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Question africaine 44 : Manu Dibango tombé, qui osera encore douter du Covid-19 ?

Mon ami,

Je commencerai ce papier douloureux par te dire un Yako, mot de Côte d’Ivoire qui convient pour traduire les condoléances les plus attristées. Le monde perd une “bénédiction”, comme l’a dit Claudy Siar meurtri. L’Afrique perd l’une des ses étoiles les plus lumineuses.

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Manu Dibango nous a été ravi par le Covid 19. 2020 ne commence vraiment par bien. Seulement un trimestre de passé et déjà tant de morts et de cœurs pétrifiés de par le monde.

Dans les années de mon enfance, je m’émerveillais par les prouesses de ce saxophoniste qui dirigeait – oh avec une maestria inégalée – l’orchestre de la RTI. Le virtuose accompagnait Ernesto Djédjé dans ses jeux de jambes pour Ziglibity, donnait le rythme pour Bailly Spinto et pour Lougah François. C’était le formateur de Nayanka Bell, de Chantal Taiba, de Justin Stanislas. Je le revois comme je pense au maestro Boncana Maïga. Belles lumières de ces années de jouvence où les rayons du miracle ivoirien brillaient encore au début des années 80.

Et puis il y a cette guerre juridique qui l’opposa au dieu de la pop, le Prince de Krindjabo (en Côte d’Ivoire), Michael Jackson la megastar, sur son Makossa. Parfois, la justice sait rendre justice et établir la fortune de ceux qui ont le talent et qui le font fructifier. Des albums qui ont été salués par les connaisseurs, des musiques de film, de bandes dessinées, une carrure et une stature mondiales. Je le revois au Marché des Arts et du Spectacle Africain (MASA) à Abidjan. Grand dompteur du saxophone, il faisait frémir même les moins connaisseurs du djazz, du groove ou duakossa Camerounais qu’il a fait essaimer au quatre coins de notre terre.

Il ne fallait pas le faire mourir quand le mal ne l’avait pas encore emporté. Mais une rumeur ne vient jamais seule et celle-ci a fini par avoir raison de lui. Le Covid19, en emportant cette sommité que le monde ne pourra pas remplacer, nous déclare aujourd’hui plus qu’hier une guerre implacable.

Qui osera encore douter de ce mal quand la mort souligne sa présence. Ce ne sont plus les anonymes qui vont dans l’insignifiance de leurs personnes. Des grands tombent, cernés par un mal comparable à ces plaies d’Égypte.

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Je salue les enfants de Manu. Je salue sa famille. Je salue le Cameroun. Je salue l’Afrique. Et je demande à l’Afrique si elle peut encore se permettre d’hésiter à confiner ses irresponsables de fils, leaders ou citoyens lambda. Mais il n’y a pas que Manu. En Italie, en France, en Chine, ce mal à créé le chaos. Chapeau bas pour tous les disparus.

Marquons le deuil. Continuons la lutte. Responsabilité et vigilance.

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Dr Christian TIDOU

Dans ces Questions Africaines (QA), l'universitaire et chroniqueur Christian Tidou, croque l'actualité du continent à la lumière de l'histoire du Contient et de ces défis actuels. Vos avis l'intéressent pour secouer les inerties. Rejoingnez-le sur AFRIKMAG.COM.

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