir une maitrise de l’anglais ; et vice-versa aussi. Ils disent qu’il faut qu’on réforme le système éducatif.

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Pour l’heure, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vivent toujours au rythme des contestations. En lieu et place du dialogue, le gouvernement a choisi la voix de la violence, ce que condamne fermement le Cardinal Tumi.

Oscar Mbena

Bonjour, je suis Oscar MBENA. Je vous invite à lire mes articles sur l'actualité politique, les faits de société, le sport, la santé et la culture.   oscarborel@afrikmag.com

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