
La prospérité d’une nation ne se mesure pas uniquement à la taille de son économie. Si le PIB mesure la production économique, la véritable prospérité se définit par la qualité de la santé, l’accès à une éducation de qualité, aux libertés individuelles, à des institutions solides, à des opportunités économiques et à une société solidaire.
Cette perspective plus large est reflétée dans l’ indice de prospérité Legatum 2026, qui classe 167 pays selon une nouvelle méthodologie conçue pour garantir que les points forts dans un domaine ne puissent pas compenser entièrement les faiblesses dans un autre.
L’indice évalue les pays selon trois grands domaines : le développement (le niveau de développement d’un pays), la liberté (le degré de liberté personnelle, économique et institutionnelle) et la société (la force des relations et des institutions sociales).
Ensemble, ces domaines sont mesurés à travers dix piliers couvrant des domaines tels que la santé, l’éducation, les conditions de vie, la gouvernance, l’environnement d’investissement, la liberté économique, la sécurité et le capital social.
Contrairement aux éditions précédentes, l’ indice 2026 introduit ce que Legatum appelle la « moyenne p », une nouvelle approche mathématique qui pénalise les pays présentant des faiblesses importantes dans un domaine majeur.
Selon ce groupe de réflexion, la prospérité exige une performance équilibrée dans tous les domaines, ce qui signifie qu’une richesse exceptionnelle ne peut à elle seule compenser une mauvaise gouvernance, des institutions faibles ou la fragmentation sociale.
Le dernier classement montre que la Suisse est désormais le pays le plus prospère du monde, devançant plusieurs leaders européens traditionnels, grâce à des performances constamment solides dans tous les domaines, sans faiblesses majeures.
En Afrique, la situation est toutefois plus contrastée. L’île Maurice conserve sa place d’économie la plus prospère du continent, tandis que le Botswana, la Tunisie et le Maroc continuent d’afficher des performances supérieures à celles de nombreuses grandes économies africaines.
L’île Maurice demeure une référence en matière de prospérité en Afrique, se classant 45e au niveau mondial. Ses performances reposent sur des scores relativement élevés dans les trois domaines, notamment en matière de liberté et de bien-être social, ce qui lui permet de surpasser des économies bien plus riches du continent.
Le Botswana se classe en deuxième position, continuant de bénéficier de décennies de stabilité politique et d’une gestion économique prudente, même si l’indice suggère des marges de progression pour plusieurs indicateurs de développement.
L’Afrique du Nord affiche également de bonnes performances, la Tunisie, le Maroc et l’Algérie figurant toutes parmi les six premières du continent. Leurs cadres institutionnels et indicateurs sociaux relativement équilibrés ont contribué à améliorer leur classement général malgré les pressions économiques persistantes.
L’Afrique du Sud, première économie industrialisée du continent africain, se classe septième sur le continent et 86e au niveau mondial. Malgré des performances relativement bonnes en matière de développement économique et de climat des affaires, des indicateurs sociaux plus faibles – notamment l’intégrité familiale et la cohésion sociale – continuent de peser sur son score global de prospérité.
Le Ghana est le pays le mieux classé d’Afrique de l’Ouest ; il occupe la huitième place en Afrique et la 88e au niveau mondial, suivi du Gabon et du Sénégal, qui complètent le top 10 du continent.
Ce classement montre également que la taille d’une économie ne se traduit pas nécessairement par sa prospérité. Plusieurs petites économies africaines affichent de meilleures performances que les grandes grâce à des institutions plus solides, des libertés individuelles plus étendues et des systèmes sociaux plus résilients.
Alors que les gouvernements africains rivalisent pour attirer les investissements, améliorer le niveau de vie et accélérer la transformation économique, l’indice de prospérité Legatum 2026 suggère qu’une prospérité durable dépend non seulement de la croissance du revenu national, mais aussi de la construction de sociétés où les opportunités, la liberté et la force institutionnelle progressent de concert.



