À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le banc des sélections africaines attire autant l’attention que les stars sur le terrain. Derrière les choix tactiques, les listes de joueurs et les ambitions nationales, une autre bataille se joue : celle des salaires versés aux sélectionneurs.
Un classement récent des techniciens africains les mieux rémunérés montre un écart net entre les fédérations qui ont mis de gros moyens sur leur banc et celles qui avancent avec des contrats plus mesurés. Les montants cités restent des estimations, car toutes les fédérations ne publient pas les détails de leurs contrats. Mais ils donnent une idée claire de la valeur accordée à l’expérience à l’approche du Mondial.
Vladimir Petkovic largement en tête
Le numéro un du classement est Vladimir Petkovic, sélectionneur de l’Algérie. Le technicien helvéto-bosnien toucherait environ 135 000 euros par mois, soit 1,62 million d’euros par an. Arrivé à la tête des Fennecs en 2024, il a ramené l’Algérie à la Coupe du monde après douze ans d’absence, un retour très attendu par les supporters.
Ce salaire le place devant tous les autres sélectionneurs africains engagés dans cette édition 2026. Il confirme aussi la volonté de l’Algérie de miser sur un entraîneur expérimenté, déjà passé par la Suisse au Mondial 2018.
Carlos Queiroz, Hugo Broos et Emerse Faé suivent
À la deuxième place, Carlos Queiroz serait rémunéré autour de 84 000 euros par mois avec le Ghana. Le Portugais a été nommé pour conduire les Black Stars au Mondial 2026, après plusieurs expériences en Coupe du monde avec le Portugal et l’Iran. Son profil pèse lourd, surtout dans une compétition où l’expérience peut changer la gestion d’un groupe.
Hugo Broos complète le podium. Le sélectionneur belge de l’Afrique du Sud percevrait près de 75 000 euros mensuels. Son travail avec les Bafana Bafana a redonné de l’élan à une équipe absente du Mondial depuis 2010. L’Afrique du Sud va ouvrir son tournoi face au Mexique, pays hôte, un rendez-vous qui met déjà une pression énorme sur son banc.
Emerse Faé est annoncé au même niveau salarial, autour de 75 000 euros par mois. Le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, sacré à la CAN 2023 après avoir repris une équipe en pleine tempête, fait partie des rares techniciens locaux placés aussi haut dans ce classement.
Le Maroc, la RDC et l’Égypte dans le milieu du tableau
Mohamed Ouahbi arrive ensuite avec le Maroc, autour de 55 000 euros par mois. Son cas est suivi de près, car il a pris le relais de Walid Regragui avant le Mondial, avec la mission de prolonger la dynamique des Lions de l’Atlas après leur parcours historique de 2022.
Sébastien Desabre, sélectionneur de la RDC, serait à 42 000 euros mensuels. Son nom pèse déjà lourd à Kinshasa, après avoir replacé les Léopards dans une dynamique ambitieuse. Pour un pays qui rêve de retrouver durablement les grandes affiches mondiales, son contrat apparaît comme un investissement sportif autant qu’un signal politique.
En Égypte, Hossam Hassan serait à environ 30 000 euros par mois. L’ancien grand buteur des Pharaons incarne une autre logique : miser sur une figure nationale, moins coûteuse que les grands profils étrangers, mais très forte symboliquement.
Pape Thiaw et Bubista ferment le top 10
Sabri Lamouchi, nommé à la tête de la Tunisie, serait lui aussi autour de 30 000 euros mensuels. Il connaît déjà le contexte africain, après avoir dirigé la Côte d’Ivoire au Mondial 2014.
Le Sénégal apparaît plus bas avec Pape Thiaw, autour de 20 000 euros par mois. L’ancien Lion de la Teranga a pourtant hérité d’un groupe très attendu, porté par une génération habituée aux grands rendez-vous. Son salaire montre que la réputation sportive d’une sélection ne se traduit pas toujours par un gros contrat pour son sélectionneur.
Le Cap-Vert ferme ce top 10 avec Pedro Leitão Brito, surnommé Bubista. Son salaire serait estimé entre 15 000 et 30 000 euros mensuels. Pour une nation qui va vivre une première participation historique au Mondial, l’enjeu dépasse largement la fiche de paie.
Un classement qui raconte aussi les moyens du football africain
Au-delà des chiffres, ce classement montre une Afrique du football à plusieurs vitesses. Certaines fédérations paient cher l’expérience internationale. D’autres préfèrent des profils nationaux, plus proches du vestiaire et parfois plus accessibles financièrement.
La Coupe du monde 2026 sera donc aussi un test pour ces choix. Petkovic, Queiroz, Broos, Faé ou Thiaw ne seront pas seulement jugés sur leur salaire, mais sur leur capacité à transformer ces investissements en résultats.
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